Examen national : à Phnom Penh, des élèves confiants

L’examen national de fin d’études secondaires a débuté, ce lundi, dans les 195 centres d’examens, lycées publics réquisitionnés pour accueillir plus de 117 000 lycéens à travers tout le Cambodge. L’année dernière, ils étaient 99 728.

Les élèves se pressent, devant les portes du lycée Preah Sisowath, à Phnom Penh, lundi après-midi
Les élèves se pressent, devant les portes du lycée Preah Sisowath, à Phnom Penh, lundi après-midi

Une réforme contre la triche

Au lycée Preah Sisowath, à Phnom Penh, Hang Chuon Naron, ministre de l’Education, de la Jeunesse et des Sports ; Khuong Sreng, gouverneur de la Municipalité de Phnom Penh ; Hun Many, président de l’Union de fédérations des jeunes du Cambodge (UYFC) ; et un représentant de l’Unité anti-corruption ont coupé les enveloppes des sujets d’examen.

Aux abords du lycée, vers 13h30, les élèves se pressent pour arriver à temps en vue des contrôles aux portes de l’école. La réforme mise en place il y a quatre ans a durci les conditions de l’examen.

Les trousses sont fouillées à l’entrée, depuis la réforme de 2014 contre la triche
Les trousses sont fouillées à l’entrée, depuis la réforme de 2014 contre la triche

“Cette réforme a été instaurée pour combattre la triche, explique Beach, un lycéen. On ne peut entrer qu’avec ses stylos et une règle”. Déclarations confirmées par un autre lycéen qui, ayant, oublié son téléphone portable dans sa poche, doit faire demi-tour à l’entrée du lycée pour le confier à son père.

“Je trouve ça normal. Avant, beaucoup d’élèves trichaient, s’échangeaient les réponses… Forcément, depuis la réforme, le taux de réussite à l’examen est moins élevé”, déclare Beach. En effet, en 2013, avant la réforme, le taux de réussite était de 80%, il n’était que de 63,84% en 2017.

“Pas plus difficile aujourd’hui”

Cette année, ce sont plus de 6 000 observateurs de l’Unité anti-corruption qui ont été déployés dans les différents centres d’examen.

Devant les portes, des volontaires fouillent les lycéens et vérifient qu’ils ne disposent pas de documents, de notes ou de livres. Malgré tout, la plupart des élevés restent confiants.

La surveillance est renforcée par la présence de observateurs de l’Unité anti-corruption
La surveillance est renforcée par la présence de observateurs de l’Unité anti-corruption

“Ce soir, je ne vais pas travailler. J’ai déjà assez révisé, je vais me reposer et jouer un peu aux jeux vidéo”, annonce Beach.

Un peu plus loin, Un groupe de jeunes filles avoue être stressées mais pensent tout de même obtenir leur examen. “J’ai besoin du diplôme pour continuer mes études, indique l’une d’elles, car l’université dans laquelle je veux aller ne m’acceptera pas sans. Plus tard, j’aimerais devenir une femme d’affaires. Mais j’ai bien travaillé, je pense que je vais y arriver”.

Peu après le début des épreuves, Ratanak, qui a amené sa petite sœur, confie : “Je ne suis pas angoissée pour elle. J’ai passé l’examen juste avant la réforme. Je ne pense pas que les questions soient plus difficiles aujourd’hui, malgré le fait qu’ils ne puissent pas tricher. Et je l’ai eu, donc eux aussi peuvent l’obtenir”.

Les élèves du lycée Phsar Deum Thkov sortent, soulages d’avoir terminé leur première journée d’examen
Les élèves du lycée Phsar Deum Thkov sortent, soulagés d’avoir terminé leur première journée d’examen

Une journée éprouvante

Un peu plus loin, au lycée Phsar Deum Thkov, dans le Sud de la capitale. Ambiance similaire. Alors que les élèves travaillent encore, les parents s’attroupent et tentent d’apercevoir leur enfant à travers les murs ajourés qui entourent le lycée.

Aux coups de cloche marquant la fin des épreuves, tous les élèves se précipitent dehors, heureux d’avoir terminé cette première journée. “C’était fun !”, lance, devant ses amis, Nimsunhuor, élève d’un lycée privé affecté à ce centre d’examen. “On a réussi à s’en sortir, donc moi, je trouve ça fun”.

Mais ce qu’il craint le plus ce sont les épreuves du mardi, notamment les mathématiques et technologie. Comme beaucoup de ses camarades. Et pourtant, il veut être ingénieur. Donc ce soir, il a quand même prévu de réviser, avoue-t-il à demi-mots.

Ce n’est pas le cas de Srey, qui explique que le stress des révisions l’a rendue malade et qu’elle préfèrera se reposer. “J’ai trouvé cette journée éprouvante, je n’ai même pas eu le temps de terminer l’épreuve d’anglais”. “Je sais que certains de mes camarades avaient amené leurs notes avec eux. Moi, je n’aurais pas osé ! Si l’on se fait prendre, ne serait-ce qu’en train de tourner la tête et de parler, on se fait exclure de l’examen. Je pense pouvoir y arriver sans et intégrer l’université de Sciences Humaines pour devenir journaliste”, raconte-t-elle, le sourire aux lèvres.

Les résultats devraient être publiés le 11 septembre prochain pour la capitale de Phnom Penh et la province de Kandal, et le 12 septembre pour les autres provinces.

Textes et photographies par Adèle Tanguy

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