Portrait : Chansreyroth Ny, Le Français est pour moi la langue de la précision

Chansreyroth Ny a 21 ans. Elle est en médecine et aimerait faire son stage de fin d’études en France. En attendant, elle gère son emploi du temps chargé entre les cours de médecine, l’Institut Français et l’association d’étudiants dont elle est membre. Et essaye de garder un peu de temps libre pour se plonger dans du Spinoza. Portrait.

Chansreyroth Ny, Le Français est pour moi la langue de la précision
Chansreyroth Ny, Le Français est pour moi la langue de la précision

CM: Que faites-vous, comme études ?

Je suis en cinquième année de médecine. C’est d’ailleurs pour cette raison que j’ai voulu apprendre le Français. J’ai des cours de Français dans le cadre de l’université, qui sont dispensés a l’IFC, mais je me suis aussi inscrite a des cours à part proposes par l’IFC. En tout, cela me faisait dix heures de Français par semaine, cette année. J’ai eu l’occasion de rencontrer beaucoup de professeurs de l’IFC, en quatre ans ! (Rires). Je suis aussi, depuis ma deuxième année, membre d’une association d’étudiants qui aide à simplifier les relations entre les étudiants et l’administration et porter la parole des étudiants. On les accompagne s’ils font face à des difficultés dans leurs études ou examens, voire des difficultés personnelles. On peut aussi aider à trouver une solution de réorientation lorsque les études de médecine ne leurs plaisent pas.

CM : Est-ce que cela ne vous prend pas trop de temps entre les cours, l’association et l’apprentissage du Français ?

Dans l’association, on doit réserver beaucoup de notre temps libre à l’organisation d’évènements, comme les œuvres de bienfaisance. Je dois gérer mon temps pour pouvoir étudier, mais j’arrive quand même à dormir, entre tout cela ! Et c’est vrai que les cours de Français m’ont aussi pris beaucoup de temps, mais je trouve cela passionnant. C’est une langue très précise et nuancée, ce qui permet d’exprimer un avis beaucoup plus critique. Des mots aux sens très proches, qui se traduisent pareil en Khmer, vont quand même présenter une nuance en Français ! L’exemple qui me marque le plus est celui des mots “content” et “heureux” : je trouve ça incroyable qu’il y ait une différence pour exprimer une émotion semblable à court terme et dans la durée, alors que dans les autres langues, non ! Pour moi, c’est la langue de la précision.

CM : Chansreyroth Ny, Aviez-vous déjà commencé à apprendre le Français, avant l’Université ?

Non, j’ai fini le lycée a 16 ans et me suis inscrite à l’IFC juste après. Donc je ne maîtrise vraiment la langue que depuis ma quatrième année. Au début, c’était forcément plus difficile. Mais les premières années, ce sont surtout les mots techniques propres au vocabulaire médical qui nous sont appris en Français car dans les hôpitaux, ce sont plutôt les mots en Français qui sont utilisés. Mais en quatrième année, je suis entrée dans le programme international. Pour cela, il me fallait le certificat de langue Delf B1. L’objectif est de pouvoir installer une communication et un lien entre les étudiants en médecine Khmers et les professeurs étrangers. Ce programme m’a permis de rencontrer beaucoup d’étrangers, notamment Français donc je parle beaucoup mieux, maintenant ! Je m’entends très bien avec beaucoup d’entre eux. Je trouve que la culture française est aussi très captivante. La gastronomie, par exemple. J’aime beaucoup le fromage, donc forcément…

CM : Qu’est-ce que vous définissez par “culture française” ?

Comment les gens mangent, se saluent, s’habillent… On voit un peu cela, a l’IFC. Et je trouve que par exemple, les Français sont généralement très polis, ça fait partie de la culture. C’est des choses qui s’apprennent aussi beaucoup par les lectures complémentaires que l’on peut faire à l’extérieur des cours de langue pure.

CM : Quels sont vos projets pour plus tard ?

J’aimerais travailler dans le médical, pas dans le chirurgical. Pneumologie ou ORL, je ne sais pas encore. Mais à la fin de notre spécialité, qui dure quatre ans, on doit faire un stage et nous avons la possibilité de le faire en France en obtenant des bourses. Mais pour cela, il faut passer le Delf B2. J’aimerais faire cela, donc il faut que je prépare la certification. Je suis en médecine notamment parce que j’aimerais beaucoup aller en France ! Non pas pour y habiter plus tard, mais au moins pour un stage, qui me permettra de valoriser mes compétences. Je pense revenir après pour aider à développer le système médical cambodgien.

CM : Y a-t-il une ville en particulier dans laquelle vous aimeriez faire votre stage ?

Lyon ! J’y ai une amie qui fait des études de médecine aussi, et que j’ai rencontrée quand elle est venue au Cambodge, a plusieurs reprises. Ça semble être une ville très calme. En tout cas si j’ai la chance d’aller en France, c’est là que je voudrais aller en premier.

CM : Chansreyroth Ny, en dehors des études, comment occupez-vous votre temps libre ?

Je suis une grande fan de la BD Tintin ! Quand j’étais petite, j’ai lu les albums en Khmer. Mais maintenant, je peux les relire en Français. J’essaye aussi de lire des livres de Spinoza. C’est très intéressant et intriguant, mais assez compliqué à lire, pour moi. Donc je m’aide d’un dictionnaire pour comprendre et cela me prend beaucoup de temps.

Propos recueillis par Adèle Tanguy

Contenus sponsorisés

BRED BANK CAMBODIA : le Package Platinum

BRED BANK CAMBODIA : le Package Platinum

Dans le but de diversifier son offre et de répondre aux attentes des clients les plus exigeants, BRED Bank Cambodia propose aujourd’hui une offre flexible...

Haut de page