Arts : Channa Chhum, la vie au bout du pinceau

« My life », par Channa Chhum

Depuis sa fondation il y a deux ans, le Mirage n’a cessé d’agiter le milieu culturel de Siem Reap. Ce lieu cher aux artistes, géré par 6 passionnés aux talents éclectiques, se définit comme un incubateur de créativité à destination des artistes. Centré sur la mise en valeur de l’art et de la culture khmers, la galerie est aussi un point de rencontres et d’échanges où les créateurs peuvent trouver les conseils et la visibilité qui leur sont nécessaires.

Channa Chhum, la vie au bout du pinceau
Channa Chhum, la vie au bout du pinceau

Malgré l’enthousiasme de ses fondateurs, un handicap majeur empêchait au Mirage d’atteindre ses ambitions : un bâtiment trop exigu limitait le nombre d’œuvres exposées ainsi que l’affluence des visiteurs. Le problème est maintenant résolu, puisque ce sont les tout nouveaux locaux de l’association qui ont inauguré vendredi 16 novembre l’exposition « My life » de l’artiste cambodgien Channa Chhum.

L’aquarelle à fleur d’eau

Le peintre aquarelliste y expose jusqu’au 10 décembre deux séries de tableaux qui caractérisent son œuvre tant passée que présente. La première, exécutée en 2017, rend hommage aux villages lacustres du Tonlé Sap par une suite de peintures aux traits particulièrement délicats, qui sont autant de reflets de la vie quotidienne khmère. Un travail certes magnifique, mais trop classique aux yeux de l’artiste, qui s’est recentré depuis sur la représentation d’une nature flamboyante.

Hommage aux villages lacustres du Tonlé Sap
Hommage aux villages lacustres du Tonlé Sap

Les feuillages y sont à l’honneur, dans une palette où les nuances de vert semblent infinies. C’est le rapport à la nature, plus que sa simple représentation, qui intéresse l’artiste issu des bancs de Phare Ponleu Selpak. C’est au sein de cette association que Channa Chhum s’est formé à l’art de la peinture, dont il est sorti en 2015 avec une spécialisation d’aquarelliste.

Remise en question

A 33 ans, Channa Chhum entend continuer à explorer les multiples facettes d’une nature qui ne cesse de l’émerveiller, tout en suscitant un cortège d’émotions : « Chaque peinture de cette série est liée à l’histoire de ma vie personnelle », déclare l’artiste originaire de Battambang. Toutes les œuvres rendant hommage à cette nature protéiforme et fascinante ont été réalisées cette année.

Une telle remise en question de son art n’effraie pas ce peintre au talent déjà bien établi et qui a exposé à de multiples reprises à Siem Reap, Battambang et Phnom Penh. « La direction que j’ai prise est devenue beaucoup plus personnelle, la lente croissance de la nature rentrant en résonance avec le rythme lent de ma vie. Je vois dans ces arbres et ces feuillages une source inépuisable de connaissance. »

« My Life », jusqu’au 10 décembre au Mirage Contemporary Art Space, Oknha Oum Chhay Street, Siem Reap. De 11h à 19h.

Texte et photographies par Rémi Abad

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