Presse : Premier remous au ”nouveau” Phnom Penh Post

Le rédacteur en chef, Kay Kimsong, le journaliste économique Brendan O’Byrne et l’adjoint du rédacteur en chef Ananth Baliga ont du quitter le Phnom Penh Post suite à la cession du titre à l’investisseur malais Sivakumar S Ganapathy, cession qui a eu lieu la semaine dernière. Dans une note interne intitulée ”…Déclaration de Sivakumar S Ganapathy, propriétaire du Phnom Penh Post…”, M. Ganapathy a ordonné que la collaboration avec ces trois journalistes prenne fin immédiatement.

Le rédacteur en chef, Kay Kimsong
Le rédacteur en chef, Kay Kimsong

La note interne écrite par le nouveau propriétaire conteste sept points spécifiques publiés dans un article du Post relatant la vente du titre, que le nouveau propriétaire conteste, en commençant par l’orthographe et la présentation incorrectes de son nom, la nouvelle structure du journal, sa position dans la société Asia PR, ainsi que certaines affirmations concernant des liens qu’aurait le nouveau propriétaire avec le gouvernement. Dans la note, M. Ganapathy réfute également toute relation avec le général de brigade Hun Manith, et souligne qu’il a repris Asia PR en 2011, bien après la fermeture du Cambodia Times. En clair, les trois journalistes ont accueilli plutôt froidement la nouvelle de la vente et présenté le nouvel acquéreur sous un angle peu flatteur et avançant un peu rapidement quelques accusations non vérifiées qui ont déclenché la fureur du nouvel acquéreur. Rappelons que le Post a été vendu par l’Australien Bill Clough alors que le titre faisait face à un redressement fiscal et des poursuites judiciaires initiées par un ancien  collaborateur. Bill Clough, plutôt avare de détails sur la transaction, argumentait du déclin des recettes publicitaires comme principale justification de la cession du titre.

Décrivant l’article comme ”…à la limite du sabotage interne…”, M. Ganapathy, a déclaré qu’il considérait l’histoire comme ”…extrêmement préjudiciable au principe directeur de l’achat et de la prise de contrôle du Phnom Penh Post…”, ajoutant que ”…toutes ces intentions malicieuses combinées … visent à ternir cette prise de contrôle…”. Apparemment très en colère, le nouveau propriétaire du Post ajoute que ”…de tels journalistes pouvant être si négligents et si vicieux dans leurs reportages et la couverture historique d’un tel événement dans le milieu de la presse, ne méritent pas leur place dans un un journal aussi réputé que  le Phnom Penh Post…”.

Dans sa note, M. Ganapathy indique aussi “…exprimer sa profonde déception à l’ex-propriétaire Bill Clough qui avait assuré que l’équipe de presse était de haut calibre (maintenant j’ai de sérieux doutes) et que cette attitude allait à l’encontre de l’esprit dans lequel la transaction a été conclue vendredi dernier…”. D’autres démissions ”forcées ou provoquées” seraient attendues et une réunion de crise aurait lieu actuellement entre la nouvelle direction, leurs avocats et le personnel de Post Media pour déterminer précisément les raisons de l’éviction de Kay Kimsong. Rappelons toutefois que ce dernier a proposé sa démission après avoir refusé de retirer le fameux article concernant la vente du titre, démission qui a été acceptée le jour même.

A noter également que la presse internationale s’est rapidement emparée de l’affaire, bien avant la crise évoquée ci-dessus, arguant d’inquiétudes au sujet de la liberté de la presse dans le royaume et ne manquant pas de citer des parallèles avec la fermeture du Cambodia Daily, journal qui a fermé ses portes en septembre dernier suite à l’impossibilité de faire face à une demande de redressement fiscal.

Haut de page