Eurocham : l’avenir des énergies renouvelables

Jeudi dernier a eu lieu un déjeuner-débat organisé par Eurocham sur le thème de l’avenir des énergies à l’échelle mondiale, avec une perspective sur le Cambodge.

L’évènement s’est tenu au Raffles Hotel le Royal à Phnom Penh.

Le panel d’intervenants était composé de Colleen Regan, analyste chez Bloomberg New Energy Finance, Nodira Akhmedkhodjaeva, directrice des programmes chez Nexus Development, Morten Kvammen, conseiller financier pour Palladium / Investing In Infrastructure (3i), un programme visant à stimuler et à soutenir les investissements dans les infrastructures au Cambodge, en particulier dans les secteurs de l’eau, de l’électricité et des énergies renouvelables et Rogier Van Mansvelt, ingénieur en énergies renouvelables pour Comin Khmere. Bridget McIntosh, Directrice d’EnergyLab, faisait office de modératrice.

Déjeuner-débat organisé par Eurocham sur le thème de l’avenir des énergies à l’échelle mondiale, avec une perspective sur le Cambodge
Déjeuner-débat organisé par Eurocham sur le thème de l’avenir des énergies à l’échelle mondiale, avec une perspective sur le Cambodge

Après l’ introduction de Blaise Kilian Directeur exécutif par intérim d’Eurocham, Colleen Regan a présenté le New Energy Outlook effectué par Bloomberg NEF. New Energy Outlook est une analyse chiffrée qui présente leurs prévisions à long terme des évolutions du secteur énergétique mondial.

Les conclusions principales de cette analyse indiquent que les énergies solaires bon marché et les batteries redessinent actuellement le marché de l’électricité. En effet, l’analyse prévoit que d’ici 2050, les énergies solaire et éolienne représenteront 48% de la production électrique. Cela est dû aux coûts de production des énergies solaire et éolienne qui vont diminuer et s’avérer également plus performantes.

C’est par ailleurs les entreprises qui sont précurseurs dans l’utilisation de l’énergie solaire et des batteries, même si les panneaux photovoltaïques vont devenir de plus en plus intéressants pour les foyers. Colleen Regan a enfin suggéré que l’utilisation accrue des voitures électriques et de l’air conditionné augmenteraient la demande en énergies renouvelables.

Colleen Regan, analyste chez Bloomberg New Energy Finance
Colleen Regan, analyste chez Bloomberg New Energy Finance

Ensuite, Morten Kvammen a présenté le secteur énergétique cambodgien et ses tendances. Il y a dix ans, la consommation énergétique du pays reposait sur l’importation. Avec une forte augmentation de la demande, le pays a commencé à produire sa propre énergie, grâce à des barrages hydrauliques et des centrales à charbon.

La demande en électricité devrait selon lui continuer d’augmenter et devrait être fournie par plus d’énergie hydraulique, de charbon et de gaz.

Il s’est finalement montré plutôt optimiste sur l’avenir des énergies renouvelables au Cambodge, confrontant les progrès et opportunités avec les obstacles et défis face à la transition vers les énergies renouvelables.

Morten Kvammen, conseiller financier pour Palladium / Investing In Infrastructure
Morten Kvammen, conseiller financier pour Palladium / Investing In Infrastructure

Puis s’est tenu le débat entre les quatre intervenants, modéré par Bridget Mcintosh. Les sujets abordés ont notamment été les nouvelles régulations et leur impact, la transition vers l’énergie solaire, et la position du gouvernement sur les énergies renouvelables encore mal définie.

Ensuite ont été abordés les projets de Nexus Development, qui gère des fonds renouvelables de financement climatique qui fournissent un financement initial pour le développement de projets carbone visant à nettoyer les entreprises de foyers de cuisson et de filtres en céramique en Asie et en Afrique. Il a ensuite été question des coûts comparés des différentes sources d’énergie au Cambodge.

À la suite du débat, un temps était réservé pour que l’assistance puisse poser ses questions aux intervenants. Aux interrogations quant à la manière dont Bloomberg NEF obtient ses prévisions pour 2050, notamment le fait que le monde aura besoin de 2,5 fois la capacité de production énergétique actuelle, Colleen Regan a répondu qu’ils avaient étudié la relation entre l’augmentation du PIB et celle de la demande en électricité.

Ils ont donc établi leurs prévisions à partir de la croissance du PIB. Il a par ailleurs été question de la compétitivité des énergies renouvelables pour les industriels, du problème du stockage de l’énergie solaire, ou encore de la « double charge » du coût de l’installation de panneaux en plus de celui de l’énergie solaire.

Texte et photographies par Adèle Tanguy

 

Haut de page