PNUD – Forum : Innover dans la gestion des déchets solides au Cambodge

Le monde est rapidement enterré dans les déchets solides. Le plastique obstrue nos cours d’eau. Les décharges se remplissent plus rapidement que jamais dans les pays du monde entier. Nous trouvons même du plastique emprisonné dans les glaces de l’Antarctique.

PNUD - Forum : Innover dans la gestion des déchets solides au Cambodge
PNUD – Forum : Innover dans la gestion des déchets solides au Cambodge

Cambodge

Au Cambodge, l’élimination des déchets solides dans les décharges municipales a considérablement augmenté, passant de 318 000 tonnes par an en 2004 à 1,5 million de tonnes en 2017, selon le ministère de l’Environnement. Cette situation est particulièrement alarmante dans les grandes villes, telles que Phnom Penh, qui produit 2 300 tonnes de déchets par jour.

Pour ce forum, le Programme des Nations Unies pour le développement a réuni des experts en gestion des déchets solides, des entreprises du secteur privé, des jeunes, des avocats et des représentants du gouvernement royal du Cambodge afin de former une équipe qui s’attaque à ce problème croissant.

Rapports alarmants

”…Les rapports récents sur les matières plastiques dans notre eau potable sont extrêmement alarmants. La réunion d’aujourd’hui est opportune et encourageante, mais j’appelle vivement toutes les personnes concernées à agir ensemble et à se joindre à nous pour lutter contre les déchets et le plastique. Les enjeux n’ont jamais été aussi importants pour atteindre les objectifs de développement durable et sauver notre planète…”, a déclaré Nick Beresford, directeur de pays du PNUD, lors du forum.

Mais il peut y avoir une solution à notre problème de déchets solides. En regardant de plus près, nous constatons que plus de 90% de tous les déchets sont constitués de matériaux recyclables. Et le volume de matériaux recyclables augmente également chaque année.

L’un des moyens de lutter contre le développement du Cambodge serait d’adopter l’approche de l’économie circulaire. Ce nouveau concept a suscité un soutien dans le monde entier, notamment pour la création de villes durables et plus vertes. Une économie circulaire vise à réduire les niveaux de méthane, l’une des principales émissions de gaz à effet de serre du secteur des déchets.

Bunrith Seng est considéré comme l’un des meilleurs experts en gestion des déchets au Cambodge, avec dix ans d’expérience en conseil, recherche et enseignement sur ce sujet. Il est actuellement consultant principal au PNUD et enseigne la gestion de l’environnement et des ressources en eau à l’ITC. Auparavant, il aura  été consultant sur divers programmes ou initiatives de gestion des déchets pour différentes organisations et ONG. Son expérience comprend également un poste de spécialiste des opérations à CINTRI, la société de collecte de déchets opérant actuellement à Phnom Penh, Battambang et Kampong Cham.
Quantités
Bunrith rappelait d’abord les principaux centres urbains producteurs de déchets, avec à l’évidence, Phnom Penh en tête. La capitale est devenue aujourd’hui l’une des premières villes productrices de déchets en Asie avec 1,3 kg de déchets produits chaque jour par habitant. Ce score la place devant Tokyo (1,08 kg), Hanoï (1 kg), Singapour (0,96 kg) et Beijing (0,85 kg), mais aussi devant Dhaka, Katmandou, Yangoon et Vientiane. Plus révélateur sera l’évolution des volumes de déchets, passant de 397 311 tonnes en en 2006 à 1 226 620 tonnes en 2016 soit près de trois fois plus en dix ans.

Phnom Penh

Phnom Penh produisait autant de déchets que le reste du pays en 2006, la production de déchets de la capitale est devenue équivalente à la moitié des déchets produits sur l’ensemble du royaume, signes d’une urbanisation galopante et, logiquement, d’une production de déchets qui ne risque pas de décroître dans les années à venir. Si les ordures ménagères tiennent le devant de l’actualité, ce ne sont pas les seules catégories de déchets pour lesquels les statistiques montrent des courbes à l’ascendance régulière impressionnante. Les volumes de déchets d’origine médicale ont triplé passant de 151 341 kilos en 2006 à 450 953 kilos en 2016. Quant aux déchets industriels, ils étaient de 172 511 mètres cubes en 2004, ils sont aujourd’hui de 206 690. Quant aux répartitions des compositions des déchets : ceux d’origine organique dominent dans les provinces alors que les plastiques sont devenus aussi importants dans la capitale que dans le reste du pays.

Recyclage

Quant à l’activité de recyclage, elle concernait 135 5078 tonnes en 2010, elle représente aujourd’hui 270 213 tonnes. Rappelons que le traitement des déchets recyclables en grandes quantités n’est pas effectué sur le territoire, les déchets sont collectés et revendus vers la Chine, la Thailande, la Corée du Sud, Singapour, la Malaisie et le Vietnam. Parmi ces déchets, les papiers et plastiques sont les plus importants en volume, 12 400 et 14 634 tonnes (chiffres 2014) suivis des cuivres, du fer, de l’aluminium et des bouteilles en verre.

Difficultés de la collecte et du traitement

Les difficultés sont multiples pour la gestion des déchets et Bunrith Seng en avait expliqué quelques-unes lors d’un précédent forum, en soulignant les efforts entrepris pour améliorer les services rendus au public. Bunrith soulignera en premier lieu la difficulté, pour Cintri dans Phnom Penh par exemple), de discipliner les chauffeurs, le public, les commerçants ambulants et les équipes de chiffonniers, plus techniquement ”référencés” comme recycleurs informels dans le jargon technique. ”…Lorsque j’étais en charge des opérations chez Cintri, nous avons établi des rotations extrêmement précises, avec des quotas à respecter lors des tournées de camions, privilégié des mesures de sécurité pour nos équipes et favorisé les circuits de nuit pour éviter les embouteillages…mais tout n’a pas été concluant…”, explique l’expert.

Economie circulaire

”…Au-delà du modèle actuel de prise de décision, une économie circulaire vise à redéfinir la croissance en mettant l’accent sur les avantages positifs pour l’ensemble de la société…”, a expliqué le Dr Moeko Saito Jensen, chef de l’unité des politiques et conseiller en environnement du PNUD.

L’économie circulaire consiste à découpler progressivement l’activité économique de la consommation de ressources finies, et s’efforce de concevoir les déchets hors du système. Soutenu par une transition vers les sources d’énergie renouvelables, le modèle circulaire crée un capital économique, naturel et social. Elle repose sur trois principes :

  1. Réduire : éliminer les déchets et la pollution;
  2. Réutilisation : garder les produits et les matériaux en usage; et
  3. Recycler : régénérer les systèmes naturels

Il y a quelques semaines, le deuxième Forum mondial sur l’économie circulaire s’est tenu au Japon. Ce forum a réuni plus de 1 000 participants de plus de 80 pays, y compris la délégation gouvernementale du Cambodge.

«Le gouvernement royal du Cambodge est résolu dans notre objectif commun d’atteindre les objectifs de développement durable d’ici 2030. Nous nous félicitons des moyens nouveaux et novateurs de relever les défis de la gestion des déchets et sommes impatients de collaborer avec de nouveaux partenaires», a déclaré H.E. E Vuthy, secrétaire général adjoint du secrétariat du Conseil national du développement durable (NCSD).

Haut de page