En images : Siem Reap d’hier et d’aujourd’hui II, l’immeuble Canadia

Ancien cinéma

Ce bâtiment blanc, que l’on voit au centre de l’image abritait, jusqu’à la période khmère rouge, un cinéma. Dans les années 1990 il fût transformé en ce que les Cambodgiens appelaient un « bar », un dancing local, l’ancêtre des « beer garden ». Très fréquenté par les militaires, on y trouvait également nombre de jeunes filles à la vertu tarifée.

Ce bâtiment art déco se situait à l’angle de l’avenue Sivatha (anciennement Sivutha), à droite, et de la route qui longe l’hôpital, au cœur de la ville, à gauche de l’image et qui mène au vieux marché. Dans les années 2000, il fût acheté par la banque Canadia qui s’empressa de le raser pour construire à la place cette bâtisse totalement en décalage avec le reste de l’architecture de ce centre ville. Le petit jardin qui fait face à l’entrée a été tout de même conservé. Il abrite un distributeur de billets.

Gestion de l’aménagement urbain

On le voit ici aussi, Siem Reap n’était pas une ville arborée hormis les cocotiers remplacés à partir de 2003. Une véritable politique de gestion de l’aménagement urbain lancée par l’Apsara, l’autorité en charge de l’aménagement de la région d’Angkor s’est mise en place à cette époque. Durant un temps, les policiers n’avaient de cesse de repousser les terrasses des bars et restaurants qui empiétaient sur la voie publique ; de demander à repeindre les façades si celles-ci n’étaient pas couleur jaune colonial ; et de faire supprimer les auvents fixes qui ombrageaient les trottoirs. Une volonté de sauvegarder le charme de l’ancien a un moment prévalu. Mais on le voit sur la droite de l’image, les anciens bâtiments qui ne dépassaient pas deux étages, ont presque tous été in fine rasés pour être remplacés par de nouveaux, munis d’un étage supplémentaire.

Trop de fils…

Dernière chose qui peut ne pas apparaître au premier coup d’œil : le nombre de câbles accrochés aux poteaux électriques. En 1998, date des deux premières photos, hormis la ligne électrique, il y avait quelques fils téléphoniques qui couraient dans le ciel. C’était absolument tout. Avec le développement d’Internet et de la fibre optique les nombreuses compagnies spécialisées ont investi les poteaux électriques et y ont accroché leurs lignes de fibre optiques. Lorsqu’un client se désabonne, la ligne n’est pas enlevée et elle vient s’ajouter à celles des nouveaux abonnés. En plus des câbles de télévisions. Un effort a été fait et dans certains secteurs de la ville tous les câbles, fibres et fils électriques ont été enterrés. Des travaux sont actuellement en cours pour poursuivre cette politique d’embellissement du centre, mais cela prend du temps. Et en attendant, certains pylônes électriques croulants sous les fils font la joie des touristes photographes…
F.A.

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