Fashion – Good Krama : une éthique sur l’étiquette

Elle sera la première marque de prêt-à-porter cambodgienne à participer à la Berlin’s Eco Fashion Week. Good Krama y présentera début juillet sa nouvelle collection Printemps-Eté 2019, “Mirage”. L’objectif : séduire les distributeurs pour se développer en Europe. Malgré un calendrier serré, l’équipe a produit en quatre mois 24 nouvelles références tout en ouvrant sa première boutique à Phnom Penh.

La boutique Good Krama située rue 244 à Phnom Penh
La boutique Good Krama située rue 244 à Phnom Penh

Good Karma, c’est quoi ? C’est une marque qui existe depuis 2 ans et surfe sur un symbole textile cambodgien, le foulard traditionnel et ses fameux petits carreaux. Ce sont eux, en autres, qui font, la différence de la marque avec des jeux de détail. Good Krama, c’est aussi une marque qui se classe dans la veine du “slow fashion”, de l’éthique, de l’éco-friendly, de la responsabilité sociale, etc. Bref, l’équipe de Good Karma a ce qu’on peut appeler, le greenmood !

Derrière l’équipe 100% féminine se cache tout d’abord Katia Nicolas, la fondatrice de la marque. Une jeune française avec en poche une formation en économie environnementale. Rien, en soit, qui ne présageait une carrière dans la mode ! Sauf que l’industrie du textile étant la deuxième plus polluante au monde, elle s’est penchée sur le sujet au Cambodge, pays de la “fast fashion”.

Quelques mois plus tard, la marque Good Krama est créée et devient visible auprès des cyberacheteurs qui adhèrent au concept. La marque décolle. Katia s’entoure et compte aujourd’hui à trois collaboratrices dont une stagiaire.

Vérification des tissus chez Good Krama
Vérification des tissus chez Good Krama

Artisanat, fibre naturelle et zéro déchet industriel

Si une importante partie des bobines de coton est importée de Thaïlande et du Vietnam, Good Krama vient de trouver un nouveau partenaire pour travailler cette fibre. Il s’agit de Weavers Project, une entreprise sociale et solidaire basée à Takeo. “Les femmes qui y travaillent n’ont jamais tissé mais elles expérimentent et sont formées à des méthodes différentes comme la technique japonaise du Saori” explique Katia. Quant à la soie, elle vient essentiellement du Cambodge via ColorSilk. Good Krama innove aussi avec des fibres naturelles comme le bambou tissé main : “une matière douce qui ne demande pas beaucoup d’eau”.

L’autre partie des matières provient quant à elle des déchets d’usine. L’équipe mène en effet un nouveau projet, celui du zéro déchet, en trouvant des astuces sympas pour réutiliser les chutes de coupes. “Sur 100 mètres de matière, on aura l’équivalent de 10 mètres en chutes, c’est significatif”, explique la fondatrice qui travaille avec un atelier éthique, Fairsew, sur cette problématique.

Des étoffes inspirées de la technique japonaise Saori
Des étoffes inspirées de la technique japonaise Saori

Le slow fashion dans les placards des cambodgien(ne)s ?

Avec des fourchettes de prix parfois hautes (compter près de 180 dollars pour une robe en soie), Good Krama dispose d’une large collection qui permet toutefois aux portefeuilles plus modestes d’avoir un tee-shirt en coton à 45 dollars ou une étoffe à 30 dollars. “Même si le pouvoir d’achat grandit, c’est vrai qu’on s’adresse à une clientèle davantage expatriées ou à des touristes”, reconnaît Katia. “Si les cambodgiens peuvent acheter, ils se dirigeront plutôt vers des produits de luxe. Good Krama n’est sans doute pas leur priorité”, plaisante t-elle.

Depuis quelques mois, la marque s’est diversifiée puisqu’elle propose désormais des accessoires : casquettes, espadrilles, coussins, pochettes d’ordinateur, etc. À l’approche de la fashion week à Berlin, la start-up voit leur participation comme “une sorte de crash-test ”plaisante” En attendant de savoir si celui-ci sera un succès, la boutique, après 15 jours d’existence, a déjà dépassé son chiffre d’affaire du mois.

Par Julie Cassiau. Photographies : Iléna Théa Kim

Good Krama
N°5, rue 244
Phnom Penh

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