Nak Noy, les desseins d’un jeune artiste

Des personnages, dont on ne distingue souvent que l’ovale du visage, se noient dans d’infinies arabesques, volutes d’encre et tourbillons de couleurs. Les cheveux se perdent dans d’inextricables motifs floraux et géométriques, télescopages tenant à la fois du mandala, de l’art nouveau, des fantaisies d’Arcimboldo et du manga.

Nak Noy, jeune artiste Siem Reapois de 19 ans
Nak Noy, jeune artiste Siem Reapois de 19 ans

Bienvenue dans l’univers de Nak Noy, jeune artiste Siem Reapois de 19 ans, qui inaugure au Little Red Fox Espresso sa première exposition, « The Work of Thin Lines ».

Génération spontanée

Si tous les enfants pratiquent le dessin, la créativité et l’aisance du jeune Nak Noy ont tôt fait d’attirer l’attention de ses amis. Au grand dam de ses parents, pour qui une carrière artistique n’est absolument pas envisageable : Nak Noy devra suivre un cursus classique et n’aura droit à aucun cours lui permettant de développer sa passion. Cet autodidacte persévère pourtant, profitant de l’engouement suscité par son compte Instagram, qu’il a créé il y a 4 ans.

Puisqu’une école artistique lui est interdite, c’est sur les réseaux sociaux qu’il puisera son inspiration : c’est ainsi qu’il découvre l’artiste Visothkakevi, un Américain d’origine khmère, qui excelle dans la pratique du Doodle. Cet art graphique, qui se caractérise par la répétition de motifs constitués d’ondulations et de spirales, séduit Nak Noy. S’il s’engouffre à ses débuts dans cette voie, ses réalisations acquièrent vite leur propre personnalité, mêlant les influences bouddhistes à l’Heroic Fantasy et la culture khmère au psychédélisme. Les 13 œuvres exposées au Little Red Fox témoignent de cet univers flamboyant et éclectique.

Le dessin à temps plein

Nak Noy attend énormément de cette exposition, lui qui a abandonné ses études et quitté son travail de réceptionniste afin de se consacrer entièrement à son art. Un art extrêmement exigeant, puisque la pièce maîtresse, « Mother Nature », exécutée à l’aide d’un simple stylo, aura nécessité plus de 300 heures de travail méticuleux. Nak Noy compte aussi, par cet évènement, prouver à ses parents que le dessin n’est pas, comme ils l’affirment, « une perte de temps ».

Il espère aussi faire découvrir ses œuvres au plus grand nombre, gagner en notoriété et pouvoir ainsi décrocher une exposition à Phnom Penh ou même, pourquoi pas,  à Bangkok, comme il le déclare en souriant. En attendant, les bénéfices réalisés sur les ventes de ses œuvres originales et de leurs reproductions lui permettront de financer son matériel et de persévérer dans un talent qui n’en a certainement pas fini de se développer.

« The Work of Thin Lines », du 8 septembre au 31 octobre au Little Red Fox Espresso, Hap Guan Street, Kandal Village, Siem Reap.

Texte et photographies par Rémi Abad

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