Rétro 2018 – Parcours – Lionel Bonnet : Nouvelle-Calédonie, Koh Lanta et Koh Rong

Parmi les articles les plus lus de Cambodge Mag en 2018 : Lionel Bonnet

Lors de l’inauguration officielle du Royal Sand sur l’île de Koh Rong, chacun a pu apercevoir la grande silhouette de Lionel accueillant les passagers depuis le wharf, parcourant les allées du resort en voiture électrique, collé à son talkie-walkie, actif, partout, efficace et souriant…comme un presque-caldoche. Après 13 ans passés sur le caillou, Lionel Bonnet est aujourd’hui chargé de la logistique et des activités  pour le Royal Sand. Pour Cambodge Mag, l’énergique quadragénaire a accepté de raconter (un peu) de son parcours, qui passe aussi par l’émission Koh Lanta. Entretien :

Lionel Bonnet, chargé de la logistique et des activités pour le Royal Sand de Koh Rong
Lionel Bonnet, chargé de la logistique et des activités pour le Royal Sand de Koh Rong

CM : Quelles sont vos responsabilités ici, au Royal Sand de Koh Rong ?

Je suis responsable de la logistique, des transports et des activités.

CM : Comment êtes-vous arrivé au Cambodge ?

C’est la télévision qui m’a amené au Cambodge. Je suis venu ici fin 2011 faire des repérages pour l’émission Koh Lanta. J’étais à l’époque le régisseur général de l’émission. Il s’est vite avéré que l’île était superbe, nous avons commencé à tourner début 2012 avec très peu de moyens sur place. Tout le personnel était basé au Sokha à Sihanoukville. Nous n’étions que quatre ou cinq à dormir dans les villages, il fallait organiser pas mal de rotations pour le reste de l’équipe avec le peu de bateaux disponibles à l’époque.

L'une des plages de Koh Rong
L’une des plages de Koh Rong

Koh Rong était parfait pour l’émission, un environnement sauvage, de belles plages, de beaux paysages et, la proximité de Sihanoukville nous permettait de répondre à l’ensemble des besoins logistiques. Le tournage de 2012 s’est bien passé. En 2013, la société de production a décidé de construire une base de tournage à Koh Rong. Et j’ai eu alors la responsabilité de mettre en place cette base. C’était un lieu d’accueil qui permettait d’accueillir aussi d’autres équipes étrangères qui tournaient le même format. C’était une base-vie qui permettait d’accueillir des techniciens de télévision. Nous avons tourné avec les Français en 2013, avec les Bulgares en 2014, les Américains en 2015, les Suédois, les Danois…etc. En fait nous leur fournissions des hébergements, nous avions construit des bungalows, un restaurant, nous avons acheté des bateaux, nous formions du personnel etc…

CM : Combien de temps a duré cette expérience ?

Cette expérience a duré quatre ans. En 2016, nous voulions tourner une nouvelle saison ici. Malheureusement, la popularité de Koh Rong nous a rattrapés, le développement du tourisme a été très rapide et cela devenait trop compliqué de tourner ce type d’émission. Nous avons donc transformé la base en hôtel. J’ai continué à travailler pour l’émission jusqu’à fin 2017. Je suis parti installer une autre base aux îles Fiji. Puis, me sentant bien au Cambodge, j’ai décidé de m’y poser.

CM : Et le Royal Sands ?

Un jour, Luzi, l’un des investisseurs de cet hôtel est venu me taper sur l’épaule en me disant : ‘’Toi, tu connais bien l’ile, j’aimerais que tu travailles pour nous…’’. C’est ainsi que cela a commencé. Mon point fort est de bien maîtriser tout ce qui est lié à la logistique avec cette île. J’ai commencé à les conseiller dès le début des travaux. J’ai mis en place toute la logistique pour accélérer le chantier qui avait un an de retard. Il fallait faciliter l’arrivée des conteneurs, s’occuper des sorties de douane, faire acheminer les matériaux et les équipements rapidement. Cela parait tout simple, mais ce n’est pas si facile d’acheminer tant de conteneurs rapidement, sur une île quasi-déserte…il faut connaitre les douaniers, trouver les camions, les grues…etc, toutes sortes d’equipmeents necessaires au bon fonctionnement du chantier.

CM : Pas trop de stress ?

C’est du challenge, j’aime bien. La construction, depuis le nettoyage du terrain jusqu’à aujourd’hui, aura duré deux ans, c’est un délai très raisonnable compte tenu des difficultés.

CM : Une fois la construction terminée, comment s’orientent vos responsabilités ?

Maintenant, il y a la logistique pour les opérations. Ce n’est pas simple de mener un hôtel comme cela sur Ko Rong. Encore une fois, ici, il n’y a rien, il faut tout créer. Prenons l’exemple de l’électricité, il nous faut du diesel, il n’y a pas de station-service donc il nous faut un camion-citerne, organiser le transport..etc, ce n’est vraiment pas simple. Donc, tout cela c’est à créer et à faire tourner de façon quotidienne.  C’est une petite ville, 150 personnels, 130 touristes. Il faut donc assurer tous les besoins : électricité, eau, nourriture et tout le reste. C’est aujourd’hui l’essentiel de mes responsabilités ici.

Le Royal Sand de Koh Rong
Le Royal Sand de Koh Rong

CM : Quelles autres activités ?

J’ai aussi pris en charge le coté activités, c’est un peu plus fun. Nous proposons des excursions aux touristes, de la plongée, des ballades en kayac dans l’une des rivières de l’île au cœur de la mangrove. Nous proposons également des trekkings dans la forêt et des tours de vélo.

CM : Comment s’est passé la période de pré-ouverture ?

Nous avons ouvert le 23 décembre 2017, et le 28 nous avions déjà 43 villas pleines. Cela a marché tout de suite. Il nous reste encore à peaufiner quelques petits détails pour le standard cinq étoiles mais les débuts sont très prometteurs.

CM : Passez-vous tout votre temps sur l’île ?

La logistique est partagée entre Koh Rong et Sihanoukville donc je partage mon temps entre les deux endroits. Je suis très présent ici en ce moment car c’est le démarrage. L’idée est aussi d’intervenir sur la formation. Il nous faut former des locaux pour le coté activités, le but étant qu’une équipe prenne en charge cette responsabilité.

CM : Quelle est votre formation à la base ?

J’ai un peu bifurqué (rires). Je suis ingénieur télécoms à la base. J’ai travaillé deux ans en France dans le domaine de la défense. Puis, avec l’arrivée de la perestroïka, mon employeur a dû fermer ses portes. Je suis donc parti en 1992 me promener en Nouvelle-Calédonie car mon père travaillait là-bas.

CM : Et la Nouvelle-Calédonie ?

J’ai eu un coup de foudre immédiat pour l’endroit. Je me suis posé et passionné pour la plongée sous-marine, et je suis resté douze ans sous l’eau. J’avais un club de plongée à l’Île des Pins.

Ile des Pins en Nouvelle-Calédonie
Île des Pins en Nouvelle-Calédonie

CM : Et Koh Lanta ?

Pour Koh Lanta, j’ai rencontré le producteur en France en 2004. Il était déjà venu effectuer un repérage à l’Île des Pins et avait vu que j’étais le seul à avoir des bateaux qui fonctionnaient. Il m’a proposé de travailler pour l’émission. A l’époque, je n’avais pas la télévision sur l’île et je ne connaissais pas du tout l’émission. Il m’a donné quelques DVD, et le lendemain matin, bien que je ne sois pas tombé très amoureux du concept de l’émission, je me suis intégré dans le projet pour le coté exploration. J’ai donc suivi le ‘’cirque’’ à partir de  2004.

CM : Pas trop difficile de travailler dans le milieu de la télévision ?

Vrai qu’il y a des divas…mais le producteur m’avait briefé. C’était assez amusant, il fallait faire en sorte que certains membres de la production aient l’impression d’avoir choisi les endroits de tournage…bien qu’ils aient été déterminés longtemps à l’avance. Ensuite, il y a des bons côtés, l’équipe de Koh Lanta est comme une famille. Entre 2004 et 2014, il y avait une équipe qui était plus une bande de potes qui avait plaisir à se retrouver sur les tournages.

CM : Un peu de temps pour la vie familiale ?

Oui, j’ai un appartement agréable à Sihanoukville, la ville a beaucoup changé mais je m’y sens encore bien avec ma compagne parisiennes (sourire)…

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