Rhona Smith : Le gouvernement réagit aux commentaires du Rapporteur spécial

Le porte-parole du ministère cambodgien des Affaires étrangères et de la Coopération internationale a exprimé sa déception à propos des commentaires du Rapporteur spécial des Nations Unies sur la situation des droits de l’homme au Cambodge, Mme Rhona Smith, concernant les prochaines élections générales au Cambodge.

Mme Smith a récemment, via la page Facebook du bureau du Haut-Commissariat des droits de l’homme (HCDH) au Cambodge, fait part de ses inquiétudes quant à la légalité de s’abstenir de voter et à la menace de privation de services publics à ceux qui ne votent pas pour le Parti au pouvoir lors des prochaines législatives. ”…Je suis préoccupé par les avis d’électeurs avant les élections nationales…je me réjouis des récents appels du gouvernement aux autorités locales pour éviter la discrimination pendant la campagne, et j’encourage le gouvernement à condamner dans des termes très clairs l’intimidation des électeurs, et à clarifier que l’appel au boycott dans un vote non obligatoire est permis…”, a écrit Mme Smith.

Rapporteur spécial des Nations Unies sur la situation des droits de l’homme au Cambodge, Mme Rhona Smith
Rapporteur spécial des Nations Unies sur la situation des droits de l’homme au Cambodge, Mme Rhona Smith

”…Il semble que son appel soutient une campagne coordonnée par Sam Rainsy et des membres du Parti CNRP, dissous par la loi, qui cherchent à saboter une compétition démocratique au Cambodge en encourageant le boycott électoral parmi les électeurs et en leur apprenant à gâcher les bulletins le jour du scrutin…” a déclaré le porte-parole dans une déclaration rendue publique hier.

Contrairement à certains pays, ajoute-t-il, le Cambodge n’a aucune loi punissant les personnes qui ne votent pas. Pourtant, la loi électorale cambodgienne pénalise ceux qui empêchent les autres d’aller voter comme indiqué dans l’article 142.

”…Le Rapporteur spécial semble perdre de vue le dangereux populisme de Sam Rainsy et de son équipe, qui appellent à la rébellion militaire contre le gouvernement, qui incitent à la haine raciale et à la xénophobie, et qui provoquent l’ultranationalisme, ce qui a mis en péril les relations pacifiques avec un des voisins du Cambodge. De telles méthodes ne sont pas démocratiques et doivent être condamnées dans toute société démocratique…”, souligne le porte-parole, ajoutant que : ”… Le ministère note avec un profond regret que le Rapporteur spécial n’a jamais publiquement déploré les comportements antidémocratiques susmentionnés. Une observation juste et objective du processus électoral devrait souligner la nature d’une opposition malsaine qui vise à perturber la paix durement gagnée, la stabilité politique et le développement au Cambodge. A cet égard, le ministère exhorte le Rapporteur spécial à respecter scrupuleusement le Code de conduite pour les titulaires de mandat au titre des procédures spéciales du Conseil des droits de l’homme et le Manuel des opérations des procédures spéciales du Conseil des droits de l’homme…”.

”…Le ministère souhaite réaffirmer que la Constitution du Royaume du Cambodge garantit à tous les citoyens la jouissance de tous les services publics sans aucune restriction, sans tenir compte de leur affiliation politique ni de leur statut social…”, a conclu le porte-parole.

Par C. Nika – AKP Phnom Penh, juillet 2018 —

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