Agriculture : Partenariat public-privé pour développer le manioc

Le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) et le Green Leader Holdings Group Limited (Green Leader) ont signé en décembre dernier un protocole d’accord pour une collaboration en vue d’un développement durable du secteur du manioc.

Partenariat public-privé pour développer le manioc. Photographie fournie
Partenariat public-privé pour développer le manioc. Photographie fournie

L’accord a été signé par M. Nick Beresford, Directeur de pays du PNUD, et M. Tse Michael Nam, Directeur général de Green Leader. La cérémonie était présidée par S.E. Pan Sorasak, ministre du Commerce, Mme Pauline Tamesis, coordonnatrice résidente des Nations Unies et représentante du PNUD, et M. Zhang San Huo, président de Green Leader.

Le mémorandum d’accord vise à favoriser le partenariat entre le PNUD et le secteur privé du pays pour contribuer, entre autres, à la réalisation du Programme de développement durable à l’horizon 2030.

Renforcer la coopération

À cette fin, aux termes de cet accord conjoint, le PNUD et Green Leader ont convenu de faciliter et de renforcer la collaboration dans les domaines d’activité suivants :

1. Augmenter la productivité des petits exploitants de manioc par le biais de transferts de capacités et de technologies afin de garantir un système de production durable ;

2. Améliorer la qualité et la fiabilité de l’approvisionnement en renforçant les capacités des associations et coopératives d’agriculteurs de manioc, et en promouvant le modèle d’agriculture sous contrat ; et

3. Promouvoir la recherche et le développement sur le bioéthanol en vue de promouvoir une politique nationale en matière de biocarburants.

Nick Beresford

M. Nick Beresford a déclaré : ”…L’adhésion au protocole d’entente avec Green Leader marque une étape concrète dans l’appui au développement du manioc par le biais d’un partenariat avec le secteur privé. Le mémorandum d’accord permettra au PNUD et à Green Leader de renforcer et valoriser la chaîne de valeur du manioc cambodgien, générant ainsi plus de valeur ajoutée pour l’économie du pays et apportant notamment plus d’avantages aux producteurs de manioc…”.

M. Tse Michael

M. Tse Michael a également déclaré : ”…Nous pensons qu’en adhérant au mémorandum d’accord, le Groupe pourra développer pleinement l’industrie du manioc et une chaîne de produits complète au Cambodge. Dans le même temps, ce projet devrait aider à améliorer les moyens de subsistance des agriculteurs et des communautés locales. Les administrateurs considèrent donc que le protocole d’accord est dans l’intérêt de la société et de l’ensemble de ses actionnaires…”.

S.E. Pan Sorasak

S.E. Pan Sorasak a précisé : «Nous avons travaillé sans relâche pour améliorer le niveau de vie des agriculteurs et des marchés d’exportation. Enfin, avec l’établissement de la première usine Green Leader qui a tenu sa cérémonie d’inauguration à Snoul (province de Kratie), la société a montré de manière concrète son engagement envers le Cambodge. Elle est disposée à nous aider à industrialiser le secteur du manioc. Le protocole d’entente conclu entre le PNUD et Green Leader participera grandement à l’amélioration de ce secteur…”.

Investissements

L’usine Green Leader de la province de Kratie est située sur 20 hectares dans le district de Snuol. Cela en fait la plus grande installation de ce type au Cambodge. L’installation sera en mesure de traiter environ 600 000 tonnes de racines de manioc fraîches par an, avec une capacité de production annuelle de 150 000 tonnes d’amidon modifié.

Green Leader a investi 150 millions de dollars US dans ce projet agricole. Une dizaine de coopératives agricoles ont été identifiées à proximité.  Elles pourraient fournir 30% des besoins annuels de l’usine.

Secteur en crise

Selon les chiffres du ministère, la culture de manioc dans le Royaume occupe 614 000 hectares produisant environ 13 millions de tonnes par an. Le manioc est la plus grande culture d’exportation de produits agricoles du Cambodge, en tonnage, et serait la deuxième en importance en termes de valeur après le riz.

Les données officielles d’exportation fournies par le ministère de l’Agriculture indiquent toutefois qu’un faible pourcentage du produit seulement part pour l’export. Moins de 5 millions de tonnes seraient officiellement exportées. Faute de rentabilité pour l’exploitation de ce produit, de nombreux agriculteurs ont abandonné le manioc, se sont reconvertis ou ont émigré dans d’autres pays à la recherche de travail. Ceux qui sont restés dans le secteur, principalement des agriculteurs âgés, ont réclamé à plusieurs reprises un soutien gouvernemental, tels que des facilités de crédit ou des prix plancher pendant la saison des récoltes.

Stratégie

Le gouvernement a officiellement lancé sa nouvelle stratégie visant à positionner le Cambodge en tant que fournisseur fiable de produits à base de manioc sur le marché mondial en juillet dernier. Lors du lancement de cette politique nationale, le ministre du Commerce Pan Sorasak a déclaré que la nouvelle stratégie couvrait cinq ans et visait à faire du Cambodge un foyer pour les industries de transformation du manioc.

Selon le ministre, la nouvelle politique contribuera à transformer le secteur du manioc, de l’agriculture de subsistance à la production commerciale, tout en donnant la priorité à l’amélioration du niveau de vie des agriculteurs. Elle renforcera également la capacité de ces agriculteurs à générer des revenus dans le contexte de la volatilité des prix, de l’utilisation durable des terres et de l’agriculture intelligente face au climat.

“…Cette politique soutiendra les usines de transformation en activité et attirera les investissements nécessaires à la production de produits à base de manioc à valeur ajoutée destinés à approvisionner divers marchés…Le manioc que nous avons maintenant n’est que de la matière première. Nous devons agir pour que davantage d’usines de traitement produisent davantage de produits à valeur ajoutée…”, a-t-il déclaré.

Richard Marshall, économiste au Programme des Nations Unies pour le développement au Cambodge (PNUD), a déclaré que le PNUD avait travaillé avec le gouvernement cambodgien à la rédaction de la politique de développement du secteur du manioc dans le royaume. L’objectif est de faire progresser le Cambodge dans la chaîne de valeur en améliorant la qualité de la production de manioc. “…Il faut transformer le manioc en une culture rentable pour les petits exploitants…optimiser la production et améliorer le transport…”, a déclaré M. Marshall.

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