Alumni – Cambodia Airports : entre France et Cambodge, une histoire de partage de connaissances

Focus sur trois Cambodgiens travaillant chez Cambodia Airports qui relatent leurs choix de vie. Leur dénominateur commun ? L’amour du Cambodge et l’envie de contribuer au développement du pays. Soif de connaissance et volonté de partager leurs acquis sont des valeurs qu’ils tentent d’appliquer dans leur travail.

Hélène, mission, professionnalisme et idées

Hélène Veal est responsable de la communication digitale au sein de Cambodia Airports depuis plus d’un an. Franco-cambodgienne, elle avait déjà eu des expériences professionnelles dans les deux pays avant d’être recrutée dans la filiale cambodgienne de Vinci Airports. Avec 18 années dans le domaine de la communication derrière elle, le fil conducteur de sa vie a toujours été la promotion de l’image du Cambodge et la formation des cambodgiens dans le pays. En retour, elle en apprend beaucoup de son pays d’origine: “Les Cambodgiens m’initient à la sagesse et à la patience, j’ai appris à me calmer et relativiser”.

Hélène Veal, Responsable de la communication digitale
Hélène Veal, Responsable de la communication digitale

La seule de sa fratrie à vouloir partir travailler au Cambodge, Hélène est née pendant la guerre à la frontière cambodgienne. Avec sa famille, elle passa une partie de son enfance dans des camps de réfugiés avant de partir habiter en France : “J’étais très bien intégrée en France mais déjà depuis que j’avais huit ans, je savais que j’allais revenir vivre au Cambodge”. Tout en gardant un fort attachement à la culture khmer, elle poursuivra ses études littéraires en France. “Je suis très curieuse et je pense que c’est ça la formation française, cela nous apprend à être curieux”, confie-t-elle.

Après ses études supérieures, elle travaillera quelques temps à Paris. D’abord pour une agence de relations presse puis dans une société de services informatique où elle fut amenée à diriger une équipe d’informaticiens cambodgiens. Elle fonda ensuite sa propre agence de communication où elle dirigeait une équipe de Cambodgiens. Elle reprit ses études à l’âge de 35 ans pour obtenir un MBA dans une école de management audiovisuel et fut embauchée chez France 4. Après l’accouchement de son deuxième enfant, elle retourna au Cambodge.

Le poste qu’elle occupe actuellement en communication digitale est en harmonie avec ses idéaux personnels : “J’ai besoin de donner du sens à ce que je fais”. D’après elle, trois critères fondamentaux lui sont nécessaire afin pouvoir travailler au sein d’une entreprise. Tout d’abord, c’est d’avoir une mission qui passionne. Sa mission au sein de Cambodia Airports pour la promotion de l’image du Cambodge rejoint sa passion pour le pays. “Quand on prend l’avion, l’aéroport est la première et la dernière image que l’on garde du Cambodge”, dit-elle. “Cambodia Airports est une entreprise rigoureuse”. Le professionnalisme est son deuxième critère. Quant au troisième, cela concerne la possibilité de proposer ses idées dans une entreprise, qu’elle applique d’ailleurs dans l’autre sens en valorisant les propositions des salariés de l’entreprise.

Pleine d’énergie, elle poursuit sa volonté de transmission du savoir au Cambodge en devenant prochainement mentor pour une association de femmes entrepreneurs ou en formant l’équipe de communication de la Commission du Film du Cambodge. Et cela, en plus de nombreux autres projets personnels et de l’éducation de ses jeunes enfants.

Sreymom, ouverture d’esprit et indépendance

Ancienne étudiante partie réaliser son master en France, Sreymom Te travaille au département des ressources humaines. Elle travaille depuis dix ans à Cambodia Airports. “Je pensais rester seulement deux ou trois ans dans la compagnie mais cela fait dix ans maintenant”, dit-elle. Sreymom dirige une équipe entièrement cambodgienne. Mais elle est souvent amenée à travailler avec des collègues de nationalités et de cultures différentes: anglais, français, portugais, malaisiens, philippins, américains… une pluralité de cultures dont elle a l’habitude. “Je pense que c’est grâce à l’opportunité que j’ai eu d’avoir pu étudier en France et d’avoir réalisé des études francophones” explique-t-elle.

Sreymom Te, Responsable des Ressources Humaines
Sreymom Te, Responsable des Ressources Humaines

En effet, elle avait intégré un programme bilingue qui proposait la pratique du français depuis le lycée. Elle a ensuite continué sur cette lancée en obtenant un double diplôme franco-cambodgien en licence, puis un master en ressources humaines à Lyon au travers d’une bourse du gouvernement français. Sreymom réalisa son stage de master RH à Cambodia Airports et fût embauchée dans l’entreprise directement à la sortie de ses études.

En tant que cambodgienne, elle trouve que l’opportunité de partir dans un autre pays permet tout d’abord un enrichissement : “Certains restent en France après leurs études supérieures effectuées là-bas. Pour ma part, j’ai un sentiment d’appartenance au Cambodge, je voulais y habiter et surtout participer à son développement”, déclare Sreymom. Travailler à Cambodia Airports permet de contribuer à la formation des jeunes cambodgiens lors des campagnes de recrutement de stagiaires, mais également lors des formations qu’elle dispense en interne dans l’entreprise.

Appréciant le standard d’études en France et le fait d’avoir pu découvrir une nouvelle culture au travers de ses études, Sreymom considère avoir aussi beaucoup appris en ayant voyagé: “J’ai découvert l’indépendance, j’ai appris à me remettre en question et j’ai découvert d’autres modes de vie”. Au niveau professionnel, être partie étudier en France l’a aidé à avoir un état d’esprit orienté sur la performance et le résultat. Sreymom a également pris l’habitude de toujours écouter les idées de son équipe, contribuant ainsi à la valorisation de chaque individu. Une philosophie qu’elle retrouve chez Cambodia Airports lors de programmes d’échanges d’expériences avec d’autres aéroports du groupe: “L’année dernière, il y a eu un programme d’échange où des employés cambodgiens sont partis étudier les pratiques de l’aéroport de Lyon”. Sreymom félicite l’initiative et constate un retour positif avec des nouvelles idées qui se sont mises en places suite à ce programme. Cambodia Airports propose aussi à ses employés des formations dans tous les domaines, un moyen pour eux de se développer et viser des évolutions de carrière. “C’est important pour moi afin de pouvoir rester dans une entreprise”, ajoute-t-elle.

Lorsqu’elle communique auprès de son équipe, Sreymom considère ses directives comme des propositions ouvertes. Elle souhaite qu’il n’y ait pas de hiérarchie comme il peut en avoir parfois dans les entreprises cambodgiennes qui vouent parfois un culte au supérieur hiérarchique. “Nous avons tous nos échelles de décision”, explique-t-elle. Dans son niveau décisionnel, elle va inciter ses collègues cambodgiens à remettre en question les directives dans un esprit d’amélioration et de partage de savoirs. La plupart du temps au Cambodge, l’autorité, comme les parents par exemple, a tendance à imposer ses idées. “Je pense que j’ai acquis cette façon de penser et cet esprit indépendant depuis que j’ai commencé à participer au programme bilingue”, conclue-t-elle.

Sundey, apprentissage et transmission de savoir

Sunday Sen est le directeur des opérations aéroportuaires de la branche Cambodia Airports de Siem Reap. Parti du Cambodge à cinq ans après la période des Khmers rouges, il découvrit son pays lors d’un voyage 20 ans après. Il voue une passion unique pour la connaissance depuis sa plus tendre enfance : “Les seuls jouets que nous avions étaient des livres, les économies de mes parents passaient dans l’achat de livres et d’encyclopédies car ils voulaient investir sur l’éducation de leurs enfants” explique Sunday.

Sunday Sen, Directeur des Opérations Aéroportuaires
Sunday Sen, Directeur des Opérations Aéroportuaires

Il débuta ses études supérieures en obtenant une licence d’Histoire, “cela m’a formé dans l’ouverture d’esprit et j’ai pu bénéficier de connaissances en culture générales”. Il effectua ensuite son service militaire puis fut recruté à l’aéroport d’Angers, qui était l’un des premiers en France sous la direction d’un gestionnaire privé. Il occupa en parallèle plusieurs postes opérationnels dans la sûreté, la sécurité, le service pompier, le service avitailleur et le service assistance piste. Cette expérience professionnelle lui a inculqué des connaissances dans divers aspects de métiers aéroportuaires.

Au retour d’un voyage avec ses parents en 2000, Sunday quitta le poste qu’il occupait à l’aéroport d’Angers pour pouvoir retourner au Cambodge. En attendant son départ, il reprit des études dans une école d’ingénieur pour obtenir un certificat de responsable informatique. Il effectua son stage de fin d’études à l’aéroport de Phnom Penh et repartit au Cambodge billet en aller simple : “ Je suis né au Cambodge, et ayant bénéficié d’une éducation solide en France, il était évident pour moi d’y revenir pour contribuer au développement du pays”.

Sunday commença ses débuts professionnels au Cambodge dans le service des opérations de l’aéroport de Siem Reap dans le département de sécurité et de sureté nouvellement créé. “Au poste où j’étais, je souhaitais contribuer à l’élévation des standards, au savoir-faire et au savoir-être de nos compatriotes locaux et donc il y avait une valeur ajoutée” indique-t-il. Pour lui, la formation de ses collègues est un enrichissement personnel, valeur qu’il retrouve dans Cambodia Airports avec leur politique de formation interne rigoureuse. Non seulement exigés par les autorités locales et internationales (Aviation Civile Cambodgienne, OACI, IATA…) pour certaines compétences et certifications métiers, la formation interne est déterminante au sein du groupe pour valoriser le capital humain. Le groupe instaure des programmes comme Vinci Academy & E-Learning et des conférences et séminaires professionnels.

Tout au long de son parcours chez Cambodia Airports, Sunday a poursuivi des formations diverses pour acquérir des compétences professionnelles spécifiques au fil de ses évolutions de poste. “Cela m’a permis d’être plus productif au travail. Je cherche toujours des challenges et comme il y a beaucoup de problématiques liés aux besoins constants de formation, le but était d’améliorer le standard opérationnel de nos services”, explique-t-il.

Il a ainsi intégré plusieurs masters français et cambodgiens en Économie, Ingénierie du Management, Gestion Publique, Droit Privé et Droit Public. Démarches qu’il a pu financer pour la plupart grâce à la coopération française à l’URDSE, et au soutien de Cambodia Airports. “Les formations académiques ou professionnelles que j’ai reçu en sus de ma double culture cambodgienne et française, m’ont permis de continuer à contribuer au développement des aéroports cambodgiens. Mais aussi de travailler en phase avec nos compatriotes et autres collègues internationaux pour l’avenir du pays et des futures générations, ce qui est à mon sens le plus important” résume-t-il.

Cet article est un extrait du magazine en ligne Cambodge Mag 5, disponible en ligne ici…. Pour télécharger le cahier spécial alumni, cliquer ici…

Texte et photographies par Marie Srey-Lys Joanny

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