Forum national interconfessionnel sur la lutte contre le trafic d’êtres humains

C’est jeudi dernier qu’a eu lieu le deuxième Forum national interconfessionnel sur la lutte contre le trafic d’êtres humains à Phnom Penh.

Forum national interconfessionnel sur la lutte contre le trafic d'êtres humains à Phnom Penh
Forum national interconfessionnel sur la lutte contre le trafic d’êtres humains à Phnom Penh

Cet événement a regroupé plus de deux mille participants, avec la venue de catholiques, protestants, bouddhistes et musulmans.

Lors de ce forum, le ministre de l’Intérieur, Sar Kheng, a appelé hier tous les Cambodgiens à se joindre à la lutte contre le trafic d’êtres humains.

le ministre de l'Intérieur, Sar Kheng
Le ministre de l’Intérieur, Sar Kheng

Asie-Pacifique

Selon un rapport des Nations Unies, il y a eu 12 millions de victimes de la traite des êtres humains, de violations des droits de l’homme et d’exploitation dans la zone Asie-Pacifique seulement.

La région Asie-Pacifique détient donc le triste record mondial du plus grand nombre de victimes de la traite engagées dans l’exploitation commerciale du sexe, le travail forcé et autres formes de travail infantile.

Les études sont souvent basées sur des enquêtes de terrain rapides ou des estimations qui ne donnent pas une image complète. De ce fait, le nombre réel de victimes du trafic est probablement supérieur à ces estimations.

Forum national interconfessionnel sur la lutte contre le trafic d'êtres humains à Phnom Penh
Forum national interconfessionnel sur la lutte contre le trafic d’êtres humains à Phnom Penh

Cambodge

Mme Bun Eng, secretaire d’état et en charge  du National Committee for Counter Trafficking,  a déclaré que de nombreuses personnes dans la région sont exposées au risque de trafic. Mme Bun Eng a ajouté que, au cours des trois derniers mois, le gouvernement est intervenu dans quarante cas d’abus dont étaient victimes des Cambodgiens travaillant à l’étranger.

”…Nous coopérons maintenant avec les pays voisins, qui sont nos partenaires pour lutter contre la traite des humains dans la région…”, a-t-elle déclaré.

Le Cambodge est un pays d’origine, de transit et de destination pour les hommes, les femmes et les enfants soumis au travail forcé et au trafic sexuel. Les adultes et les enfants cambodgiens émigrent vers d’autres pays de la région et de plus en plus au Moyen-Orient pour travailler.

Travail forcé

Beaucoup sont soumis au travail forcé sur des navires de pêche, dans l’agriculture, dans la construction, dans les usines et dans la servitude domestique, et le trafic sexuel.

Les migrants utilisant des canaux de migration irréguliers, souvent avec l’aide de courtiers non agréés, couraient un risque accru de trafic, mais ceux utilisant des agents de recrutement agréés étaient également victimes de travail forcé ou de trafic sexuel.

Localement, les enfants de familles pauvres sont exposés au travail forcé, souvent avec la complicité de leurs familles, y compris dans la servitude domestique et la mendicité forcée ou la vente dans la rue.

Un nombre important de Cambodgiens de sexe masculin continuent d’être recrutés en Thaïlande pour travailler sur des bateaux de pêche et soumis au travail forcé sur des navires appartenant à des Thaïlandais dans les eaux internationales.

Des victimes cambodgiennes fuyant cette forme d’exploitation ont été identifiées en Malaisie, en Indonésie, à Maurice, à Fidji, au Sénégal, en Afrique du Sud et en Papouasie-Nouvelle-Guinée.

Le Cambodge est devenu en septembre 2017 le premier pays de l’ASEAN a ratifier la Convention de l’ASEAN sur la lutte contre le trafic humain en particulier des femmes et des enfants – Convention Against Trafficking in Persons, Especially Women and Children : ACTIP, suivi peu après de cinq autres pays membres de l’organisation régionale.

Lors de la clôture du forum, des représentants des quatre religions ont prié ensemble pour la prévention de la traite des êtres humains au Cambodge.

Photographie : Lanh Visal – AKP Phnom Penh

Haut de page