Prodal : Derek Bidaut, passionné d’arts martiaux, ouvre un centre sportif

C’est dans le quartier en plein développement de Toul Kork que Prodal Fight and Fitness, centre d’arts martiaux et de fitness dont le nom signifie « boxe » en Khmer, a ouvert ses portes, la semaine dernière. À l’initiative de Dereck Bidaut, natif de Sète. Ce passionné d’arts martiaux a fait connaissance avec le Cambodge à travers le bokator, discipline sportive traditionnelle cambodgienne. Et il ne l’a plus quitté… Entretien.

Dereck Bidaut
Dereck Bidaut

CM : Comment avez-vous découvert le Cambodge ?

Je l’ai découvert à travers le sport. Je pratique depuis tout petit les arts martiaux en France. J’ai eu l’occasion de participer à un stage animé par un boxeur cambodgien, à Marseille, et suite à cela, en 2009, on m’a proposé de venir au Cambodge pour un stage intensif de boxe de un mois. C’est à ce moment là que je suis tombé amoureux du pays et que j’ai eu envie de revenir. A cette occasion, j’ai aussi découvert le bokator, art martial cambodgien.

CM : Qu’est ce qui vous a plu dans le bokator ?

C’est un art martial un peu oublié. J’ai aimé le côté mystérieux qu’il y avait autour. Peu de monde connaît cet art martial, et les techniques sont vraiment différentes de ce que j’ai pu expérimenter dans d’autres sports. Au sol, debout… le panel de techniques est immense. C’est ce qui m’a convaincu d’approfondir ma pratique du bokator. Comme tous les arts martiaux, ce sport nécessite aussi un travail sur soi et comporte un aspect très spirituel. J’ai aussi aimé le fait que ce soit un art martial très complet. Coudes, genoux, jambes, bras… toutes les parties du corps entrent en jeu.

Dereck Bidaut lors d'une démonstration à l'ambassade de France au Cambodge
Dereck Bidaut lors d’une démonstration à l’ambassade de France au Cambodge

CM : Comment en êtes-vous venu à ouvrir Prodal ?

En rentrant en France, j’ai laissé de côté l’idée de retourner au Cambodge un temps pour travailler. L’année suivante, en 2010, j’ai eu l’opportunité de revenir un an à Phnom Penh pour perfectionner ma pratique du bokator. Je devais alors retourner ensuite en France pour continuer la boxe à haut niveau et dispenser des cours. Finalement, au bout d’un an, je ne suis pas reparti.

Prodal à Toul Kork
Prodal à Toul Kork

A Phnom Penh, pendant un an, je me suis dédié aux entraînements. J’y passais quatre à six heures par jour, en boxe ou en bokator. Puis, j’ai dû trouver du travail. Je suis parti dans le Ratanakiri, où j’ai travaillé dans l’hôtellerie et en tant que guide, pendant un an. Je suis ensuite retourné à Phnom Penh, où j’ai commencé à devenir entraîneur de boxe et de bokator dans des petites salles. Je suis reconnu comme instituteur, diplômé de la fédération Cambodgienne. Avec une équipe de Cambodgiens, on a développé ce sport au Japon, en Australie,et aux États-Unis.

À cette période, j’ai vécu pendant un an uniquement de la boxe. J’ai aussi travaillé pendant longtemps dans un centre de fitness. Toutes ces expériences m’ont permis de me faire connaître dans le milieu du sport et de rencontrer du monde. C’est de cette manière que l’ai trouvé des associés partants pour monter un projet et c’est ainsi que Prodal est né.

Prodal à Toul Kork
Prodal à Toul Kork

CM : Après une semaine d’ouverture, pouvez-vous dire que vous êtes satisfait ?

Je suis assez content car on a déjà une clientèle, notamment dans l’après-midi, à partir de 17h30. Notre offre se veut diversifiée, avec des cours de cardio-conditionning, de Zumba, de yoga, de boxe khmère, de bokator… En effet la demande, au Cambodge, se porte de plus en plus sur l’aspect fitness du sport. Je pense que nous sommes arrivés au bon moment pour développer ce type d’activité.

CM : Pensez-vous un jour retourner en France, et peut-être y importer le bokator ?

Je suis diplômé d’une formation Staps en France (…), donc je peux enseigner dans le domaine du sport. Mais non, je compte rester ici !

Dereck Bidaut
Dereck Bidaut

CM : Qu’est-ce qui vous attire tant, au Cambodge ?

J’aime la facilité qu’il y a, pour beaucoup de choses, ici. On peut y avoir des opportunités que l’on aura jamais en France, notamment au niveau professionnel. En huit ans, j’ai par exemple été guide, tourné des films, travaillé comme garde du corps… Dans le domaine du sport, j’ai pu enseigner ou travailler comme manager dans des centres. Je ne pense pas que j’aurais eu l’occasion de faire autant de choses, en France.

Propos recueillis par Adèle Tanguy

Prodal – 31B rue 598, Toul Kork, Phnom Penh

www.prodal-studio.com Téléphone : + 855 (0)17 728 347

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