Phnom Penh – Photographie : Un festival au goût de tout le monde

Phnom Penh accueille son 9ème Festival de Photographie cette année. Pour une durée d’un mois à partir du 5 octobre jusqu’au 5 novembre, le festival propose des expositions de photographes européens et asiatiques dans divers lieux dans la ville.

Les artistes exposés cette année abordent à travers le médium photographique des problématiques de la société actuelle. Comme le rapport entre l’homme et la Nature ou bien le questionnement identitaire.

Christian Caujolle, directeur artistique du festival photo.
Christian Caujolle, directeur artistique du festival photo.

Mais aussi, « beaucoup de travaux d’artistes du festival traitent du changement climatique » précise Christian Caujolle, directeur artistique de l’événement photo. « La nouvelle photographie cambodgienne est très diverse, avec un très bon niveau. Il y a une belle créativité», raconte-il avec passion.

Tour en tuk tuk organisé par PPP
Tour en tuk tuk organisé par PPP

Expositions

Au programme : 9 lieux d’exposition, 8 artistes asiatiques dont 4 photographes khmers. 3 photographes français et 3 photographes européens. Certains lieux se trouvant plus éloignés que d’autres, il faudra prévoir une après-midi afin de profiter de la totalité des œuvres présentées.

Exposition  du photographe Daesung Lee au lycée Preah Sisowath.
Exposition du photographe Daesung Lee au lycée Preah Sisowath
Exposition du photographe Yoshinori Mizutabni à la galerie X-em
Exposition du photographe Yoshinori Mizutabni à la galerie X-em

Volontaires

Ce samedi, près de 200 personnes sont venues visiter les expositions en intérieur et en extérieur du festival pendant la tournée des expositions en tuk tuk. Parents et enfants en sortie culturelle, jeunes étudiants, expatriés et cambodgiens amoureux de photographie. Se mêlant à la foule, un grand nombre de jeunes volontaires nous guident tout le long de l’après-midi.

Des bénévoles du festival Photo Phnom Penh.
Des bénévoles du festival Photo Phnom Penh

Mak Remissa

Après quelques visites dans différents lieux, nous sortons de l’exposition au Centre d’art contemporain Sleuk Rith. Un petit attroupement s’extasie sur les travaux de Mak Remissa. « Ah j’ai tout aimé, il y a un réel travail artistique dans le sens où il y a un montage, il nous transporte dans un univers bien à lui.

On voit effectivement qu’il crée des contes par la suite, on le ressent dans ses photographies. C’est touchant, il y a l’univers de l’enfance qui se ressent dans son œuvre. Il y a beaucoup de violence et en même temps il y a énormément de douceur dans le choix des couleurs…C’est poétique » explique une professeure du lycée Descartes.

Exposition du photographe Watsamon Tri Yasakda au Java Creatvie Cafe
Exposition du photographe Watsamon Tri Yasakda au Java Creative Café

Java Creative Café

Au Java Creative café, les visiteurs ayant profité du tour en tuk tuk proposé par le festival se mêlent aux clients du lieu. Sur les murs, des portraits de jeunes garçons en uniformes. Le photographe nous donne à voir une jeunesse thaïlandaise qui a voulu s’exprimer librement, un questionnement sur la place de la communauté LGBT en Thaïlande et en Asie du Sud-Est. « J’aimerais avoir plus d’artistes khmers qui parlent de ce sujet là » raconte Bunty, un étudiant venu visiter l’expo avec son compagnon. « Les cambodgiens n’apprécie pas assez l’art », ajoute t-il.

Exposition du photographe Charles Fréger sur les murs de l’ambassade de France
Exposition du photographe Charles Fréger sur les murs de l’ambassade de France

Koh Pich

Au détour d’une exposition à Koh Pich, un des chauffeurs de tuk tuk se prend en photo devant une des oeuvres de l’artiste chinois Yan Ming. « J’ai aimé les photographies devant l’ambassade de France » confie-t-il. « Il y a beaucoup d’images étonnantes, avec des coiffes originales et j’apprécie que les personnages évoluent dans des champs ».

Exposition du photographe Yan Ming à Koh Pich.
Exposition du photographe Yan Ming à Koh Pich.

« Ce qui m’a le plus intrigué, c’est la photographie d’Alexey Shlyk où l’on voit un jeune homme coiffé de lunettes faites en bouteille de plastique. Je la trouve assez insolite et la photo en elle même est magnifique », dit un volontaire lors de notre arrêt sur le dernier lieu d’exposition.

Michael Vickery

« Moi j’aime les images de Michael Vickery. Tout d’abord parce qu’il s’est beaucoup intéressé à notre pays. Et d’ailleurs, il a passé ses derniers jours à Battambang. Mais aussi, j’apprécie le fait qu’il ait documenté la société cambodgienne des années 1960» rapporte une autre jeune volontaire de l’exposition.

Chaque année, plus d’une centaine de volontaires s’affaire pour organiser et assurer le bon fonctionnement du Festival Photo de Phnom Penh, certains viennent de l’Institut Français mais la plupart de ces volontaires sont des jeunes des lycées et collèges alentours. La jeune génération ne connaît cette tragique époque qu’à travers les histoires de leurs aînés et découvrir en images des clichés d’époque fut donc une première pour la plupart d’entre eux.

Texte et photographies par Marie Srey-Lys Joanny.

Haut de page