Rétro 2018 – Kep – Portrait : Pascal Labbe, le Cambodge m’apporte la sérénité

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Gérant depuis juin dernier de l’hôtel Le Ponton à Kep, Pascal Labbe fait partie de ces expatriés amoureux du Cambodge, qui a choisi de s’installer dans la ville côtière de Kep. Pour Cambodge Mag, Pascal confie les raisons qui l’ont amené à venir s’installer, et parle de son activité professionnelle.

Quelles sont les raisons qui vous ont amené au Cambodge ?

C’est une association de Royan, créée par une amie, qui m’a fait venir ici en 2002. Elle cherchait quelqu’un qui avait un peu de vécu dans le milieu associatif. C’est une cambodgienne qui vit en France, elle m’a demandé si j’étais intéressé, et j’ai dit oui. Après quelques événements organisés en France, je suis venu ici, à Takéo et nous avons pu commencer à travailler. L’association, Sourire Angkor Kwao, fonctionne encore aujourd’hui et je m’occupe du centre de soutien scolaire, nous avons encore un an de budget, nous verrons ensuite comment cela va se passer.

Pascal Labbe et sa compagne
Pascal Labbe et sa compagne Achheang, qui gère l’hôtel durant les séjours de Pascal en France

Au début, je faisais un voyage par an, puis deux, j’ai ensuite décidé de m’installer ici en 2010. J’ai alors cessé mes activités professionnelles en France. J’étais négociateur en fonds de commerce de pharmacies, agent immobilier spécialisé en vente de pharmacies, pourrait-on dire. Pour des raisons personnelles, je donne encore un coup de main à mes anciens collègues, même si je passe la moitié de mon temps ici. Après vingt ans de ce métier assez prenant, j’avais besoin d’une coupure. Je voulais aussi m’impliquer un peu plus dans l’ONG et j’ai donc décidé de rester.

Quelle a été votre première activité au Cambodge ?

J’ai repris, en parallèle de mes activités en métropole, un hôtel à Phnom Penh, le Cyclo, que j’ai tenu pendant six ans. Le tourisme n’était pas une activité complètement nouvelle, avec ma famille, nous avions des terrains de camping sur la côte royannaise.  Le Cyclo était un hôtel restaurant avec un esprit très pension de famille. C’était un peu le repère des Français. L’hôtel était assez populaire comme destination de transit pour ceux qui débarquaient avec l’intention de s’installer. C’était pour eux l’occasion de rencontrer des Français et déchanger. J’ai vendu en 2016 pour pouvoir donner un coup de main à ma fille qui a repris mon activité en France. Je refais donc pas mal d’aller-retours entre la France et le Cambodge.

Comment êtes-vous arrivé à Kep ?

Je parrainais la fille d’un ami et nous cherchions un guest-house ou un hôtel à reprendre. Puis, un ami m’a parlé de cet hôtel qui se construisait au bord de l’eau. Il n’y avait rien à reprendre, c’était une création, et je trouvais cela intéressant. Il n’y avait pas de gros investissement à assurer. Le foncier appartient à un Khmer francophone, il préférait que ce soit un Français qui s’en occupe et l’hôtel a été créé en 2014. La fille de mon ami n’a pas voulu rester et je me suis décidé à reprendre seul en juin 2017. Nous avons fait pas mal de travaux, un bungalow supplémentaire, je mets le bar au bord de la piscine en route, il s’agit de quelques retouches pour rendre cet endroit, un des seuls hôtels au bord de l’eau à Kep, encore plus agréable.

Le Ponton à Kep
Le Ponton à Kep : ”…Nous avons de plus en plus de Khmers qui viennent en week-end ou pour quelques jours en vacances…”.

Etes-vous satisfait ?

Je suis content d’avoir atterri à Kep, Phnom Penh ? J’ai connu la bonne époque, lorsque c’était encore une capitale à échelle humaine. De plus, je suis originaire de la campagne, je préfère être au calme, et je pense que c’est mieux pour l’équilibre de mon fils.  J’ai une vie très sereine. Comme quelques-uns de mes confrères, nous avons quelques soucis pour trouver du personnel qualifié. Ils sont assez peu nombreux ici, et ceux de Phnom Penh préfèrent travailler dans la capitale. Mais, j’ai pu former une bonne petite équipe et les six premiers mois, même en basse saison, ont été satisfaisants, avec plus de 50% d’occupation, c’est un bon résultat. Je tâtonne encore un petit peu, mais cela ne se présente pas trop mal. Je pense que d’un point de vue rentabilité, c’est viable.

Quel type de clientèle pour le Ponton ?
Dès le départ, nous avons travaillé pour attirer la clientèle khmère. Nous avons de plus en plus de Khmers qui viennent en week-end ou pour quelques jours en vacances. Ce sont des gens de ce que j’appelle la classe moyenne +, qui travaillent dans les banques ou les grandes entreprises. Donc, tous les weekends, en basse saison, le Ponton est plein. Ce sont des couples qui ont la trentaine, qui viennent avec leurs enfants.

Quels projets de développement ?

Je vais développer le restaurant. Mais ce sera de la restauration rapide. Nous sommes tous proches du Marché aux Crabes, donc, le soir, les gens préfèrent sortir. Nous proposons des petit-déjeuners très copieux. Les gens partent très tôt pour visiter les environs et reviennent Au Ponton vers 14-15h. Ils aiment profiter alors de la piscine et se restaurer un peu. Je vais proposer probablement des tapas, un peu de charcuterie et pizzas pour le bar. Je vais aussi ouvrir un salon de massage face à la mer.

Avez-vous peur du développement côtier ?

Ça grignote, nos amis Chinois arrivent de façon de plus en plus pressante sur la côte cambodgienne. Mais il est possible que la pression soit moins forte sur Kep car il y a assez peu de plages. Nous occidentaux, aimons le coté nature de la région, je n’ai pas l’impression que les Chinois soient vraiment tentés. Ils préfèrent s’entasser sur les grandes plages. Aujourd’hui, Kep est encore un havre de paix pour les occidentaux, mais aussi pour les Cambodgiens qui sont de plus en plus nombreux à venir ici. Ils viennent même en basse saison, et la pluie ne les dérange pas, bien au contraire.

Qu’est-ce qui vous plait à Kep ?

Ce qui me plait ? J’ai toujours vécu au bord de l’eau et cela me convient. J’ai travaillé et voyagé dans les Iles, Martinique, Polynésie…Je ne me serais pas vu rester à Phnom Penh. J’étais déjà venu à plusieurs reprises chercher un projet ici. Au bout de deux à trois ans à Phnom Penh, je cherchais déjà à venir ici. En 2013, j’étais déjà à la limite du ‘’burnout’’ à Phnom Penh. J’ai pris la peine d’apprendre le Cambodgien, cela me facilite les relations avec ma compagne et le personnel. Il est aussi assez facile de s’installer ici, il est facile d’investir. Lorsque je reviens en France, j’apporte une certaine sérénité. Je fréquente un milieu professionnel difficile et je l’aborde bien mieux depuis que je vis la moitié du temps au Cambodge, à KEP, cela m’apporte une forme de zénitude…

Allez-vous finir vos jours à Kep  ?

Tant que je pourrais naviguer comme cela, entre la France et Kep, je le ferais. Je n’ai jamais songé à m’installer encore définitivement. Mais ce n’est pas particulier à Kep, c’est dans ma nature de bouger.

Fréquentez-vous la communauté française de Kep ?

Oui, je fréquente la communauté française, en pourcentage de la population de la province, je crois que c’est l’endroit où il y en a le plus. Il y a pas mal d’établissements hôteliers tenus par des Français ou même des Franco-khmers ou Franco-Laotiens…

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