Communauté : Eric Stocker et la passion française

Il est l’artisan de Siem Reap qui a participé à la renaissance des arts au Cambodge en s’impliquant dès 1998 dans les chantier-écoles de Siem Reap, puis des Artisans d’Angkor. Professionnel reconnu pour son talent et son sens du partage, Eric Stocker est aussi un Français qui aime voir sa communauté s’épanouir. Pour Cambodge Mag, Eric Stocker raconte son parcours et les raisons de son implication dans la vie française de Siem Reap.

Comment êtes-vous arrivé au Cambodge ?

En fait, je suis arrivé en 1998, dans le cadre d’un projet de l’Union Européenne, sur les chantier-écoles de formation professionnelle au sein du ministère de la jeunesse et des sports. J’étais restaurateur pour le mobilier national en laque chinoise ou japonaise. L’Union Européenne m’a demandé de travailler sur la renaissance de tout ce qui concerne l’art de la laque, de la dorure, et la science des pigments, la polychromie.

Eric Stocker est aussi un Français qui aime voir sa communauté s'épanouir
Eric Stocker est aussi un Français qui aime voir sa communauté s’épanouir

Quel a été votre premier travail en arrivant ?

En arrivant, mon premier travail a été de retrouver des arbres à laque et je me suis rendu à Kampong Thom, là où, en 1925, les Français avaient créé des plantations. J’ai retrouvé les arbres, et j’ai commencé à former des saigneurs. Au bout d’une année, nous avions obtenu suffisamment de laque pour que je commence mon activité. J’ai commencé avec douze apprentis.  Au bout de trois ans, j’en avais formé pas loin de 350. En 2001, nous avons assisté à la création des Artisans d’Angkor. J’y suis resté comme Directeur des Métiers jusqu’en 2008.

Vous avez ensuite créé votre propre atelier, pour quelles raisons ?

En 2008, après dix bonnes années, j’ai ouvert mon propre atelier à Siem Reap. J’avais envie de ma propre création. En tant que Directeur des métiers chez Artisans d’Angkor, j’étais aussi en charge de la sculpture sur bois, de la menuiserie, de la sculpture sur pierre. En fait, je m’occupais de tout, sauf du secteur de la soie. J’avais donc 850 artisans sur le dos, j’étais plus dans les bureaux à gérer une production qu’en atelier. En fait, la création me manquait. J’avais envie de reprendre les outils, de retravailler. Mais les chantiers-écoles et les Artisans d’Angkor ont été pour moi une expérience formidable, une belle opportunité de partager mon savoir-faire. En France, il aurait été impossible de participer à un projet comme celui-ci. En 2008, j’ai donc monté ce petit atelier, actuellement constitué de 19 personnes. Nous travaillons très peu avec les touristes, plutôt avec les architectes d’intérieur, les designers, et une clientèle privée.

Les créations d'Eric Stocker présentées lors de la semaine francaise de Siem Reap
Les créations d’Eric Stocker présentées lors de la semaine française de Siem Reap

Avec la Semaine Française, vous avez montré une implication forte dans la communauté française, pouvez-vous nous en dire plus ?

Il y a vingt ans, nous n’étions que quinze Français à Siem Reap…Nous sommes maintenant 500 dans la ville. Autant nous étions très proches les uns des autres il y a vingt ans, autant cela s’est un peu dilué aujourd’hui. Nous avions à l’époque un seul café pour nous retrouver le soir. Nous étions une grande famille. Vrai qu’aujourd’hui, je ne connais pas tous les Français de Siem Reap. Je les découvre par hasard, je viens de rentrer à la Chambre de Commerce France-Cambodge et, cette représentation me permet de retrouver une communauté, des gens que je ne connaissais pas, et qui sont là depuis plusieurs années.

Vous aimez rencontrer des Français ?

J’ai toujours aimé rencontrer des gens et, en même temps, je trouve assez formidable de voir la communauté française être assez impliquée dans sa transmission de savoir. C’est un phénomène assez riche sur Siem Reap, peut-être plus qu’à Phnom Penh. Je suis toujours étonné de voir ce que la France peut apporter à un pays comme le Cambodge. Il me semblait naturel de prendre ce poste de conseiller qui me permet d’appuyer des initiatives. C’est d’ailleurs comme cela qu’est née l’idée de la semaine française. Cela permet de générer une dynamique entre les gens, d’apporter des plateformes de discussion, et de créer des petits clubs d’affaires.

Avez-vous beaucoup d’amis français ?

Oui, ici j’ai beaucoup d’amis français. Je suis souvent au Japon, donc j’ai aussi beaucoup d’amis japonais, leur communauté est assez importante à Siem Reap. A rappeler aussi que la France est aussi le pays de la gastronomie, et Le secteur des métiers de la bouche est très important à Siem Reap, j’en suis donc très content. Les marques françaises aujourd’hui sont très présentes et nous avons pu réunir cinquante entreprises et organisations lors de la semaine française, c’était impensable il y a vingt ans.

Quelle satisfaction tirez-vous de cette première semaine française de Siem Reap ?

Je suis simplement content que des gens peuvent se rencontrer, échanger des idées…oui, pour moi, c’est une fierté. Et la French Week sera reconduite l’année prochaine mais, en même temps, nous allons travailler sur des plateformes mensuelles sur l’enseignement, sur la formation, les entreprises.

D’autres projets vers cette communauté ?

Nous voulons aussi rencontrer et aider les Français qui veulent s’installer. Etant Français installé depuis vingt ans ici, j’étais très souvent sollicité pour des renseignements. J’ai pris ce poste à la Chambre de Commerce, mais en fait je formalise une activité que je fais depuis vingt ans, c’est-à-dire donner un coup de main à ceux qui s’installent avec quelques informations, conseils et recommandations sur quelques aspect légaux et quelques précautions à prendre. Je rends service, je l’ai toujours fait, et cela me rend heureux de voir que d’autres Français vont arriver et seront bien accueillis.  Je crois qu’il est également important de mettre en avant notre communauté vers les Cambodgiens. Nous avons organisé cette semaine française afin que les communautés locales puissent venir et découvrir ces entreprises françaises et leur savoir-faire.

Christophe Gargiulo & Emma Dubois

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