Tourisme : Rajabori et Terres Rouges, un doux parfum de tradition khmère

Rajabori

C’est sur la petite île de Koh Trong, en face de Kratie, que Pierre Yves Clais a construit le resort joliment appelé Rajabori. Dans cet hôtel caché entre les manguiers les villas, chacune inspirée d’une maison traditionnelle khmère, entourent une vaste piscine d’eau salée.

Le village cambodgien autour de la piscine, à Rajabori
Le village cambodgien autour de la piscine, à Rajabori

Village cambodgien à l’ancienne

« Aujourd’hui, les gens détruisent les maisons et avec elles, leur propre histoire. Beaucoup sont fiers d’être Khmers mais ne prennent ni conscience ni soin de leur héritage », explique Pierre-Yves Clais. « Un patrimoine architectural entier d’une grande valeur passe malheureusement à la trappe… Nous avons donc décidé de montrer l’exemple et de le mettre en valeur ».

Rajabori
Rajabori

Cet amoureux du Cambodge arrivé il y a 26 ans n’en finit pas de construire de nouvelles villas. Quand son chemin croise une maison traditionnelle, il la prend en photo. Ensuite, il demande à des artisans de l’île de reproduire. « Je veux remettre au goût du jour le style traditionnel. L’idée est de recréer un village cambodgien à l’ancienne », indique-t-il.

Les ouvertures font passer la lumière dans les villas de Rajabori
Les ouvertures font passer la lumière dans les villas de Rajabori

Des jeux d’ombre et de lumière

Mais à l’inverse des maisons traditionnelles khmères, Pierre-Yves Clais a décidé de privilégier les ouvertures. Ainsi, des linteaux de portes ou de fenêtres finement découpés permettent d’aérer les villas et d’accueillir subtilement la lumière. Les découpes sont en forme de fleurs ou plus géométriques, en fonction des villas. Et, elles permettent de créer un jeu d’ombres et de lumières, depuis l’intérieur. « Ici, j’ai récupéré un dessus de porte chinoise », explique-t-il en montrant le linteau de bois de la nouvelle villa qu’il vient de faire construire.

Chambre au Rajabori
Chambre au Rajabori

Les fenêtres et portes trapézoïdales des villas sont, elles, inspirées de la maison du célèbre Jim Thompson. Après sa disparition, cette maison est devenue un musée. « Beaucoup d’éléments de l’architecture thaïlandaise sont inspirés des traditions khmères. Je me suis dit que l’on pourrait bien leur emprunter cela, pour une fois ! », ajoute-t-il.

Fenêtres et portes trapézoïdales
Fenêtres et portes trapézoïdales

Visiter un musée

Les objets de décoration abondent : de vieux meubles achetés près du Marché Russe, à Phnom Penh, à des antiquaires… Sur un pilier du restaurant est accroché un naga, récupéré dans une pagode.

Dans l’une des chambres, Pierre-Yves montre une tenture. Et il raconte son histoire. « j’étais dans une pagode. J’ai dit au bonze que je trouvais la tenture jolie, il l’a décrochée et me l’a offerte. C’est très gentil, mais ça montre aussi combien ils tiennent à leur patrimoine ».

: Statue reproduite par le Musée National, à Rajabori
Statue reproduite par le Musée National, à Rajabori

En se promenant entre les villas, cette décoration donne l’impression de visiter un musée. Dans un coin de l’une des chambres, on peut trouver un coupe tabac sculpté de 1901. Une cloche de pagode surplombe la réception. Dans les jardins, les statuettes sont des copies d’originaux, reproduites par le musée national.

Rajabori
Rajabori
Rajabori
Rajabori

Les Terres Rouges à Banlung

Mais ces objets ne sont pas éparpillées au hasard. En effet, chaque villa a son identité. La plus récente est décorée sur un style japonais. Dans les deux chambres de la suite familiale sont exposées des peintures nippones. « Je les ai achetés dans des magasins d’occasion japonais, à Phnom Penh et à Banlung ».

Car Pierre-Yves Clais possède aussi Les Terres Rouges, un autre lodge à Banlung. Et, pour la décoration des suites, Pierre-Yves a été inspiré par la même envie de valoriser le patrimoine local. Il a pioché l’inspiration ça et là, à travers l’artisanat des différentes minorités du Ratanakiri, mais aussi après ses voyages en Asie. À côté d’objets traditionnels des minorités du Ratanakiri s’étalent ainsi de somptueuses tentures ramenées de périples indonésiens et thaïlandais.

La suite du Gouverneur, aux Terres Rouges
La suite du Gouverneur, aux Terres Rouges

Clin d’oeil à la France

Mais à Banlung, l’esthète a aussi tenu à apporter une touche d’histoire. Ainsi, il est aussi possible de trouver dans certaines chambres des fauteuils « art déco », ou des lampes hollandaises ramenées d’Indonésie. Aux murs de la suite du gouverneur sont accrochées des photographies de l’exposition coloniale de Marseille. On y trouve aussi des insignes du premier Régiment de Tirailleurs Cambodgiens, du 1er Bataillon Parachutiste de l’Apronuc et du 6eRPIMa. Un clin d’oeil à sa propre histoire ?

Pierre-Yves est en effet venu au Cambodge pour la première fois dans le cadre d’une mission de « maintien de la paix » sous l’égide des Nations Unies et a fait partie du 6eRPIMa. Et il a alors décidé de rester. C’est à ce moment qu’a débuté la belle histoire entre Pierre-Yves Clais et le royaume, celle qui l’a poussé aujourd’hui à  partager sa passion pour les traditions locales et ces belles maisons khmères.

Photographies par Adèle Tanguy

Texte par la rédaction

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