Portrait : Sophuneta Sau, étudiante en droit et des rêves de France

Sophuneta Sau est étudiante à l’Université royale de droit et d’économie de Phnom Penh. Elle se rend aussi trois fois par semaines à l’Institut francophone du Cambodge pour perfectionner sa maîtrise du Français. A 20 ans, cette jeune fille pleine de projets rêve de pouvoir en réaliser certains en France.

ophuneta Sau, étudiante en droit à l’Université royale de Phnom Penh et élève à l’IFC
Sophuneta Sau, étudiante en droit à l’Université royale de Phnom Penh et élève à l’IFC

CM : Sophuneta, Quel type d’études poursuivez-vous ?

Je suis étudiante en droit à l’Université royale de droit et d’économie, dans un parcours en partenariat avec l’université Lumière, à Lyon. Les cours portent sur le droit français, et sont en Français. Quand j’aurai obtenu mon Bachelor, j’aimerais faire un Master de droit, peut être en France. Plutôt dans le droit privé. C’est une option qui me plait car cela permet de mieux comprendre les relations entre les individus au quotidien. Par ailleurs, j’ai six heures de cours de langue française par semaine, à l’Institut francophone du Cambodge.

CM : Pourquoi avez-vous commencé à apprendre le Français ? 

Il y a quelques années, quand j’étais au lycée, je voulais faire des études de médecine. Dans cette filière, une partie du programme et des documents est en Français, c’est pour cette raison que j’ai décidé de prendre des cours de Français, vers 16 ans. Puis je me suis tournée vers le droit. Apprendre le Français m’a permis d’intégrer mon parcours francophone. J’aime cette langue, car je trouve qu’elle contient énormément de mots très précis, pour décrire les choses. Par exemple dans mes études, les mots sont beaucoup plus précis et spécifiques en Français qu’en Khmer, ce n’est pas le cas.

CM : Pourquoi étudier le droit français ?

Le système juridique cambodgien s’est beaucoup inspiré du système Français et reste donc assez similaire. Le droit français est plus détaillé sur certains aspects, donc après l’avoir étudié, il est possible de revenir facilement au droit cambodgien, alors que l’inverse n’est pas possible.

CM : Êtes-vous déjà allée en France ?

Je n’y suis pour l’instant jamais allée. Mais je réfléchis à l’idée d’aller y travailler, après mes études. Soit à Paris, soit à Toulouse, car j’ai une tante qui vit là-bas.

CM : En dehors de votre parcours scolaire, est-ce que la connaissance du Français vous sert souvent, aujourd’hui ?

Oui, car en dehors des partenariats universitaires, je pense qu’il y a beaucoup de coopération à d’autres niveaux, entre le Cambodge et la France, notamment au niveau associatif ou avec l’U.E. Je viens par exemple tout juste de rejoindre un programme de conférences, appelé “ASEAN Water Plateform”, qui s’inscrit dans le cadre de l’UE et est mis en place par Wanasea, consortium d’États (Thaïlande, Vietnam, Cambodge) qui œuvre pour améliorer la coopération en matière de gestion des ressources naturelles. Ces conférences regroupent des étudiants de pays asiatiques et de pays Européens, des chercheurs…

Conférence divisée en atelier, en rapport avec la gestion de l’eau. Les étudiants choisissent le leur, et représentent chacun un pays en discutant entre eux pour trouver des solutions au niveau mondial. J’y ai rencontré beaucoup d’étudiants asiatiques mais aussi européens, et notamment Français. Ça m’a permis de parler toutes les langues que je connaissais avec des gens différents : Anglais, Français, Thaïlandais… C’est une expérience très intéressante. A Phnom Penh, il y a beaucoup de cours d’eau qui traversent la ville donc le sujet me touche beaucoup.

CM : Est-ce que cet intérêt que vous portez au sujet de la pollution des eaux trouve une traduction dans vos études et ambitions professionnelles ?

Selon moi, pour lutter contre la pollution des eaux, il est nécessaire d’entreprendre un travail au niveau juridique. Au Cambodge, il y a un manque de régulation concernant le système d’assainissement ou l’utilisation de l’eau. Pendant les conférences, j’ai pu en apprendre plus sur la loi espagnole a ce sujet, ou le système d’eau est très régulé pour qu’elle soit utilisée avec précaution. Je pense que des lois plus développées au Cambodge permettraient d’économiser beaucoup d’eau.

CM : En dehors des études, comment occupez- vous votre temps libre ?

J’adore la musique. J’aime aussi particulièrement le cinéma, je regarde beaucoup de films.

CM : Des musiques ou des films français ?

J’écoute surtout des chansons en Anglais, mais il m’arrive aussi d’en écouter en Français. Et en ce qui concerne les films, dernièrement, j’ai regardé « Taxi » ! (Rires). Sinon, j’ai beaucoup aimé « Les Grands Esprits », de Olivier Ayache-Vidal (2017).

Propos recueillis par Adèle Tanguy

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