Chronique : Siem Reap d’hier et d’aujourd’hui, le vieux marché (2)

Ces deux séries d’images prises à Siem Reap en 1998 pour les premières, dans le courant des années 2000 pour les secondes puis tout récemment pour les dernières, sont prises autour du vieux marché.

Marché populaire

Ce marché est toujours prisé pour ses légumes, viandes, poissons et produits de premières nécessités par les Cambodgiens. S’il est bien plus petit que le Psah Loeu, le grand marché du Nord situé sur la route en direction de Phnom Penh, le vieux marché a su s’adapter au tourisme tout en gardant sa fonction première. Les touristes qui y trouvent, surtout le soir, les identiques souvenirs qu’on chine sur tous les nights markets de la ville, aiment à déambuler en matinée entre les étals de produits frais. Longtemps fermées à partir de 17 heures, les boutiques pour touristes du vieux marchés se sont adaptées à la concurrence et restent désormais ouvertes jusque tard dans la nuit.

Le Vieux Marché de Siem Reap
Le Vieux Marché de Siem Reap

Changements

A la fin des années 1990, il restait quelques terrains inoccupés tout autour. Sur la première série d’images le photographe se tient sur le bord de la rivière et à sa droite, nous voyons d’abord ce terrain vide et le marché au second plan. Sur la deuxième photo, un bâtiment a fait son apparition au premier plan. Ce bâtiment ne ressemble en rien à ceux qui se trouvent dans ce quartier. Chose étonnante, ni l’autorité qui gère le développement de la ville, ni la municipalité se sont opposés à sa construction (sous cette forme) alors même qu’à cette époque un effort tout particulier était fait pour maintenir une certaine unité dans ce centre historique. Mais il est vrai que les propriétaires de ces bâtiments ou jadis de ces terrains sont des personnages influents de la ville…

Le Vieux Marché de Siem Reap
Le Vieux Marché de Siem Reap

Noms de rues…

Sur la deuxième série d’images apparaît un bâtiment qui fait l’angle de la rue qui longe le marché vers la banque FTB à gauche et de celle qui, à droite, rejoint l’avenue Sivatha en passant devant l’hôpital provincial. Dans les années 1990, plusieurs commerces se partageaient cette bâtisse dont un bijoutier. Il est devenu par la suite un restaurant avec spectacle d’Apsara à l’étage, puis a successivement changé de locataire et est toujours un bar-restaurant.

Sur ces deux séries d’images on aperçoit deux plaques de nom de rue (en bleu). Chose rarissime à Siem Reap ! En effet, hormis une poignée de rues et allées en centre-ville ainsi que certaines avenues, personne n’a jamais jugé bon de nommer toutes les rues. Parfois, lorsqu’une personnalité décède, son nom est donné à l’une d’elle. Ce fût le cas tout récemment avec la disparition de deux architectes, Vann Molyvan et Tep Vattho, qui ont désormais respectivement une allée et une rue à leurs noms dans la cité des temples. Mais c’est à peu près tout.

Si Pub Street s’appelle ainsi c’est qu’il a bien fallu lui trouver un nom ! Les Français auraient bien aimé « Rue de la Soif », mais c’est l’anglais qui a gagné. Dommage, diront certains.

Mais il reste encore des tas de rues à nommer sur Google Map qui en donne la possibilité à ceux qui le désirent. Il suffit de maîtriser un tant soit peu l’outil informatique. D’ailleurs de nombreux petits malins ont déjà donné leur nom ou celui de leur commerce à la rue qui passe devant chez eux ! Ainsi on trouve des noms de restaurants : « A la carte avenue », « George’s Lane » et des noms d’hôtels « Bamboo street », « Palm Street », « Men’s road », « Heritage road », « Peach Palace lane », etc.
Et même des noms originaux et en Français dans le texte comme cette « avenue du Polonais » et cette « route du petit pont » pour ne citer qu’elles… Une situation unique dans le monde. Mais Siem Reap n’est pas à une originalité près…
F.A.

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