Tourisme – Interview : Luu Meng, il faut rassembler les énergies pour rendre le royaume encore plus attractif

Chef Luu Meng n’est pas seulement le personnage haut en couleurs et emblématique du Malis et du groupe Almond, Luu Meng est aussi un hyperactif dans le domaine du tourisme, membre de plusieurs associations clés du secteur et, depuis quelques mois, le jeune Président de la Fédération Cambodgienne du Tourisme. Cambodge Mag s’est assis avec Luu Meng pour un petit point sur les programmes et objectifs de la Fédération.

Luu Meng, Président de la Fédération Cambodgienne du Tourisme
Luu Meng, Président de la Fédération Cambodgienne du Tourisme

CM : Vous avez été élu président de la Fédération Cambodgienne du Tourisme en novembre dernier, parlez-nous un peu de cette association

L’objectif de la Fédération Cambodgienne du Tourisme est de convaincre les acteurs privés du secteur du tourisme de travailler ensemble, d’avoir une voix et de devenir une force de proposition et de conseil pour le Ministère du tourisme. Notre vocation est également de travailler en étroite collaboration avec nos interlocuteurs du gouvernement pour leur donner, nous professionnels du secteur, notre vision de l’avenir du tourisme dans le royaume. C’est l’un de nos objectifs principaux.

l’Académie des Arts Culinaires du Cambodge
l’Académie des Arts Culinaires du Cambodge

Notre deuxième action concerne notre travail avec l’Académie des Arts Culinaires du Cambodge. Nous avons oeuvré pour leur fournir un espace de travail convenable. Et, cela a été un succès car c’est une belle école professionnelle aujourd’hui, dotée de locaux vaste et d’équipements modernes. C’était aussi une priorité parmi nos objectifs. Ensuite, nous avons procédé à une levée de fonds pour pouvoir installer nos bureaux dans le même bâtiment, au troisième étage.

CM : En dehors d’être une force de proposition, quel genre de partenariat entretenez-vous avec le gouvernement ?

A présent, nous sommes devenus un interlocuteur privilégié, un partenaire, du ministère du tourisme. Quand de nouveaux textes et règlements concernant notre secteur sont publiés, ils nous les envoient et nous les disséminons à tous les membres de la Fédération : Hôtels, restaurants, agences de voyage, compagnies aériennes…etc. Nous constituons un relais d’information et cela est important.

Dans notre programme, nous sommes également sollicités par le gouvernement pour la mise en œuvre du Cambodian Marketing & promotion Tourism Board. L’objectif de la création de cet organisme est de devenir une force de promotion efficace pour le pays à l’étranger. Parmi les membres de ce comité, nous avons sept représentants du gouvernement, le ministre du tourisme lui-même, et sept représentants des associations touristiques. Je crois que, très rapidement, il y aura une amélioration très sensible sur la façon dont la destination est promue à l’étranger.

Le tourisme est l’image, la vitrine d’un pays. Lorsque vous pensez à un pays, vous pensez d’abord à son image touristique, à sa réputation en termes d’accueil.

Nous avons également signé des accords avec le ministère du tourisme pour avoir la possibilité d’être des opérateurs pour les points – kiosques d’information touristique, principalement dans les aéroports, et dans d’autres endroits également, pourquoi pas ? C’est un projet qui avance, qui fonctionne de mieux en mieux.

CM : Quelles sont les autres priorités ?

Notre prochaine priorité concerne l’éducation à propos du tourisme. Nous avons besoin de beaucoup d’écoles à vocation professionnelle…par exemple, des académies culinaires, il en faudrait une vingtaine dans le royaume. Aujourd’hui, l’Académie des Arts Culinaires du Cambodge est capable de dispenser des formations de qualité à deux cent personnes et, ce sont des diplômés qui peuvent rapidement intégrer de bons établissements et donc percevoir des salaires convenables. Nous avons grand besoin de ce type de formations de qualité. Dans le secteur du tourisme, avec les nouveaux développements en cours ou en projet, nous avons un besoin estimé à 12000 diplômés chaque année. Entre les écoles d’ONG et les autres, nous avons seulement 1500 jeunes diplômés du tourisme chaque année, vous voyez le fossé ? Attention, je parle de formations de qualité…

La Fédération a donc besoin de s’impliquer tant dans le marketing que dans la formation professionnelle.

CM : Et sur l’accueil et l’environnement ?

Phnom Penh devrait être beaucoup plus propre. C’est un autre challenge. Vous pouvez investir dans un très bel hôtel à plusieurs millions de dollars, votre projet risque de ne pas être très viable si vous êtes entouré de promoteurs qui se moquent de la propreté des trottoirs et gèrent mal ou peu leurs ordures. Imaginez que l’ensemble des établissements d’une rue devienne responsable et s’engage à que les alentours soient propres dans un rayon de 200 mètres, la ville deviendrait bien plus propre et donc plus agréable.

Une ville propre n’est pas seulement la responsabilité du gouvernement, c’est aussi celle des privés qui doivent travailler ensemble pour rendre la destination attractive. Les ministères du tourisme et de l’environnement insistent beaucoup sur cet aspect et nous devons montrer l’exemple, et convaincre aussi nos voisins…

Au sein des établissements du groupe Almond, nous participons régulièrement à des opérations de nettoyage et de ramassage des déchets sur les trottoirs de Phnom Penh. Le groupe Thalias, Aeon Mall, le Sofitel et de nombreux membres de la Fédération font également la même chose. Certains comme JAVA House nettoient même les berges du fleuve et le fleuve lui-même. Ce sont de bons exemples de la participation du secteur privé pour une ville propre. Je souhaiterais aussi que plus de grandes marques participent à ce genre d’opération. Les investisseurs ne doivent pas seulement être là pour faire de l’argent, ils doivent aussi contribuer à rendre le secteur plus attractif.

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