Social : Confusion sur la mesure de l’indice de pauvreté

Le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) au Cambodge aurait «présenté des excuses» au gouvernement cambodgien pour avoir publié des statistiques sur la pauvreté présentant un indice presque trois fois plus élevé que les estimations officielles.

NDLR : Il n’est pas si rare que les mesures d’indice de pauvreté (ou autre) fassent l’objet de contradictions. Pour plusieurs raisons : Chaque organisme a sa propre méthode de calcul, celle de l’UNDP par exemple est différente de celle de la banque mondiale. Et, les pays développés ont tendance à utiliser des critères plus ”généreux” dans leur mesure que les pays en voie de développement. Il n’y a donc rien d’extraordinaire dans cette polémique. L’indice de pauvreté multidimensionnelle a dix indicateurs : deux pour la santé, deux pour l’éducation et six pour le niveau de vie.

Indice de pauvreté multidimensionnelle

Pauline Tamesis, coordinatrice résidente des Nations Unies au Cambodge, aurait présenté ses excuses à Son Excellence Chhay Than, ministre de la Planification, lundi, lors d’une réunion. Le mois dernier, le PNUD et l’Initiative Oxford pour la pauvreté et le développement humain ont publié l’indice mondial de pauvreté multidimensionnelle, qui estime que plus du tiers des Cambodgiens vivent dans la pauvreté.

Une jeune d'un bidonville à sa ”fenêtre”
Une jeune d’un bidonville à sa ”fenêtre”

L’approche adoptée par les rédacteurs du rapport prend en compte la santé, l’éducation et le niveau de vie des personnes, ainsi que le revenu. Le revenu est toutefois la seule mesure utilisée par le gouvernement dans ses propres calculs. La formule du PNUD a été recommandée dans les objectifs de développement durable des États-Unis.

Colère du gouvernement cambodgien

Cette mesure de la pauvreté a provoqué la colère du gouvernement cambodgien, qui a affirmé réussir à endiguer la pauvreté au Cambodge. Dans une lettre adressée la semaine dernière au directeur de pays du PNUD, Nick Beresford, S.E. Chhay Than a déclaré qu’il avait découvert «avec grande surprise» la couverture médiatique sur l’indice de  pauvreté.

”…Je suis très troublé par le fait que, sans consultation préalable du gouvernement avant sa publication, le PNUD a publié cet indice national de pauvreté … fondé sur un nouveau concept, la pauvreté multidimensionnelle, qui n’a pas été officiellement encore officialisé par le gouvernement…”, a-t-il écrit.

Confusion

Le ministre de la Planification a ajouté que les nouvelles données sur la pauvreté fournies par le PNUD créeraient une “confusion pour le public, peu au fait des subtilités statistiques” et remettent en cause la crédibilité du chiffre officiel avancé par le gouvernement.

Le taux officiel de pauvreté est de 13,5%, ce qui inclut, pour le gouvernement, uniquement les personnes gagnant moins de 1,90 dollar par jour.

“…En fin de compte, la publication de ces informations pourrait avoir un effet néfaste sur le succès obtenu par le gouvernement dans la réduction de la pauvreté au Cambodge…”, a ajouté le ministre.

Déclaration commune

Le premier jour des vacances de Pchum Ben, S.E. Chhay Than a rencontré Madame Tamesis pour discuter de la question avant de rédiger une déclaration commune affirmant que l’indice de pauvreté multidimensionnelle avait été établi par le Bureau du Rapport sur le développement humain «indépendant» du PNUD.

«Ces mesures sur la pauvreté multidimensionnelle ne sont pas comparables à la pauvreté des dépenses de consommation et offrent un indicateur distinct et complémentaire», indique la déclaration conjointe.

”…À l’avenir, le taux de pauvreté au Cambodge, mesuré sur la base du concept de dépense de consommation à l’aide des données de l’Enquête socio-économique du Cambodge, restera le chiffre officiel du gouvernement royal du Cambodge en matière de pauvreté…”, ajoute le communiqué.

Bien que le communiqué conjoint ne cite pas d’excuses, le ministère du Plan a publié un communiqué de presse séparé dans lequel il était indiqué que le chef de l’ONU au Cambodge “…s’est excusé auprès du gouvernement royal du Cambodge après une vive réaction du ministère du Plan…”.

Avec VOA

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