Communauté : Décès de Corrieras, barbu, biker et photographe au grand coeur

Le photo-reporter originaire de Teuillac, Serge Corrieras, est décédé hier à Blaye, là ou il vivait depuis sa retraite. Personnage atypique, témoin de nombreux conflits à travers le monde, Serge Corrieras est connu au Cambodge pour y avoir réalisé son premier scoop : la photographie de Khieu Samphân, l’ancien président du régime des Khmers rouges, la tête en sang, après son lynchage évité de justesse par la foule lors de son retour à Phnom Penh le 27 novembre 1991.

Serge Corrieras. Photographie FB
Serge Corrieras. Photographie FB

Serge Corrieras est né en Haute Gironde, à Teuillac en 1958. Corrieras découvrira sa passion pour la photographie dans les années 1980. Alors qu’il travaille dans un bar d’Avoriaz, le jeune homme s’amuse à photographier visages, rues, et instants pour son propre plaisir jusqu’à ce qu’il soit repéré par un magasin de photos qui l’embauche. Le photographe entre ensuite à l’Établissement de communication et de production audiovisuelle de la Défense à Toulouse. Et, à partir de 1984, il commencera à travailler pour différentes agences de presse.

Cambodge

En 1991, Serge Corrieras a l’occasion de partir au Cambodge pour la restauration du pavillon Napoléon III du palais royal de Phnom Penh. C’est ainsi qu’il sera présent lors du retour de l’ancien dirigeant du régime des Khmers rouges. Il travaille ensuite pour l’AFP, Reuters et l’agence Sipa et quelques journaux, documentant l’activité des hommes de l’APRONUC dans le royaume ”…Au début, il n’y avait que quelques photographes au Cambodge, mais très vite du monde est arrivé…On travaillait en négatifs couleurs pour les news et en diapositives pour le reste…Les conditions étaient correctes à Phnom Penh car on avait un labo. Mais dès qu’on se déplaçait, cela devenait plus dur…”, confiait-il au journal Sud-Ouest lors d’une conférence sur la photographie numérique.

Serge Corrieras a vécu jusqu’en 1999. Il livrera alors ensuite, pendant une dizaine d’années de nombreuse photographies, montrant l’actualité et les conditions de vie d’un Cambodge qui peine à vivre en paix. Il documentera surtout l’effet des mines anti-personnelles sur les populations. De retour en France en 1999, Serge Corrieras fut photographe correspondant pour différentes agences jusqu’en 2013.

En février 2018, Corrieras accordera sa dernière interview à la blogueuse Marie Nel, qui confiera avoir rencontré ”…Un type barbu, biker un peu fou, un peu pas là mais tellement présent, arpentant le Salon du livre Préface à Blaye, l’appareil photo en bandoulière, à la recherche d’âmes à capturer car c’est ainsi que Serge se définit. Un voleur d’âmes…”.

Pour consulter l’album photographique de Serge Corrieras sur le Cambodge, cliquer ici…

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