Vie culturelle – Portrait : Hélène Le Duff, le cinéma, de la passion au métier

Hélène Le Duff a effectué ses études à Angers, puis à l’Institut d’Études Politiques de Bordeaux. Elle est aujourd’hui chargée de mission culturelle à l’Institut français du Cambodge, où elle réalise la programmation cinématographique. Entretien avec une passionnée du 7ème art.

Hélène Le Duff, chargée de mission culturelle à l'Institut français du Cambodge
Hélène Le Duff, chargée de mission culturelle à l’Institut français du Cambodge

CM : Vous travaillez dans l’univers du cinéma…

J’ai suivi un master en droit de la propriété intellectuelle à l’IEP de Bordeaux, une formation assez générale. Mais, par des stages et des expériences associatives, je me suis orientée vers l’industrie du cinéma. Depuis mai 2017, en tant que chargée de mission culturelle à l’IFC, je gère la programmation cinématographique de l’Institut.

CM : Qu’est-ce que le cinéma pour vous ?

Ça a toujours été une passion, devenue très tardivement un objectif professionnel. Avant d’entrer à l’université, je ne pensais pas du tout pouvoir trouver du travail dans ce domaine. Puis, en m’investissant dans des associations, je me suis rendu compte qu’il y avait des opportunités au-delà de ce que j’imaginais.

CM : Pourquoi avoir choisi le Cambodge, pour travailler dans l’industrie cinématographique ?

J’ai terminé mon master en 2016. Après des stages dans des sociétés de production et de distribution de films puis dans un festival de cinéma, le festival Premiers Plans d’Angers, j’avais envie de découvrir ce que pouvait être cette industrie dans d’autres pays. Du cinéma cambodgien, je ne connaissais que Rithy Panh et Davy Chou. Mais je me suis dit que ça pourrait être intéressant d’en apprendre plus ! L’industrie du cinéma au Cambodge est en plein développement. Il y a des nouvelles générations de réalisateurs et réalisatrices qui apparaissent. Pour quelqu’un qui débute dans sa vie professionnelle, c’est très intéressant et stimulant d’assister à cette émergence.

CM : Que pensez-vous qu’ils ont à apporter à l’industrie cinématographique ?

Ces artistes expriment leurs réalités, font entendre de nouvelles voix et dévoilent de nouvelles sensibilités. Il est important que les jeunes ici puissent accéder à des œuvres dans lesquelles ils s’identifient. Et plus largement pour le monde du cinéma, ces œuvres-là sont essentielles pour nous montrer la jeunesse cambodgienne et ses aspirations.

CM : Quelles sont vos activités ?

Par la programmation cinéma de l’IFC, j’essaye de sensibiliser le public au cinéma d’art et d’essais, qui a peu de visibilité. Cela passe par exemple par l’organisation de ciné-étudiants avec les élèves du Centre de Langues de l’Institut, autour de thèmes vus en classe. Je développe aussi un programme d’éducation au cinéma avec des écoles de Phnom Penh. Nous organisons par ailleurs des rencontres avec des professionnels. Le réalisateur Lionel Delplanque est par exemple venu présenter son film Président et l’artiste Vandy Rattana son œuvre expérimentale Funeral. En mars, dans le cadre du Cambodia International Film Festival, nous avons accueilli des réalisateurs du festival Premiers Plans.

CM : Vous projetez donc majoritairement des films français ?

Nous pouvons aussi être amenés à projeter des films cambodgiens lors de leur sortie en salle, tels que Les tombeaux sans noms de Rithy Panh récemment, ou des films ayant un peu moins de visibilité. Turn Left, Turn Right du réalisateur Douglas Seok, a ainsi été présenté par l’équipe du film pour une séance scolaire. J’ai le sentiment que les jeunes cambodgiens sont particulièrement intéressés par ces films qui les touchent directement. En janvier 2018, nous avions également organisé une « semaine du cinéma cambodgien ». Ce fut l’occasion de présenter au public sept films du patrimoine cinématographique cambodgien des années 60-70.

Fin octobre, nous avons aussi organisé un cycle de films sélectionnés par Davy Chou parmi ceux présentés lors du dernier festival de Cannes, illustrant la large palette de la production cinématographique mondiale actuelle.
Avez-vous encore des projets d’ici votre départ, en avril ?

En mars, nous allons renouveler le partenariat avec le festival Premiers Plans. Je pense qu’il est très intéressant de faire se rencontrer les étudiants cambodgiens et ces réalisateurs qui présentent leurs premiers films. Le cinéma étant en pleine expansion ici, beaucoup peuvent être amenés à se lancer.

Propos recueillis par Adèle Tanguy

Haut de page