Conflit – Mondolkiri : Audience des Bunong à Paris en octobre 2019

Plusieurs personnes impliquées dans des poursuites judiciaires en France, et impliquant sept villages autochtones Bunong de la province de Mondulkiri, ont exprimé leur déception après le refus de l’ambassade de France à Phnom Penh de leur délivrer un visa.

Membre d ela communauté bunong - Mondolkiri. Photographie par Chiara Abbate (cc)
Membre de la communauté bunong – Mondolkiri. Photographie par Chiara Abbate (cc)

Parmi les onze personnes devant se rendre à l’audience figuraient un avocat, une traductrice et neuf représentants du groupe autochtone des Bunong.

Plaignants

Le groupe, originaire de la commune de Bou Sra, dans le district de Pech Chreada, se dit soucieux de perdre ses terres et ses coutumes depuis l’arrivée de la société de développement d’hévéa, Socfin-KCD en 2008. Le groupe a engagé une action en justice contre Bolloré, l’entreprise qui a financé Socfin-KCD, société de droit cambodgien, en 2018.

les plaignants accusent l’entreprise d’avoir détruit plusieurs hectares de forêt au seul profit de la culture du caoutchouc, les privant ainsi de leurs ressources. Les Bunongs, une communauté de l’est du Cambodge qui pratique “l’agriculture itinérante de subsistance” et “une croyance animiste fondée sur la sacralisation des forêts”, reprochent aussi à l’entreprise la destruction de lieux de culte et d’arbres centenaires considérés comme des divinités.

Les communautés poursuivent donc en dommages et intérêts la société devant un tribunal français après avoir perdu tout espoir d’obtenir justice au Cambodge, a déclaré mardi le représentant de la communauté de Bou Sra à Kroeung Tola lors d’une conférence de presse à Phnom Penh.

Tribunal français

En janvier, un tribunal français a convoqué neuf membres de la communauté autochtone à l’audience, à Nanterre, dans la banlieue de Paris. Les plaignants n’ayant pas pu obtenir de visas pour se présenter devant le tribunal, la prochaine audience a été renvoyée au 1er octobre 2019.

Bolloré

Après que l’avocat de la communauté, Me Fiodor Rilov, eut engagé des poursuites contre Bolloré, un représentant de la société a déclaré à l’AFP : ”…Bolloré n’est qu’un actionnaire minoritaire à 39%…M. Bolloré est totalement étranger à cette procédure, a réagi son avocat Me Olivier Baratelli, ajoutant que : “…C’est un artifice procédural que de faire ce procès en France, c’est un problème strictement cambodgien…”, a-t-il précisé. “…Bolloré S.A. n’a strictement aucun lien avec cette procédure…”.

Et, l’avocat compte demander “symboliquement une amende civile pour utilisation abusive de la justice française, qui sera versée dans les casses de l’État”, a-t-il assuré.

Un rapport du Centre cambodgien pour les droits de l’homme publié en 2018 indiquait que plus de 800 familles se disaient touchées par Socfin-KCD après que la société privée eut obtenu une concession économique couvrant 2 386 ha de terres sur un bail de 70 ans pour des plantations de caoutchouc.

Avec AFP

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