UE – Riz : La Fédération du riz du Cambodge rejoint la voix d’Amru Rice

La semaine dernière, la Fédération du riz du Cambodge (FRC) a rencontré des représentants du commerce à Bruxelles dans le but de s’informer sur la possibilité que l’Union européenne impose des droits de douane sur les exportations de riz cambodgien.

Photographie EIF (cc)

La Fédération emboîte ainsi le pas à l’entreprise Amru Rice et  Signatures of Asia, deux exportateurs cambodgiens de riz qui ont envoyé le mois dernier un courrier à l’Union Européenne (UE) pour exprimer leurs inquiétudes et leur mécontentement.

Préoccupations

Dans un communiqué, la FRC se déclare vivement préoccupée par les dommages potentiels de taxes sur les trois millions de riziculteurs cambodgiens et sur l’ensemble du secteur rizicole du pays. Demain, les États membres de l’UE se prononceront sur le soutien ou le rejet des projets de la Commission européenne consistant à appliquer des droits de douane sur les exportations de riz cambodgien.

Cette démarche fait suite aux demandes de l’Italie et de l’Espagne visant à protéger leurs producteurs de riz contre une situation qu’il qualifie de ”déséquilibre commercial”.

Enquête

En mars, la Commission européenne a ouvert une enquête afin de déterminer si les importations de riz Indica semi-blanchi et blanchi en provenance du Cambodge et du Myanmar «posaient de graves problèmes aux producteurs de produits similaires ou concurrents de l’Union européenne». Puis, le 5 novembre, la Direction Générale du Commerce de l’UE a publié ses conclusions, confirmant une forte augmentation des importations de riz en provenance du Cambodge et du Myanmar qui, selon elle, causent un préjudice économique au secteur du riz en Europe.

Revers majeur

Dans son communiqué, la FRC déclare que les droits de douane constituent un revers majeur pour les énormes efforts déployés pour développer l’industrie du riz au Cambodge. Elle déplore également les méthodes de L’UE qui combinent les chiffres des importations cambodgiennes avec celles du Myanmar. Cette approche n’est pas la bonne, car les deux pays exportent différents types de riz, le Cambodge privilégiant le riz parfumé au jasmin. Il existe également une grande différence de prix entre le riz cambodgien et le riz birman. Cette combinaison de facteurs conduit à des résultats biaisés », indique le communiqué de la Fédération.

Mauvais calcul

La FRC souligne aussi que la production de riz en Italie et en Espagne est essentiellement centrée sur la variété «Japonica». «En fait, la majorité du riz cambodgien (55%) exporté vers l’UE est du riz parfumé. Il n’est  pas cultivé en Europe. Le riz parfumé provient de riz paddy photosensible, qui ne peut porter ses fruits que pendant une certaine période de l’année. Il est donc très difficile à cultiver sous le climat qui règne en Europe », indique la FRC qui attend donc la décision de l’UE le 4 décembre.

Rappelons également que Federica Mogherini, Haute Représentante/Vice-Présidente de la Commission Européenne qui examine actuellement la procédure de retrait du régime préférentiel Tout Sauf les Armes a été Ministre italienne des Affaires étrangères pendant huit mois en 2014. L’Italie figure parmi les premiers demandeurs du rétablissement des taxes sur le riz cambodgien.

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