Battambang : A propos de Littérature Khmère

Une opinion a souvent cours dans la communauté expatriée, selon laquelle il n’existerait pas de littérature cambodgienne digne de ce nom. Cette opinion se fonde surtout sur la difficulté d’accès aux œuvres littéraires khmères, qui ont été peu traduites (et souvent assez mal).

Grande richesse

Mais en réalité, la littérature khmère est d’une grande richesse et elle est très dynamique. La littérature prémoderne compte de longs récits sous forme poétique, dont le fameux Tum Teav, considéré comme la version khmère de Roméo et Juliette, ou encore des contes hauts en couleur. Le vingtième siècle, grâce au développement de l’enseignement non religieux, a vu naître des œuvres d’un excellent niveau. La vie intellectuelle du Cambodge de jusqu’à la prise du pouvoir par les Khmers rouges était d’une vivacité peu commune et de nombreux poètes et écrivains (citons Soth Polin, Khun Srun, que Cambodge Mag a déjà présentés), souvent influencés par la littérature française, ont laissé des nouvelles, des romans, des poésies, des chansons qui constituent un fonds très riche.

Interruption

Après une interruption de plus de près de 15 ans due au régime des Khmers rouges et aux difficultés extrêmes que le pays a affrontées pendant les années 80, depuis les années 1990, la littérature locale connaît un renouveau indéniable. Cela se traduit par des publications nombreuses, la création d’associations littéraires, le grand intérêt que portent les jeunes à la lecture et le dynamisme des écrivains de la nouvelle génération.

Renouveau

Pour apporter sa contribution au développement de la littérature cambodgienne contemporaine, un groupe d’auteurs, conduit par So Phina et Kee Socheata, deux jeunes femmes très actives dans le milieu des lettres khmères, ont créé le « Khmer Literature Festival » (KLF, Festival de la littérature cambodgienne), dont la première édition avait été organisée à Siemreap en 2017. La deuxième édition de ce festival s’est tenue du 21 au 23 septembre 2018 à Battambang.

Affiche de la deuxième édition du Festival de Littérature Khmère
Affiche de la deuxième édition du Festival de Littérature Khmère

Festival à Battambang

La ville est connue depuis longtemps pour son effervescence intellectuelle. Des auteurs de toute première importance, comme le célèbre romancier, poète et parolier Kong Bun Chhoeun (décédé en 2016), sont originaires de Battambang. C’est également de cette ville que proviennent nombre d’artistes cambodgiens de haut niveau.

La première édition du KLF avait connu un joli succès, attirant quelque 500 personnes. Avec l’édition 2018, le succès s’est amplifié, puisque l’évènement a attiré quelque 1500 amoureux des lettres. Les participants sont venus de l’ensemble du pays. Ont pu ainsi se rencontrer romanciers, poètes, libraires, éditeurs et lecteurs.

Le programme très dense de lectures publiques, conférences, débats, spectacles, se déroulait dans toute la ville. Le centre de ralliement du festival était la Pagode de l’éléphant blanc (Wat Damrei Sar). Cette fête des lettres a en effet bénéficié du soutien du clergé bouddhique local et de la municipalité de Battambang. Trois universités ont en outre mis des locaux à la disposition des festivaliers.

Rencontre avec de jeunes écrivains
Rencontre avec de jeunes écrivains

Enfin, le festival a aussi été l’occasion de distinguer de jeunes auteurs : un concours de poésie et un autre de nouvelles ont récompensé les plus prometteurs d’entre eux. L’édition 2019 du festival, dont les dates exactes n’ont pas encore été fixées, se tiendra à Phnom Penh en septembre ou octobre.

Texte et photographie par Pascal Médeville

Cet article est un extrait du magazine en ligne Cambodge Mag 5, disponible en ligne ici…. Pour télécharger le cahier spécial alumni, cliquer ici…

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