Banque asiatique de développement : Le Cambodge maintiendra une forte croissance ces deux prochaines années

L’Asia Development Outlook 2018 – Perspectives de développement en Asie, publié hier par la Banque asiatique de développement, estime à 7% la croissance économique du royaume en 2018 et 2019, ceci grâce à une croissance forte des principaux moteurs de la croissance économique du pays : construction, industrie du vêtement et de la chaussure, tourisme et commerce. Sont également prévus une forte croissance des exportations, de solides investissements étrangers, une croissance soutenue du nombre d’arrivées de touristes et une demande intérieure soutenue.

Evolution et parts des différents secteurs influant sur la croissance économique
Evolution et parts des différents secteurs influant sur la croissance économique

Toutefois, le rapport indique un ralentissement de l’industrie du vêtement et de la chaussure au cours des prochaines années, ralentissement qui devrait être compensé par l’émergence d’industries non traditionnelles comme l’électronique, la fabrication de pièces automobiles et de bicyclettes, ainsi que d’autres industries plus traditionnelles comme le riz usiné et la production de caoutchouc. Globalement, la Banque asiatique de développement prévoit une croissance de l’activité industrielle de 9,6% dans le royaume en 2018. Le secteur des services continuera de croître à 7,1%, stimulé par une industrie touristique dynamique, alors que le secteur agricole devrait croître de 1,8% seulement. Avec 80% de l’activité industrielle concentrée dans le secteur du vêtement et de la chaussure, le Cambodge devrait se concentrer sur le développement d’autres industries technologiquement avancées, et investir dans son capital humain en formant sa main-d’œuvre, indique le document.

La politique budgétaire devrait être plus expansionniste en 2018 que l’année dernière, avec une croissance des revenus accrue compensée par un niveau plus élevé des dépenses publiques. En outre, le rapport prédit que le déficit du compte courant s’élargira à mesure que le coût du pétrole et d’autres produits importés augmentera.

La Banque nationale du Cambodge a maintenu un taux de change stable de 4 050 riels par rapport au dollar américain. La croissance du crédit bancaire au secteur privé est restée mesurée, à 18,5% l’année dernière contre une moyenne de 27,0% par an au cours des trois années précédentes, cela en raison de la mise en œuvre d’exigences de capital minimum plus élevées et d’un meilleur taux de couverture pour les banques.

L’inflation devrait augmenter à 3,2% cette année et à 3,5% en 2019 avec une poursuite de la forte croissance du PIB et des prix internationaux des produits alimentaires et pétroliers subissant des tendance plus élevées. Cependant, les prix des aliments locaux, cruciaux pour les ménages les plus pauvres, devraient rester modérés, sauf conditions météorologiques défavorables.

Le rapport souligne que la croissance économique nationale pourrait éventuellement être affectée par les élections nationales de juillet, les investisseurs pouvant craindre une instabilité politique. Toutefois, les statistiques montrent que l’incidence des périodes électorales sur le flux d’investissements reste minime (ndlr). Les risques externes comprennent aussi la possibilité que les États-Unis resserrent les taux d’intérêt plus rapidement que prévu, et la volatilité accrue sur les marchés financiers internationaux et les hausses du prix du pétrole brut.

La Banque asiatique de développement souligne également que, si les salaires nominaux ont augmenté de manière significative dans l’industrie du vêtement au cours des cinq dernières années, cette croissance n’a pas été compensée par une augmentation proportionnelle de la productivité.

Le déficit commercial devrait rester important alors que les coûts d’importation risquent d’augmenter pour le pétrole importé. Cependant, la hausse prévisible des recettes du tourisme devrait amortir le déficit. Les prêts concessionnels de l’étranger devraient être plus que suffisants pour rééquilibrer le compte courant, et aussi permettre d’accumuler des réserves de change à hauteur de dix milliards de dollars d’ici la fin de 2018.

Haut de page