Construction : Carences en matière de sécurité et de formation

Selon le dernier rapport semestriel de la Banque nationale du Cambodge (BNC), le secteur de la construction devrait être l’un des principaux contributeurs de la croissance économique du Royaume, estimée à 7% cette année. L’industrie de la construction devrait être responsable de 11,5% de la croissance annuelle.

Chantier dans la périphérie de Phnom Penh. Photographie Christophe Gargiulo
Chantier dans la périphérie de Phnom Penh. Photographie Christophe Gargiulo

Carences

Cependant, de nombreux observateurs affirment que la sécurité et la formation dans l’industrie sont en deçà de ce qu’elles devraient être. Un rapport publié par la Fédération des syndicats du bâtiment et du bois révèle que seulement 40% des travailleurs de la construction considèrent leurs lieux de travail comme sûrs et sans risques d’accidents. Le secteur emploie plus de 200 000 personnes dans le Royaume.

Mesures

Toutefois, des mesures ont été prises pour rendre le secteur plus sûr. Compte tenu de l’énorme investissement international alimentant le boom actuel, il n’est pas surprenant que d’autres pays se soient mobilisés pour soutenir des initiatives de renforcement de la sécurité sur les chantiers. En outre, la pénurie de main-d’œuvre dans l’industrie de la construction soulève de plus en plus de préoccupations auprès des pays patrons pour renforcer les ressources humaines.

Combler les lacunes

Malgré les carences en matière de sécurité et de formation, le secteur de la construction offre encore des opportunités de travail à des centaines de milliers Cambodgiens. Certains émettent l’hypothèse que l’industrie serait une passerelle permettant aux travailleurs ruraux d’être mieux intégrés dans l’économie du Royaume.

Secteur florissant avec du potentiel

Chrerk Soknim, PDG de Century 21 Mekong, déclare que le secteur de la construction a été et reste l’un des principaux moteurs de l’économie du Royaume. En plus d’employer de nombreux travailleurs de la construction, l’industrie fait également travailler en amont ceux qui fabriquent et vendent des matériaux de construction tels que briques, ciment et sable.

Soknim ajoute qu’il voit plus de potentiel pour les travailleurs cambodgiens dans le secteur florissant de l’immobilier. L’augmentation des ressources humaines permettrait aux gens de se diversifier dans des domaines plus axés sur les compétences telles que l’architecture.

«Normalement, les travailleurs peu qualifiés gagnent entre 8 et 20 dollars par jour», indique-t-il, ajoutant que le fait de réduire le déficit de compétences pourrait amener les jeunes travailleurs à des carrières plus lucratives et aider ainsi à renforcer la croissance.

Jeune femme vivant avec sa famille sur un chantier jusqu'à l'achèvement des travaux
Jeune femme vivant avec sa famille sur un chantier jusqu’à l’achèvement des travaux. Photographie Christophe Gargiulo

On oublie souvent que beaucoup de femmes travaillent dans le secteur de la construction. Beaucoup occupent des emplois sur les chantiers et ont les mêmes préoccupations en matière de sécurité. CARE Cambodia, une ONG spécialisée dans la lutte contre la pauvreté chez les femmes et les enfants, constate que 92% des femmes du secteur ont reçu moins d’une heure de formation…

CARE

«CARE au Cambodge entretient des relations étroites avec le ministère du Travail et de la Formation professionnelle pour promouvoir l’égalité des sexes et les droits des travailleurs dans les secteurs du vêtement et de la construction… Jusqu’à présent, 3 000 travailleuses connaissent leur droit du travail et sont en mesure de réclamer des équipements de sécurité », rappelle Kalyan Rath, responsable de projet pour les droits du travail chez CARE.

Obtenir de l’aide

En septembre, des représentants du gouvernement japonais ont annoncé qu’ils continuent à soutenir un programme axé sur le renforcement des normes de sécurité. Le projet, qui bénéficie également du soutien de l’Organisation internationale du travail (OIT), poursuit quatre objectifs : renforcer les inspections sur les chantiers de construction et mettre en place un cadre juridique et des réglementations régissant le secteur de la construction. Dans le cadre du projet, il est prévu plus d’inspections sur site et les travailleurs de la construction et leurs employeurs devront suivre des cours de sécurité.

Initiatives

L’Union Européenne (UE) et la Corée ont également soutenu des initiatives visant à renforcer les normes de sécurité dans la construction. Selon Marta Nevas Abrantes, assistante commerciale auprès de la délégation de l’UE au Cambodge, l’UE travaille en étroite collaboration avec le gouvernement cambodgien pour améliorer la sécurité sur les chantiers de construction du pays.

Institut cambodgien-coréen de technologie de la construction

Le gouvernement coréen a récemment annoncé son intention de construire un institut cambodgien-coréen de technologie de la construction (C-KICT). C-KICT a pour principal objectif d’améliorer les normes relatives à l’infrastructure et à la construction.

La croissance elle-même a déjà incité à renforcer la sécurité des chantiers de construction du pays. Acted, une ONG humanitaire française opérant au Cambodge, révèle dans une étude de cette année que les travailleurs des plus gros projets immobiliers proposent de bien meilleures conditions de travail que les chantiers de petite taille.

Avec www.realestate.com.kh

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