Portrait : Sophanith Chuon, la langue française pour devenir médecin

Sophanith Chuon, 21 ans, est étudiant en cinquième année de médecine à l’Université des sciences de la santé de Phnom Penh. Il étudie aussi le Français à l’IFC depuis cinq ans.

Sophanith Chuon est étudiant en médecine et à l'IFC
Sophanith Chuon est étudiant en médecine et à l’IFC

CM : Pourquoi avez-vous commencé à apprendre le Français ? Quand était-ce ?

J’ai commencé le Français quand je suis entré en médecine. La majorité de nos cours et des documents sont en Français, Il a donc été nécessaire que j’apprenne cette langue pour accéder aux métiers que je voulais. Au début, les cours de médecine en Français étaient très difficiles pour moi, . J’apprenais l’Anglais depuis tout petit, alors que le Français était totalement nouveau. Aujourd’hui, ça va mieux car j’ai eu l’occasion de pratiquer beaucoup avec les professeurs et mes amis de l’IFC. En ce moment, je prépare le Delf B2, diplôme de langue qui certifie mon niveau, et qui va me servir pour continuer mes études.

CM : Vous envisagez donc cet apprentissage uniquement comme quelque chose d’obligatoire pour vous études ?

En effet, je ne pense pas que j’aurais pris des cours de Français si je n’avais pas réussi au concours d’entrée à l’Université. Mais, depuis que j’apprends la langue, j’ai découvert beaucoup de choses que j’ai trouvées très intéressantes ! Avant de commencer le Français, je percevais l’apprentissage d’une langue comme quelque chose de très académique, ou je n’apprends que la pratique pure de la langue.

Mais après m’être inscrit à l’IFC, j’ai compris que le plus enrichissant était aussi de s’intéresser à la culture pour se familiariser avec la langue. Cela permet de vraiment apprécier la langue. Je trouve qu’en Français, il y a beaucoup de petites anecdotes derrière l’apparition de certains mots ou expressions et c’est cela que j’aime. J’adore apprendre les idiomes.

CM : Vous parlez de découverte culturelle. Comment se fait-elle, pour vous ?

A l’IFC, en tant qu’étudiants, nous bénéficions d’un accès à beaucoup d’activités telles que les “ciné études”, d’expositions ou les guides nous apprennent beaucoup… Par exemple, une fois, une leçon de langue abordait le thème du tatouage, qui était le même que celui d’une exposition ! J’ai trouvé ça intéressant de faire le lien, et découvrir les différences dans la culture du tatouage en France et au Cambodge pour illustrer le cours.

CM : Avez-vous déjà des projets d’avenir ? En France ?

J’aimerais beaucoup continuer mes études dans un pays francophone, si j’en ai l’opportunité, et si possible en France. J’ai lu un article de l’OMS qui disait que le système de santé Français faisait partie des meilleurs. Mais pour cela, je dois d’abord réussir le concours, qui se déroule en sixième année, soit l’année prochaine ! Au niveau de la spécialité, je pense plutôt m’orienter vers la chirurgie.

CM : Et après, serait-ce pour revenir travailler au Cambodge ?

Oui, je pense que si je réussis à aller en France, ce sera uniquement pour finir mes études. J’aimerais revenir au Cambodge pour aider à améliorer le système de soins.

CM : En dehors des études, avez-vous donné un autre sens à votre maîtrise du Français ?

Je pense que m’y intéresser m’a permis de mieux connaître l’histoire entre la France et le Cambodge. Et surtout, dans la province de Takeo, ou est née ma mère, cela me permet de parler un peu Français avec les personnes âgées qui l’ont apprise, pendant la période française.

CM : Sophanith Chuon, Que faites-vous, en dehors de vos études ?

J’adore lire des livres, autres que mes livres de cours ! Par contre, pas en Français. Quand mes amis essayent de lire des livres pour mieux apprendre le Français, notamment des livres Jeunesse, plus faciles à lire, moi, je préfère regarder les images… Sinon, je regarde beaucoup de films et il m’arrive de mettre des sous-titres en Français sur des films américains. J’aime aussi beaucoup voyager, ça me permet une plus grande ouverture sur le monde.

CM : Un endroit en particulier ou vous aimeriez voyager, en France peut-être ?

J’ai envie de découvrir plusieurs pays, mais en France, ce serait pour voir des châteaux !

Propos recueillis par Adele Tanguy

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