Politique : Hun Sen refuse de rencontrer Sam Rainsy en Australie

S’exprimant hier lors de inauguration de la pagode Chhuok Var à Phnom Penh, Hun Sen a souhaité répondre à un tweet de Sam Rainsy, qui a déclaré sur la plate-forme sociale qu’il était “ouvert” à rencontrer le Premier ministre pour résoudre, dit-il,  une “crise sans précédent”. Le Premier ministre  a immédiatement rétorqué qu’il bloquerait toute tentative de rencontre entre lui et l’ancien dirigeant de l’opposition lors de la réunion prévue pour le Sommet Asean-Australie qui se tiendra du 17 au 18 mars.

Le Premier ministre lors de inauguration de la pagode Chhuok Var à Phnom Penh
Le Premier ministre lors de inauguration de la pagode Chhuok Var à Phnom Penh

“…Je suis toujours prêt à rencontrer le gouvernement de Hun Sen afin de trouver une solution pacifique à cette crise sans précédent, une solution qui serait acceptable pour les deux parties avec des garanties internationales…”, déclare Sam Rainsy. Le tweet de M. Rainsy a débouché sur des discussions sur les médias sociaux selon lesquelles lui et ses partisans essaieraient d’organiser une réunion avec M. Hun Sen lorsqu’il assistera au sommet ce mois-ci, une idée que le premier ministre a fermement abattu hier.

“…Je vais en Australie pour participer au Sommet Asean-Australie, mais certainement pas pour négocier avec les anciens dirigeants de l’opposition…Je veux confirmer que, pendant plus de la moitié de ma vie , j’ai été engagé dans des négociations et que je suis devenu un spécialiste de la négociation…mais je ne négocie pas avec des traîtres ou des membres perfides du parti…”, a déclaré M. Hun Sen. Le Premier ministre a également ajouté que tous les étrangers travaillant pour organiser une réunion entre lui et M. Rainsy perdaient leur temps.

M. Rainsy vit en exil depuis 2015 après avoir été frappé par de nombreux procès. Le mois dernier, le tribunal municipal de Phnom Penh a accusé M. Rainsy par contumace de démoralisation de l’armée et d’incitation du personnel militaire à désobéir aux ordres après avoir appelé les forces armées à désobéir s’ils recevaient l’ordre de tirer sur des civils. Le mois dernier également, la Cour municipale de Phnom Penh a délivré un mandat pour saisir temporairement l’ancien siège du CNRP appartenant à M. Rainsy, en garantie de poursuites judiciaires pour diffamation.

Avant les élections nationales de 2013, M. Hun Sen avait demandé qu’un pardon royal soit accordé à M. Rainsy, lui permettant de retourner au Cambodge sans être arrêté et de participer aux campagnes électorales nationales. Le pardon avait mis fin à une période d’exil de plusieurs années pour M. Rainsy, qui s’était réfugié en France pour échapper à la prison. Gageons que l’option du pardon n’est plus vraiment à l’humeur du jour…

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