Arts – Mode : Le festival Cambodge d’hier et d’aujourd’hui vu par Eric Raisina

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La région parisienne a, durant tout le mois de mai, vibré au rythme de la culture khmère. Le festival Cambodge d’hier et d’aujourd’hui a permis de faire découvrir à un public venu nombreux de multiples facettes de la culture cambodgienne. De retour à Siem Reap, Eric Raisina fait part de ses impressions concernant cet évènement majeur.

Eric Raisina dans son atelier
Eric Raisina dans son atelier

Le voilà de nouveau dans son atelier, le mètre autour du cou, au milieu des étoffes et des patrons. Rentré depuis la semaine dernière, Eric Raisina ne tarit pas d’éloges sur un évènement qui l’a profondément marqué. « Quand Rithy Panh m’a proposé d’organiser un défilé dans le cadre du festival Cambodge d’hier et d’aujourd’hui, j’ai tout de suite dit oui ». Le timing était pourtant serré : entre la Semaine française de mars, durant laquelle le couturier s’est beaucoup investi, et la préparation d’une nouvelle collection, Eric Raisina n’a pourtant pas hésité une seule seconde. Le designer y a vu l’occasion de dévoiler au public parisien une facette du Cambodge très éloignée des idées reçues et des poncifs habituels. « On a parlé du Cambodge d’une manière très positive, en oubliant la guerre. On a voulu démontrer que le pays a beaucoup à offrir au monde, que c’est une nation qui bouge, qui avance, et qu’il s’y passe aussi plein de choses parmi sa jeunesse ».

Le créateur à l’issue du défilé.
Le créateur à l’issue du défilé.

Apporter une certaine fraîcheur à la mode parisienne
C’est entre le spectacle Bangsokol : Un Requiem pour le Cambodge et la représentation du Ballet Royal mené par la princesse Norodom Buppha Devi que le défilé d’Eric Raisina a eu lieu. Parmi l’assistance qui s’est pressée dans les locaux de l’hôtel Millennium Opéra, des curieux, des connaisseurs du Cambodge, mais aussi de nombreux membres de la diaspora qui ont pu admirer les créations de l’atelier d’Eric, qui tient à souligner l’énorme effort fourni par son équipe. Une équipe 100% cambodgienne, formée au travail de la soie et aux traditions qui s’y rattachent. « D’habitude, après un défilé, le public a coutume de quitter aussitôt la salle, mais là, tout le monde est resté pour discuter, échanger et s’informer, deux heures durant ». Charlotte Rampling, qui figurait parmi les personnalités présentes, a fait part à l’issue de la représentation de son souhait de visiter le Royaume.

Kouy Chandanich, égérie d’Eric Raisina lors du défilé parisien du 17 mai 2018.
Kouy Chandanich, égérie d’Eric Raisina lors du défilé parisien du 17 mai 2018.

Ambassadeur haute couture
Au-delà des tenues présentées par l’atelier d’Eric Raisina, ce sont aussi le savoir-faire et la beauté khmers qui ont été plébiscités par les spectateurs. La présentation de la collection, parrainée par Son Altesse Royale Buppha Devi, a été assurée par le célèbre mannequin Kouy Chandanich, habituée des défilés d’Eric. « Paris est tombé sous le charme de cette femme superbe », confesse le styliste, qui a aussi profité du festival pour faire connaître les œuvres de créateurs cambodgiens, dont celles du bijoutier Ly Pisith, fondateur de Garden of Desire. « Ce festival Cambodge d’hier et d’aujourd’hui m’a beaucoup touché », déclare Eric, « par la chaleur et l’espoir qui s’en sont dégagés ». Prochaine étape pour le créateur : la présentation de sa collection automne/hiver à la fashion week laotienne, qui se tiendra à Vientiane du 10 au 14 septembre.

Par Rémi Abad

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