Alumni : Descartes, un lycée diffèrent

Cet article est un extrait du magazine en ligne Cambodge Mag 5, disponible en ligne ici…. Pour télécharger le cahier spécial alumni, cliquer ici…

« Nous ne sommes pas comme les autres…nous ne sommes pas comme toutes les écoles internationales ici… nous avons une identité…une histoire. Notre Lycée…c’est comme un monument historique » (Lay Prohas Hanuk Ream, en 1ère au Lycée Descartes).

Le Lycée Français René Descartes de Phnom Penh, en effet, est plus qu’un simple Lycée. C’est un monument, une véritable institution. Tous les Phnom Penhois connaissent « Sala Barang » ou le « Lycée Descartes ».

Niché au cœur de l’Ancien quartier Français et d’un futur quartier des Affaires, c’est vrai qu’il a un côté vintage, le Lycée Descartes, et une sacrée allure.

Le lycée Descartes dans les années 60
Le lycée Descartes dans les années 60

Histoire

C’est en 1950 que le Lycée Français René Descartes ouvre ses portes à des élèves pour la première fois : il y a alors 252 élèves répartis en 2de, 1ere et terminale dans ce que l’on appelle le « Grand Lycée », aujourd’hui, bâtiment de la faculté des sciences du management. Le Lycée est officiellement inauguré au mois de mars 1951, en présence du président de l’Assemblée de l’Union française, Albert Sarrault. Parmi les premiers élèves, Monique Izzi… devenue Norodom Monineath Sihanouk. Puis plus tard, Sa Majesté le roi Norodom Sihamoni.

« Depuis 65 ans, plusieurs générations d’élèves forgées à Descartes se sont succédées, des Français, des Cambodgiens, mais aussi bien d’autres nationalités… Anonymes ou célèbres, hommes de sciences ou des affaires, hommes politiques, commerçants, artistes, humbles ou plus fortunés…qui ont rayonné ou rayonnent encore à travers le monde ».  (Norodom Monineath Sihanouk, préface d’Il était une fois…Le Lycée français René Descartes de Phnom Penh.)

Soixante-cinq ans, c’est un sacré morceau d’histoire que le Lycée a traversé.

Les années 50-60, une sorte de belle époque : le lycée compte plus de 2000 élèves. La vie des Cartésiens est marquée par les compétitions sportives, les nuits olympiques que le Lycée organise, les pièces de théâtre… les pauses déjeuner au Cercle Sportif Khmer : il suffit alors de traverser la rue pour aller se baigner à la piscine. Le lycée a même un internat situé derrière le terrain de sport.

Mais en 1974, la guerre gronde déjà… le 14 janvier, un obus explose devant l’école. Il y a un mort et un blessé : un gardien qui s’apprêtait à sonner la cloche pour annoncer le début des cours et une professeure. L’école est fermée, la plupart des professeurs quittent le pays, et ceux qui restent s’arrangent pour continuer l’enseignement aux élèves par petits groupes, chez eux.

Le 17 avril 1975, Phnom Penh tombe aux mains des Khmers rouges. Le Lycée devient K33. K était la première lettre du mot Khmer associé à Propagande, ឃោសនា (Khosanea). Ainsi étaient faits tous les noms de code. Le Lycée fait partie du ministère de l’information.

Le lycée Descartes aujourd’hui
Le lycée Descartes aujourd’hui

Renouveau

Quand le Lycée rouvre ses portes en 1991, il a perdu son bâtiment principal « Le Grand Lycée » … de toute façon… il n’y a que 17 élèves. Mais petit poisson redeviendra grand. En 1999, il y a déjà 240 élèves.

La période de 2000 à 2018 a été marquée par de grands changements au sein du lycée. Le nombre d’élèves a considérablement augmenté, doublant quasiment entre 2010 et aujourd’hui : 1153 élèves ont fait leur rentrée en septembre 2018, faisant du Lycée français René Descartes de Phnom Penh le un des plus gros lycées de la zone Asie-Pacifique en termes d’effectifs.

On a poussé les murs, modernisé la structure, ouvert une maternelle, construit une piscine. Descartes a su faire peau neuve, en gardant le charme de l’ancien.

Texte et photographies par Gaëlle Rogations

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