Parcours : Socheata Nguon, grandir et apprendre

Socheata Nguon, 33 ans, est une femme pleine de détermination. D’abord vendeuse dans une maison d’impression puis serveuse dans un café, elle a gravi une à une les marches pour arriver à son poste actuel, chef de l’approvisionnement chez Thalias Hospitality.

Socheata Nguon, 33 ans, pleine de détermination
Socheata Nguon, 33 ans, pleine de détermination

CM : D’où venez-vous ?

Je viens de Phnom Penh. Je suis née ici, ai grandi ici et y ai fait mes études. J’ai obtenu un Bachelor de l’Université nationale de Management. Mais en même temps que mes études, je travaillais en tant que responsable des ventes pour avoir de l’expérience, à la Modern Printing House. J’y suis restée pendant six mois. Je n’avais pas de salaire, juste un dédommagement pour payer le gaz et mon abonnement téléphonique. J’ai ensuite démissionné, car ce n’était pas vraiment en lien avec mes études et ce que je voulais faire de ma vie. J’étudiais en effet la comptabilité…

Puis, j’ai recommencé à travailler. J’ai postulé pour un café, le “Tea & coffee”. Je n’y ai finalement travaillé que trois jours ! J’avais postulé pour être caissière… Mais mon travail consistait en réalité plus à faire du service ou parfois même le ménage. Mes parents n’ont pas accepté que je fasse cela. Ils pensaient que je ne retirerais aucune expérience de ce poste. Je me souviens d’un jour où des amis de mes parents sont venus au café. Ils savaient qui j’étais mais ils ont fait comme s’ils ne me connaissaient pas… Tout simplement car j’étais serveuse.

CM : Puis, vous avez commencé à travailler chez Thalias…

Oui. À ce moment, en 2005, Arnaud Darc, CEO de Thalias et Lina Hak, directrice générale du Topaz, restaurant du groupe Thalias, sont venus au café, un jour. Arnaud Darc m’a un peu parlé et a voulu savoir si je souhaitais changer de travail. Il m’a alors proposé un poste chez Thalias. Mais mes parents n’étaient toujours pas d’accord pour que je sois caissière. Mais, une semaine plus tard, j’ai reçu un appel de Lina. Elle m’a demandé pourquoi je ne postulais pas à un poste disponible.

J’ai tout de suite préparé mon CV et suis passée au Malis, autre restaurant du groupe qui allait ouvrir. Ils m’ont alors dit qu’ils voulaient que je les rejoigne en tant qu’hôtesse. Mais ce n’est qu’un petit boulot à faire le soir, donc ce n’était pas ce que je recherchais. Donc Arnaud Darc m’a demandé ce que je voulais vraiment faire. J’ai répondu que je voulais travailler aux bureaux, et il a accepté. J’ai donc été embauchée chez Thalias, le 23 novembre 2005.

CM : Avez-vous occupé le même poste, depuis ?

J’ai d’abord été agent administratif au Topaz, puis ai eu un mi-temps et ensuite ai commencé à travailler, en même temps, en tant que caissière au Mali’s, le soir. J’avais donc deux jobs, un au Topaz et un au Malis.

Puis nous avons eu notre propre boucherie au Topaz. J’ai donc aussi un peu travaillé en tant qu’agent administratif pour la boucherie. Ensuite, nous avons eu une boulangerie pour approvisionner les deux “Café sentiment”, un sur Monivong et l’autre au Soryana Mall. Je contrôlais aussi tous les stocks de la boulangerie, tels que le matériel d’emballage… J’ai donc dû faire le travail administratif de plusieurs magasins à la fois.

Je suis par la suite devenue comptable pour le groupe, Manco, avant que cela ne devienne Thalias. Deux ans plus tard, le contrôleur financier du groupe a démissionné, j’ai donc été promue chef comptable. C’était beaucoup plus lié à ce que j’avais étudié. Mais je me suis un peu ennuyée. En effet, c’était un travail compliqué. Il faut beaucoup se concentrer sur les chiffres, c’est très strict. Mais il n’y avait pas d’autre poste disponible, donc j’ai dû continuer en tant que comptable jusqu’à ce qu’ils en trouvent un autre. C’est ce qui a fini par se passer, j’ai donc pu devenir directrice administrative. À ce moment-là, je faisais énormément de choses très différentes. Ça m’a d’ailleurs semblé un peu flou ! Mais Arnaud Darc m’a alors demandé à nouveau ce que je voulais vraiment faire, si je voulais encore changer de poste.

Que lui avez-vous répondu, cette fois ?

C’est très compliqué car à ce moment, je me considère comme étant encore une enfant et j’étais face à mon patron. Je lui ai donc répondu “Je ne sais pas”… Il m’a alors dit que je serais promue à un poste plus important… “Impossible”, me suis-je dit ! Mon supérieur à ce moment était un modèle pour moi, de par son honnêteté et son travail. Je ne me voyais pas du tout le surpasser. Mais il a en fait eu une autre opportunité dans une autre entreprise, c’est comme ça que je suis arrivée là. Je n’avais aucune expérience extérieure pour ce métier, j’ai grandi et appris ici. Je pense qu’Arnaud Darc a senti qu’il pouvait me faire confiance, et qu’il m’a poussée à faire de mon mieux à chaque fois…

CM : Que faites-vous aujourd’hui ?

Je suis chef de l’approvisionnement du groupe Thalias. Je m’occupe donc des achats et de la logistique. Tout ce que l’entreprise a besoin d’acheter, c’est par moi que l’achat passe et je vérifie que tout est en ordre. J’aime beaucoup ce travail. En effet, la comptabilité était très ennuyante. Je restais dans mon bureau, devant des chiffres. En s’occupant des achats, on est toujours confronté à quelque chose de nouveau. Il faut trouver de nouveaux produits, ou plus….

Pourquoi êtes-vous autant attachée à Thalias ?

Nous avons un très bon directeur qui prend soin de tous les employés. Il se soucie des gens. C’est pour cela que je suis restée aussi longtemps dans l’entreprise !

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