Culte : Le premier temple bahaï à Battambang

On estime à 6 millions le nombre de baha’is dans le monde, dont plusieurs milliers au Cambodge, où la religion a pris sa place dans les années 1920, déclare Hou Sopheap, directeur du Baha’i House of Worship.

Battambang

Il y a environ 150 ans, la religion bahaïe est née en Iran. Cela en fait l’une des plus jeunes religions du monde. L’année dernière, le premier temple baha’i a ouvert ses portes dans la province de Battambang. Des centaines de fidèles s’y rassemblent régulièrement.

Le premier temple baha’i a ouvert ses portes dans la province de Battambang
Le premier temple baha’i a ouvert ses portes dans la province de Battambang

Les bahaïs croient en l’unité de Dieu, de la religion et de l’humanité et que ces principes fondamentaux sont révélés par des messagers divins, ou des prophètes.

Hou Sopheap, directeur de la Maison de culte baha’i, explique que le temple a été créé pour promouvoir aussi le respect de toutes les religions.

Hou Sopheap, directeur de la Maison de culte baha’i
Hou Sopheap, directeur de la Maison de culte baha’i

”…Le temple est construit pour l’unité des différentes religions. Pour montrer que toutes les religions sont accueillies dans ce temple sacré sans discrimination…”, déclare-t-il.

Il ajoute que la province de Battambang a été choisie en raison de la réceptivité de la population et des autorités locales. Situé au milieu de rizières à environ sept kilomètres du centre-ville de Battambang, le temple est construit sur neuf côtés pour représenter Bahá’u’lláh, le neuvième messager de Dieu.

Ing Sothearat

Ing Sothearat, 25 ans, est une fidèle adepte de la foi bahaïe. Elle a passé plus de six ans à étudier ses textes. À l’âge de 18 ans, elle a été initiée à la religion baha’i par le biais d’ateliers animés par des adeptes baha’is.

Ing Sothearat, fidèle adepte de la foi bahaïe
Ing Sothearat, fidèle adepte de la foi bahaïe

”…Si je n’avais pas étudié la spiritualité et ses effets sur la société, je ne serais peut-être pas moi-même à présent, car certains de mes amis trainent, boivent inconsidérément, etc. Alors, je suis heureuse où je suis maintenant…”, déclare-t-elle. Elle a lu les sept textes fondamentaux de l’étude baha’is et a découvert que le cinquième livre, qui parle de l’adolescence, avait un impact positif sur elle.

”…Je pense que c’est très spécial. Ces textes enseignent aux jeunes comment apprendre à révéler leurs talents. Le livre vise à aider les jeunes à utiliser leurs talents pour réaliser leurs rêves. Je vois que c’est important parce que les gens de ma communauté ne semblent pas savoir ce qu’ils veulent faire de leur vie…”

Sothearat, qui était à l’origine bouddhiste, a déclaré que sa foi ne lui interdisait pas d’observer d’autres pratiques religieuses qui, selon elle, étaient importantes pour sa famille et sa communauté.

”…La religion ne nous interdit pas d’aller dans une pagode. Alors, quand mes parents m’ont demandé de les rejoindre à la pagode lors de Pchum Ben… Je peux encore y aller. Tant que j’y vais avec respect…”, dit-elle.

Elle avance que la religion bahaïe lui a appris que l’éducation spirituelle a tendance à manquer. Tandis que l’enseignement universitaire met l’accent sur les questions matérialistes, la foi baha’i souligne l’importance de la spiritualité.

San Sopheak

San Sopheak, un coordinateur bahaï de la province de Takeo, s’est immergé de la même manière dans la religion bahaïe il y a environ 12 ans.

Il dit qu’il est devenu plus charitable depuis qu’il est devenu disciple de Bahá’u’lláh après avoir développé un amour pour l’enseignement. ”…La religion nous enseigne que spiritualité et science vont de pair…”, déclare-t-il, ajoutant que :  ”…Lorsque vous croyez en cette religion, vous sentez que toutes les religions sont les mêmes et mènent le monde comme une famille, une société, une fraternité…”

Sopeap, le directeur du temple, espère que davantage de temples pourront être construits dans d’autres régions du Cambodge et que le temple de Battambang pourra se développer “…pour servir la population avec un centre de formation, des écoles pour enfants, une université et des foyers pour personnes âgées…”, dit-il.

Avec Voa Khmer – Photographies par Rithy Odom

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