Siem Reap – Parcours : Serge Bellini, une vie au service de la langue française

“Je dois avouer qu’en ce moment, je ne dors pas beaucoup”, confesse le directeur de la toute nouvelle Alliance Française, dont les portes viennent à peine d’ouvrir. L’ambiance, dans les locaux, tient a la fois de l’effervescence et de l’excitation.

Serge Bellini
Serge Bellini

C’est avec un regard pétillant et d’amples gestes que Serge Bellini décrit ici la futur disposition de la bibliothèque jeunesse, et là la salle de conférence, s’interrompant pour laisser passer les ouvriers chargés de veiller aux dernières finitions. Tout doit être prêt avant le 14 janvier, date à laquelle débuteront les premiers cours.

Une Alliance attendue de longue date

Cela fait plusieurs années que le projet d’établir une Alliance Française à Siem Reap est envisagé. Depuis 2015 et la fermeture de l’antenne locale de l’Institut Français, la cité des temples était privée d’un rayonnement francophone pourtant nécessaire : “Il y a une forte présence française dans la ville, que ce soit au niveau du tourisme ou de la communauté des expatriés.

Et pourtant, la langue française est bien peu enseignée… Paradoxalement, c’est vers le français que se tournent les khmers désireux d’apprendre une langue européenne. Et ils sont nombreux. L’Alliance aura donc pour mission de proposer des enseignements adaptés aux attentes, qui vont de la pratique courante du français a des créneaux plus spécifiques et plus pointus. Nous allons par exemple créer des sessions d’apprentissage spécialisé, à destination du secteur bancaire, du tourisme, de la vente…”

Tête pensante

Des idées, Serge Bellini n’en manque pas. « Je veux un accueil irréprochable dans un endroit fédérateur, qui tiendra à la fois du lieu de rencontre, d’enseignement et d’échange culturel ». Le directeur énumère ensuite les différents projets de l’Alliance : organisation d’expositions, création de nouveaux ateliers, mécénat culturel, acquisition d’équipement hi-tech… Le tout rejoignant un seul et même objectif : faire de Siem Reap la capitale de la francophonie cambodgienne.

L’homme ne serait-il qu’un doux rêveur ? Certainement pas : son parcours professionnel illustre a quel point l’enseignement et le rayonnement de la langue française sont ses domaines de prédilection depuis trois décennies.

Serge Bellini
Serge Bellini

En 1989, Serge Bellini pose ses valises “dans un pays qui s’appelait à l’époque l’URSS”. Il exerce un temps la profession de lecteur a l’université de Novossibirsk, avant d’occuper les fonctions d’enseignant, de conseiller pédagogique, d’attaché linguistique et de coopération éducative. Tout cela pour le compte du ministère des Affaires étrangères, pour lequel il enchaîne des missions qui le mènent a travers une Europe centrale qui le fascine : Bulgarie, Ukraine, Pologne, Moldavie…

Ces contrats, dont la durée varie entre trois et cinq ans, font de Serge Bellini “un français de l’étranger”, comme il se définit lui-même. Ce qui ne l’empêche pas, en parallèle, de fréquenter la Sorbonne pour y décrocher un doctorat en Didactique des langues et des cultures.

Découverte de l’Asie

En 2014 se présente une occasion que Serge Bellini ne laisse pas passer : celle de découvrir l’Asie, un continent qui l’attire depuis longtemps. Ce sera le Cambodge et sa capitale, Phnom Penh, où il exerce en tant qu’attaché de coopération. C’est alors qu’il apprend la fermeture de l’Institut Français de Siem Reap, tout en prenant connaissance des différents projets mis en œuvre pour remplacer l’établissement.

C’est a cette période qu’il rencontre un mécène important, qui le sollicite pour piloter l’ouverture d’une Alliance Française. « Arnaud Darc, du groupe Thalias, a apporté toutes les garanties pour que cette mission soit menée à bien. Sans cela, je n’aurais sans doute pas accepté ». C’est au sein du « quartier français » de Siem Reap, qui regroupe déjà le restaurant Khéma et la banque BRED, que s’installent les nouveaux locaux de l’Alliance.

Après plusieurs mois de travaux, le public peut enfin découvrir ce lieu destiné à promouvoir la langue et la culture françaises sous toutes leurs formes. Si l’inauguration officielle ne se tiendra que le 9 mars, les cours, eux, débuteront dès le 14 janvier.

Des cours à destination des cambodgiens, mais aussi des francophones désireux d’apprendre le khmer. Si l’essentiel des informations est disponible sur la page Facebook de l’Alliance, rien ne remplacera une visite sur place afin d’échanger avec un personnel jeune et motivé, ou avec un directeur dont l’enthousiasme se révélera vite communicatif.

Texte et photographies par Rémi Abad

Alliance Française, street 22, Siem Reap
Facebook : Alliance Française Siem Reap

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