Chronique : Mes chers parents, ma vie sur Facebook au Cambodge est un cauchemar

J’ai fait une grosse boulette. J’ai accepté des amies cambodgiennes sur Facebook. Je vais devoir fermer mon compte et en ouvrir un nouveau. C’est un cauchemar. Au début, je n’ai pas fait attention, dès que je recevais une demande d’amie j’acceptais parce que c’était l’amie d’une amie.

Et puis, au final je me suis retrouvé avec 1500 amies sans même savoir comment.

Mes chers parents, ma vie sur Facebook au Cambodge est un cauchemar
Mes chers parents, ma vie sur Facebook au Cambodge est un cauchemar. Illustration de HOEUT

Mon mur est totalement envahi de publications totalement surréalistes. Et j’ai perdu toutes mes copines françaises… Mais pas les copains célibataires ! Eux, rêvent maintenant de venir me rendre visite !

Tout a commencé avec HotyPussy, une jeune étudiante en français que j’ai rencontré à la bibliothèque de l’Alliance française. Les jeunes filles cambodgiennes sont toutes très jolies, certes, mais elles font vraiment beaucoup plus jeunes que leur âge. HotyPussy n’est pas son vrai prénom, mais sur Facebook elles ont toutes des pseudos bizarres, comme Kikicrazy, Luvusomuch ou Bananahut. Donc HotyPussy a 22 ans, mais en photo elle ressemble à une gamine de 16 ans. Un jour, elle a mis une photo d’elle sur mon mur. On l’y voit dans une tenue de sport très sexy tenant à la main une bouteille de Coca ; elle fait la « bouche de canard » (toutes les filles font la bouche de canard quand elles prennent un Selfie). Mais surtout elle a écrit : « Je suis trop chaud ». Immédiatement mes amies en France m’ont envoyé des tas de messages privés pour m’insulter.

Elles m’ont dit comprendre pourquoi j’étais parti au Cambodge et que ce n’était pas seulement pour les temples et la culture. Beaucoup ont crié au scandale pensant qu’elle était mineure ! En fait HotyPussy a juste confondu le verbe être avec avoir. Elle a voulu me faire plaisir pour me montrer qu’elle parlait ma langue, mais elle aurait dû écrire « j’ai trop chaud ». Un détail qui a son importance…

Ce n’est qu’une infime partie du cauchemar Facebook au Cambodge.

La plupart des jeunes filles n’ont pas de loisirs. Leur seul loisir c’est « jouer » à Facebook. Et comme elles n’ont en outre que très peu de centres d’intérêts en dehors du shoping, elles n’ont pas grand-chose à publier hormis des photos de fringues. Elles relaient également des vidéos de chansons cambodgiennes romantiques (toutes les chansons cambodgiennes sont romantiques et surtout très tristes). Ensuite, elles publient des tonnes de vidéos où des filles face caméra montrent des robes ou des sacs à main à vendre.

Mais là où elles excellent c’est dans la publications d’images qui expriment leur émotion du moment, la mélancolie ou la tristesse, (comme les chansons qu’elles écoutent). Enfin, lorsqu’elles ne sont pas tristes, elles postent des photos d’elles faisant la moue avec des bouches de canard et des signes de victoire avec les doigts.

Mais pas seulement. Je ne parle pas des photos de soupes de poissons ou de salades de mangues vertes. Comme elles mangent tout le temps, elles publient toute la journée des images de ce qu’elles avalent !

Elles sont en outre obsédées par les accidents de la circulation, même si elles conduisent sans casque et n’importe comment. Je crois que les vidéos d’accidents graves postées sur leur profil arrivent en quatrième position dans le top 5 des publications.

Un copain m’avait prévenu : « évite d’avoir un accident grave au Cambodge, sinon tu es certain que ton agonie va faire un million de vue en quelques heures ». Pire, il y a même des gars qui commentent le drame en direct. Les gens sont en bouillies sur le bord des routes et tu as des types qui, tout tranquillement, au lieu de se précipiter pour porter les premiers secours, jouent les commentateurs sportifs en « direct live ». Il n’y a pas que les accidents de la route. On trouve de tout comme vidéos trash : des gars qui tabassent leur épouse avec des hachoirs, des types qui se sont noyés depuis une semaine et qu’on extirpe de l’eau en gros plans, des gens qui font subir des violences inouïes à des enfants, et j’en passe. Les gens filment tout et surtout publient ou relaient sans complexe absolument toutes les horreurs du monde.

Enfin, j’avoue que j’ai été un temps intéressé par approfondir davantage ma relation avec HotyPussy. Bien mal m’en a pris. Tout ce que je lui disais en privé finissait en public sur Facebook. La moindre photo de nous deux aussi. Elle enregistrait nos conversations téléphoniques et les mettait sur Facebook. Notre relation existait bien davantage sur les réseaux sociaux qu’en réalité. Tout le monde participait et surtout commentait. Et quand elle était triste parce que je ne répondais pas dans les 30 secondes, elle disait qu’elle allait se suicider en direct. Et toutes ses copines « likaient ». Puis, quelques minutes plus tard, elle postait une photo d’une soupe aux crevettes suivie d’un Selfie d’elle avec la bouche de canard !

Au Cambodge, je vous le dis mes chers parents, la vie virtuelle est bien plus dangereuse que la vie réelle !
Frédéric Amat

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