Economie : La dette publique du royaume reste acceptable

Selon le Bulletin statistique sur la dette publique du Cambodge (khmer et anglais), publié par le Ministère de l’économie et des finances, le Cambodge a remboursé 1,14 milliard de dollars au titre de la dette publique depuis 1994. En 2017, 210 millions ont été remboursés. Le bulletin indique que le gouvernement a signé l’an dernier des accords de prêts concessionnels (1) avec des partenaires au développement totalisant 977 millions de dollars et des droits de tirage spéciaux (DTS – Special Drawing Rights )(2) de 685 millions de dollars.

La dette publique du royaume reste acceptable - Phnom Penh - Photographie par Toyohara (cc)
La dette publique du royaume reste acceptable – Phnom Penh – Photographie par Toyohara (cc)

Les prêts concessionnels des partenaires au développement bilatéraux se sont élevés à 804 millions de dollars, contre 173 millions de dollars pour les partenaires multilatéraux. De 1993 à la fin de 2017, le Cambodge a signé des accords de prêt concessionnels avec des partenaires de développement pour une valeur de 9,685 milliards de dollars, indique le bulletin.

En 2017, le gouvernement a emprunté 6,377 milliards de dollars sur une base bilatérale. De ce montant, 4,05 milliards de dollars proviennent de Chine, 1,235 milliard de dollars du Japon et 145 millions de dollars de France. Les autres pays prêteurs sont l’Inde (75,2 millions de dollars), la Corée du Sud (720 millions de dollars), la Malaisie (8,66 millions de dollars), la Thaïlande (95,48 millions de dollars) et le Vietnam (44,56 millions de dollars). Parmi les partenaires de développement multilatéraux, le Cambodge a emprunté au total 3,307 milliards de dollars.

La Banque asiatique de développement a débloqué 2,119 milliards de dollars, la Banque mondiale, 968,35 millions de dollars, le Fonds international de développement agricole 138,46 millions de dollars, le Fonds de développement nordique 12 millions de dollars et le Fonds de l’OPEP pour le développement international : 69,80 millions de dollars.

En 2017, le gouvernement a déboursé 721,87 millions de dollars auprès de partenaires au développement, dont 77,5% (559,43 millions de dollars) proviennent de partenaires de développement bilatéraux et 22,5% (162,44 millions de dollars) proviennent de partenaires de développement multilatéraux. De 1993 à la fin de 2017, le gouvernement a dépensé 6,77 milliards de dollars des fonds issus des partenaires de développement.

Selon le bulletin, l’objectif prioritaire des emprunts est de financer des projets d’investissements publics, dans des secteurs prioritaires susceptibles de favoriser une croissance économique durable, à savoir infrastructures, connectivité, et assainissement. Le document du ministère indique également que les comptes du secteur des infrastructures couvraient 87,80% du total des prêts, tandis que 12,20% couvraient d’autres secteurs prioritaires. Le secrétaire d’Etat à l’Economie et aux Finances, Vongsey Visoth, avait déclaré en janvier dernier, lors d’un forum sur le budget national, que le gouvernement prévoyait de réduire sa dette extérieure en émettant des obligations. Il avait ajouté que la réduction de la dette extérieure aiderait à équilibrer le budget des dépenses. Parallèlement, l’émission d’obligations viendrait compléter la hausse des recettes provenant de la perception des impôts, qui avait bien augmenté au cours des dernières années grâce à un bien meilleur système de collecte et de mise en force des textes de loi.

Les dépenses publiques du Cambodge s’élèveront cette année à 6,4 milliards de dollars, soit 18,75% du PIB, comme indiqué dans le budget national pour 2018. Les recettes publiques devraient atteindre 4,6 milliards de dollars. Le ratio dette / PIB actuel du Cambodge se situe actuellement aux alentours de 33%, soit un niveau d’endettement qui reste acceptable.Ce ratio ne devrait pas empêcher le pays de continuer à emprunter à peu de risques pour financer son développement public. Toutefois, les experts préconisent d’aller de l’avant dans l’émission d’obligations afin de localiser les emprunts et de créer de l’espace en cas de crise.

1 – Les prêts concessionnels sont émis par des Institutions de Financement du Développement (DFI) et des organisations financières non gouvernementales. Comparées à des banques commerciales, ces organisations acceptent un risque plus élevé dans le but d’atteindre des objectifs de développement.

2 – Les droits de tirage spéciaux (DTS, en anglais, Special Drawing Rights : SDR) sont un instrument monétaire international, créé par le FMI en 1969 pour compléter les réserves officielles existantes des pays membres. Le DTS est constitué d’un panier de devises réévalué tous les cinq ans, constitué depuis le 1er octobre 2016 des devises suivantes : le dollar américain, l’euro, la livre sterling, le yen et le yuan.

NDLR : Le document du ministère n’indique pas s’il s’agit de la dette publique brute ou nette (actifs de l’état déduits). Toutefois, le ratio reste très acceptable dans les deux cas et bien en deçà de certains grands pays industrialisés. Le rapport mentionne également dette publique extérieure et dette public domestique (anglais). Sur ce dernier terme, il s’agit de la dette intérieure et non de la dette des ménages.

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