A propos de la location de logements à bas prix à Phnom Penh

Phnom Penh connaît une croissance démographique rapide, avec de nombreux Cambodgiens venant des provinces migrant vers la ville.

Ces Cambodgiens, dont la plupart appartiennent à la classe moyenne ou inférieure, viennent principalement dans la capitale à la recherche d’opportunités économiques, et aussi pour donner une meilleure éducation à leurs enfants.

Selon le ministère de l’aménagement du territoire, de l’urbanisme et de la construction, la population de Phnom Penh devrait passer de 4 à 7 millions d’ici 2030. Selon d’autres estimations, Phnom Penh accueillerait 7,9 millions d’habitants à la même période.

Pour répondre à la demande d’une population en plein essor, le ministre de la Gestion des terres, Chea Sophara, déclare que le Cambodge doit construire un million de logements supplémentaires d’ici 2030.

Pich Sovann, directeur de Phnom Penh Daily Property, indique que l’immense population de travailleurs migrants de Phnom Penh a créé un grand marché pour les locations à bas prix. Bon nombre de ces migrants sont des travailleurs employés dans des usines, principalement des usines de confection, dans la banlieue de Phnom Penh.

Rorm Ravy, 18 ans, de Kampong Thom, travaille dans une usine de confection depuis 10 mois. Elle vit dans une chambre louée avec 4 autres ouvrières de la même usine
Rorm Ravy, 18 ans, de Kampong Thom, travaille dans une usine de confection depuis 10 mois. Elle vit dans une chambre louée avec 4 autres ouvrières de la même usine. Photographie ILO (cc)

La majorité des plus de 1 700 usines du Royaume, qui emploient près d’un million de personnes, sont en effet situées à Phnom Penh et dans sa banlieue.

Des blocs d’appartements sombres avec de nombreuses chambres à louer se trouvent autour de ces zones industrielles. Ces locations sont souvent à peine meublées et ne contiennent que les commodités les plus élémentaires. Ces chambres-appartements sont généralement loués pour moins de 100 dollars US par mois.

“…Parce qu’ils sont abordables, ils sont populaires auprès des ouvriers…”, souligne M. Sovann.

Orn Sreymom, 22 ans (devant) et Orn Cheang, 33 ans (tenant un bébé) sont des soeurs. Les deux sont des travailleurs du vêtement. Il y a deux ans, ils ont quitté leur ville natale de Kampong Cham pour chercher un emploi à Phnom Penh. Ils vivent avec 8 autres membres de la famille, âgés de 5 mois à 55 ans, dans une chambre louée de deux lits et une toilette de 4 mètres carrés. Le mari de Sreymom et sa sœur cadette travaillent également dans des usines de confection. Chacun gagne environ 50 à 70 dollars par mois, y compris les heures supplémentaires. Leur mère s'occupe des petits-enfants pendant les quarts de travail
Orn Sreymom, 22 ans (devant) et Orn Cheang, 33 ans (tenant un bébé) sont 2 soeurs qui travaillent dans le textile. Elles ont quitté Kampong Cham pour chercher un emploi à Phnom Penh. Elles vivent avec 8 autres membres de la famille, âgés de 5 mois à 55 ans, dans une chambre louée de deux lits et une salle de bains de 4 mètres carrés. Le mari de Sreymom et sa sœur cadette travaillent également dans des usines de confection. Photographie ILO (cc)

Les ouvriers d’usine gagnent entre 170 et 300 dollars par mois et consacrent en moyenne cinquante dollars US à leur loyer. Certains de ces ouvrier partagent souvent une seule unité avec des collègues ou de la famille pour réduire le coût de la location.

M. Sovann indique que la plupart de ces locations à bas prix se trouvent dans la banlieue de Phnom Penh, Boeung Tumpun, Steung Meanchey, Por Sen Chey et Chaom Chao. Il y a aussi un peu de locations à bas prix qui peuvent être trouvés à proximité du centre-ville.

Tang Hour, président d’Amatak Property Service, note que les locations à bas prix dans les banlieues de Phnom Penh sont également populaires auprès des étudiants et du personnel des entreprises, restaurants, hôtels et autres entreprises gagnant entre 200 et 300 dollars US par mois.

Mme Tang prend aussi en compte le manque d’hygiène et de sécurité dans les zones où les loyers à faible coût sont concentrés. “…Certains endroits en dehors du centre ville ont besoin d’améliorer l’hygiène et la sécurité…”, souligne-t-elle.

Sodh Virak, PDG de Huttons CPL, convient qu’il existe un vrai marché pour les locations à bas prix dans la capitale du Cambodge. Pourtant de nombreux professionnels déplorent la lenteur administrative pour la mise en oeuvre de projets immobiliers en faveur des bas salaires.

Notant qu’une grande partie de la population tombe dans la catégorie des moins de 39 ans, il déclare que beaucoup d’entre eux recherchent des appartements et des maisons de location bon marché tout en économisant pour acheter leur propre maison plus tard.

“…Ils choisissent de louer une maison bon marché avant de pouvoir acheter leurs propres maisons…”, precise-t-il.

M. Virak ajoute qu’il y a des gens avec des salaires plus importants qui optent pour des logements à bas prix : “…Certains gagnent en moyenne 500 dollars par mois et louent des chambres pour 100 à 200 dollars par mois…”.

Ces maisons, dont certaines sont situées dans le centre de Phnom Penh, sont équipées des commodités les plus élémentaires.

A rappeler que le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) soutient un projet de logements sociaux de la zone économique spéciale de Phnom Penh (ZESPP), un projet qui permettra de construire plusieurs milliers de logements à loyers abordables pour les travailleurs à faible revenu dans la zone et ses alentours. Plus de détails sur ce projet ici…

Avec www.realestate.com.kh/

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