Cambodge – Tradition : Pchum Ben, tradition du Royaume

Regroupements familiaux, affluences dans les pagodes, le Cambodge vit actuellement au rythme de Ka Ben, cérémonies précédant Pchum Ben. Surnommée Fête des morts ou Toussaint cambodgienne par les occidentaux, Pchum Ben est bien plus que cela pour les Cambodgiens.
Phnom Penh à l’heure du festival Ka Ben. Photo par Christophe Gargiulo
Phnom Penh à l’heure du festival Ka Ben. Photo par Christophe Gargiulo

Prachum et Benda

Tradition qui remonte à plusieurs siècles, Pchum Ben est considérée comme la manifestation traditionnelle la plus importante de l’année après Chaul Chhnam (Fête du nouvel an). Pchum Ben est célébrée au Cambodge mais aussi par les différentes diasporas khmères à travers le monde. L’origine du mot Pchum Ben est une contraction des termes Prachum (se réunir ) et Benda (faire des offrandes).

Fête des morts

Pchum Ben est, dans la religion bouddhiste theravāda khmère, l’équivalent de la fête des morts chez les chrétiens. Cette coutume remonterait à l’antiquité, alors que les Cambodgiens convertis au Brahmanisme croient qu’après la mort, l’Âtman, l’âme de chacun, erre à travers le cycle de l’océan et se réincarne. De nos jours, les Cambodgiens continuent de croire que, même si la plupart des créatures terrestres se réincarnent à leur mort, certaines âmes, en raison de leur mauvais Karma, ne renaissent pas et restent prisonnières des esprits.

Offrandes aux moines à la Pagode de Wat Kraya. Photographie par Christophe Gargiulo
Offrandes aux moines à la Pagode de Wat Kraya. Photographie par Christophe Gargiulo

Dieu des enfers

Toutefois, chaque année, Yama, le Dieu des enfers les libère pendant quinze jours, pour qu’ils puissent partir à la recherche de leurs parents encore en vie, méditer et se repentir. Le dernier jour de cette période est donc consacré par les vivants à se souvenir de leurs défunts, et à proposer des offrandes pour ceux qui restent dans le monde des esprits.

Chaol Vassa

Le festival de Pchum Ben est à l’origine lié au festival de Chaol Vassa (entre la saison des pluies) et au festival de Kathin. Pendant son règne, le roi Jayavarman, un fervent partisan du bouddhisme, veillait à ce que les moines bouddhistes ne manquent de rien : vêtements, nourriture, abri et soins médicaux.

Compassion

Le roi se rendit compte que lorsque les moines marchaient pour demander l’aumône pendant la saison des pluies, ils devaient souvent marcher sous de fortes pluies, des orages, et des vents violents. Le roi se prit de compassion et leur demanda de ne pas aller faire l’aumône pendant trois mois à chaque saison des pluies. Et, il a lancé un appel à tous ses sujets pour offrir de la nourriture et subvenir aux besoins des moines durant cette période.

Recueillement

Durant Pchum Ben les familles se recueillent et prient pour réduire l’influence du mauvais Karma de leurs ancêtres. Les cérémonies duraient autrefois trois mois. Aujourd’hui, elles se limitent aux deux semaines durant lesquelles les âmes errantes sont libérées du monde des esprits. Elles se déroulent pendant le cycle lunaire décroissant du mois où le ciel est obscurci des nuages de la mousson.

Regroupements familiaux

Comme l’explique Nai, jeune Cambodgienne qui tient à célébrer Pchum ben chaque année: ”…Pchum Ben est un événement important. Au delà de l’aspect religieux, c’est une des rares occasions de se retrouver en famille. Je travaille dans la capitale et ma famille est éloignée, c’est donc aussi un moment de joie…”.
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