Quinzaine française de Phnom Penh : Technologie, recherche et succès

C’est sur le campus de la sala techno – l’Institut de Technologie du Cambodge à Phnom Penh – que se tenait, jeudi et vendredi dernier, la première édition des Journées de la Recherche, organisées dans le cadre de la Quinzaine Française par l’Ambassade de France, l’Institut Français, et d’autres organisations cambodgiennes et française dédiées à la recherche scientifique au sens large – des sciences exactes aux sciences humaines et sociales.

Première édition des Journées de la Recherche, organisées dans le cadre de la Quinzaine Française
Première édition des Journées de la Recherche, organisées dans le cadre de la Quinzaine Française

Trois cent personnes étaient attendues ; les participants ont finalement été beaucoup plus nombreux, notamment grâce à l’intérêt des étudiants de l’institut, curieux de voir ces tentes érigées au milieu du campus par les entreprises et les organisations participantes. Ces derniers sont venus de différents horizons, des étudiants aux institutionnels en passant par le secteur privé – reflet d’un écosystème scientifique encore organisé de manière largement ad-hoc, au sein duquel représentants du gouvernement, expatriés, organisations internationales, ONG et acteurs locaux travaillent ensemble au développement scientifique du pays.

Trois cent personnes étaient attendues ; les participants ont finalement été beaucoup plus nombreux, notamment grâce à l’intérêt des étudiants de l’institut
Trois cent personnes étaient attendues ; les participants ont finalement été beaucoup plus nombreux, notamment grâce à l’intérêt des étudiants de l’institut

L’objectif avoué de mettre en réseau tous ces acteurs – et les étudiants qui s’intéresseraient à une carrière universitaire – est largement rempli. « J’ai vu des collègues, français et cambodgien, j’ai retrouvé d’anciens enseignants, le chef du pôle de coopération, c’était très utile (…) deux jours, c’est très court mais c’est quand même une contribution très importante » commente un doctorant cambodgien. Cette fonction de mise en réseau est particulièrement appréciée dans un pays où le monde de la recherche – comme souvent dans la société cambodgienne – est animé en grande partie par les liens informels entre ses différents acteurs : dans ce contexte, organiser des rencontres, construire des plateformes, tisser des liens, participent directement à la création de valeur pour le secteur scientifique.

Ces journées, enfin, étaient aussi l’occasion de resserrer encore les liens solides existant entre les milieux de la recherche français et cambodgiens
Ces journées, enfin, étaient aussi l’occasion de resserrer encore les liens solides existant entre les milieux de la recherche français et cambodgiens

Autour du traditionnel café khmer, les discussions tournent autour des efforts importants du ministre de l’éducation pour favoriser la recherche et des difficultés récurrentes du monde universitaire local – comment, par exemple, convaincre les jeunes cambodgiens nouvellement formés dans les meilleures universités des pays industrialisés de revenir travailler dans leur pays pour un salaire et des moyens de recherche bien inférieurs à ceux dont ils disposent s’ils font carrière à Paris, Londres, New York ou Pékin ?

Ces journées, enfin, étaient aussi l’occasion de resserrer encore les liens solides existant entre les milieux de la recherche français et cambodgiens. L’ambassade de France a rappelé l’attachement de Paris au développement de la recherche au Cambodge et son appui aux initiatives récentes du gouvernement cambodgien en matière scientifique, avec la mise en place d’écoles doctorales dans les universités et l’augmentation récemment annoncée du budget de la recherche. « Le Cambodge et la France ont une longue histoire en commun. La France garde un rôle très important au Cambodge dans tous les domaines, de la gastronomie à la recherche en passant par le droit. C’est un héritage qu’il faut préserver, faire vivre, et les Journées de la Recherche y participent. » nous explique un intervenant khmer.

Côté organisation, participants et intervenants s’accordent à saluer le rôle de l’Institut de Technologie du Cambodge. Longtemps affilié à l’Agence Universitaire de la Francophonie, qui a rénové l’Institut entre 1993 et 2004 avant de repasser la main aux autorités cambodgiennes, l’ITC et son spacieux campus situé boulevard de la Fédération de Russie à côté de l’université royale de droit et d’économie offraient un écrin parfait à ces premières Journées de la Recherche, dont on devine volontiers qu’elles ne seront pas les dernières.

Par Hugo Roussel

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