Services – Dossier : Transports publics à Phnom Penh

La circulation et les embouteillages dans Phnom Penh sont devenus l’un des défis majeurs de la capitale cambodgienne. Outre les désagréments liés à la perte de temps, au stress, à la pollution, une circulation difficile pose également de sérieux problèmes d’image pour la ville, alors même que le Cambodge connait un développement exponentiel, et attire de plus en plus d’investisseurs. 

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Si l’encombrement des grands boulevards de Phnom Penh aux heures de pointe n’est pas encore comparable à celui des grandes mégapoles d’Asie, la situation risque de susciter quelques inquiétudes supplémentaires avec un nombre croissant de berlines sur le marché, qui vient s’ajouter au nombre déjà impressionnant de motocyclettes et tuktuks. Sur une base hebdomadaire, il y a environ 1200 voitures importées au Cambodge. Et, la plupart se retrouvent dans la grande région de Phnom Penh. Selon le ministère des Travaux publics et des Transports, il y aurait un peu plus de 60 000 nouvelles voitures particulières de plus en circulation chaque année. Cela porte à plus de 3,7 millions le nombre total de véhicules immatriculés sur les routes cambodgiennes aujourd’hui, avec (estimation) 540 000 voitures et 3 200 000 motos. Pour une ville de près de deux millions d’habitants, C’est assez important.

Face à cette situation, le ministère des Travaux publics et des Transports, la municipalité de Phnom Penh, le gouvernement, des ONG partenaires et les pays donateurs, en particulier Chine et Japon, se sont concertés pour tenter d’améliorer la circulation dans la capitale, et de promouvoir ainsi les transports en communs.

Autobus public à Phnom Penh. Photographie Ros Puthineat (PD)
Autobus public à Phnom Penh. Photographie Ros Puthineat (PD)

LE RESEAU PUBLIC DE BUS
Le réseau de bus public de Phnom Penh mis en place en septembre 2014 a récemment été étendu à douze itinéraires desservis par 150 bus, et offre un service bien utile aux résidents et aux visiteurs. C’est le premier projet de services de transports publics du royaume. Certainement plus lent que d’autres moyens de transport, l’autobus est un moyen beaucoup plus confortable d’affronter un embouteillage dans Phnom Penh. Le billet pour un seul voyage coûte 2 500 riels sur ces nouveaux autobus climatisés offerts par la Chine, et les services sont disponibles tous les jours de 5 h 30 à 20 h 30. Les abribus sont couverts, tous affichent la carte des itinéraires et il est possible de s’asseoir.

Cependant, pour tirer le meilleur parti du système, il est possible de télécharger l’application gratuite “Stops Near Me”. L’application, développée par une jeune enseignante cambodgienne, Malypoeur Plong, est disponible en anglais et en khmer, elle affiche la carte routière complète pour tous les bus et signale l’ensemble des arrêts. “Stops Near Me” permet également de suivre les trajets en bus afin de savoir quand le prochain arrive. Il est possible de télécharger l’application gratuitement depuis Google Play ou Apple App Store.

Les plus des autobus
C’est de loin l’option la moins chère, même pour de courts trajets. Un bus sur la route 3 du marché de nuit à l’aéroport de Phnom Penh, par exemple, coûte seulement 2500 riels, alors qu’un tuktuk demandera entre huit et dix dollars et un taxi appli près de dix dollars. Les bus présentent l’avantage de tarifs fixes, il n’est donc pas utile de négocier. Toutefois, il est prudent d’avoir la somme juste pour l’achat du ticket, les chauffeurs ont rarement la monnaie.
Les nouveaux bus sont plus sûrs et plus confortables que les motos et les tuk-tuks. Le risque de vol à l’arraché est nul et, pour les touristes, un trajet en bus permet de visiter la ville sans les inconvénients du bruit, de la chaleur et de la pollution.
Les moins des autobus
Tous comme les autres véhicules, ils doivent affronter la circulation des heures de pointe. Le bus ne dépose pas les usagers à la porte de leur domicile, il faut donc marcher un peu et cela peut être un petit inconvénient au retour de shopping avec des paquets encombrants.

TRAIN
Le ministre des Travaux publics et des Transports, Sun Chanthol, a annoncé en février que la ligne de chemin de fer reliant Phnom Penh à l’aéroport était achevée à 50%. Le ministre a ajouté que les trains sont en route pour le royaume depuis le Mexique, et devraient arriver en mars. Le service devrait être opérationnel avant la nouvelle année khmère à la mi-avril. Le nouveau train utilisera trois locomotives importées du Mexique pour le transport de passagers, chaque train pouvant transporter jusqu’à cent passagers. En décembre dernier, Sun Chanthol avait déclaré que le nouveau service de train serait gratuit pour tout le monde au cours des trois premiers mois. Si ce projet contribuera certainement à désengorger le tronçon Phnom Penh Pochentong, il ne règle, justement, qu’une partie du problème.

Bateau taxi sur Wang Lang Pier, Chao Phraya River, Bangkok. Photographie David McKelvey (cc)
Bateau taxi sur Wang Lang Pier, Chao Phraya River, Bangkok. Photographie David McKelvey (cc)

EN PROJET : LES BATEAUX TAXI
Un service de bateaux taxis reliant Prêk Phnov dans la partie nord de Phnom Penh à la ville de Takhmao dans la province de Kandal via le Tonlé Sap, le Mékong et le Bassac, devrait être lancé en avril 2018. Selon Va Simsorya, porte-parole du ministère des Travaux publics et des Transports, six des quinze stations-service – zones d’accostage prévues pour les bateaux taxis seront construites en avril. Les techniciens du ministère travaillent à présent sur les endroits appropriés pour bâtir ces stations. D’après le ministère, chaque bateau, qui fera 14 m de long et de 3,9 m de large, transportera au maximum 48 passagers. Le ministre d’Etat Sun Chanthol, ministre des Travaux publics et des Transports, a indiqué que le système de bateau taxi contribuerait à réduire les embouteillages dans les rues principales, et que pour la première étape, le service s’adresserait seulement aux passagers. Le ministère projette ensuite de construire des zones d’accostage le long des rivières pour le transport des produits agricoles.

Automated Guideway Transit (AGT) Tokyo, Japon. Photographie 掬茶 (cc)
Automated Guideway Transit (AGT) Tokyo, Japon. Photographie 掬茶 (cc)

EN PROJET : TRAIN AUTOMATIQUE
L’Agence japonaise de coopération internationale (JICA) mène actuellement une étude de faisabilité pour la construction d’une voie ferrée à Phnom Penh, avec l’objectif global d’élaborer un plan directeur visant à réduire la congestion routière dans la capitale. L’étude préparatoire pour le projet Automated Guideway Transit (AGT) devrait être terminée en mai 2018. L’AGT est un système de transport en commun à entraînement électrique avec des autocars pouvant transporter un maximum de trente passagers chacun et fonctionner à une vitesse de soixante kilomètres à l’heure. L’AGT nécessite moins d’espace et peut facilement être manœuvré dans les petites artères de la ville. Conçu pour être respectueux de l’environnement, l’AGT consomme moins de combustible fossile et s’avère donc moins polluant.
Le projet fait partie de la préparation d’un système global de transports publics à Phnom Penh, indique Va Simsorya : “…Le ministère a envisagé des projets semblables comme celui-ci depuis longtemps, et nous comprenons la nécessité de réduire les embouteillages dans la ville…”. Le porte-parole de l’hôtel de ville, Met Measpheakdey, a déclaré que le projet démarrerait du boulevard Samdech Monireth et irait au rond-point de Chom Chao via le boulevard Veng Sreng.
Selon la JICA, le projet de développement du métro de Phnom Penh coûtera environ 800 millions de dollars. Hideaki Iwase, conseiller pour l’étude de projets de la JICA, indique que l’AGT implique la construction d’un chemin de fer urbain à Phnom Penh susceptible d’aider à limiter les embouteillages : “…Le rapport final de l’étude de faisabilité sera bientôt soumis au gouvernement cambodgien. Il prendra alors la décision de lancer ou non le projet…’’.

Christophe Gargiulo

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