Politique – Premier ministre : Rien n’affectera les prochaines élections

Lors de la cérémonie d’inauguration du projet d’amélioration de la route nationale 5, le Premier ministre Hun Sen a annoncé, une fois de plus, que le Cambodge était résolument un pays démocratique. ”…Le Cambodge a tenu les élections sénatoriales le 25 février 2018 et les prochaines élections à l’Assemblée nationale auront lieu le 29 juillet 2018 comme prévu, il est hors de question d’envisager d’annuler ces élections…”, a déclaré l’homme fort du régime.

Le Premier ministre Hun Sen
Le Premier ministre Hun Sen :il est hors de question d’envisager d’annuler ces prochaines élections…

“…Le Cambodge n’annulera ni ne reportera aucune élection. C’est le processus régulier de la démocratie au Cambodge…la démocratie exige la primauté du droit. Sans la loi, ce serait l’anarchie…”, a-t-il ajouté, faisant allusion aux affaires judiciaires ayant entraîné la dissolution du principal parti d’opposition, l’arrestation du leader Kem Sokha et l’exil ”forcé et prolongé” de Sam Rainsy. La semaine dernière le Premier ministre avait rencontré  le conseiller du Premier ministre du Japon, Kentaro Sonoura. Ce dernier avait demandé alors des éclaircissements sur la situation politique et sur le prochain déroulement des élections législatives de cette année. Lors de cet entretien, Hun Sen avait réaffirmé à nouveau et sans hésitation, son souhait de ne pas intervenir en faveur du retour de l’ancien parti d’opposition sur la scène électorale, ni d’interférer dans le processus judiciaire concernant l’affaire Sokha. Une façon de dire qu’il ne cédera pas aux pressions internationales, fermes à l’occidentale ou nuancées à la japonaise, demandant la participation du CNRP aux élections de 2018 et la libération de Sokha.

L’ancien dirigeant de l’opposition emprisonné, Kem Sokha, sera amené mardi devant la Cour d’appel pour contester une décision prise début mars pour prolonger sa détention provisoire de six mois. Sokha, l’ancien président du CNRP, est emprisonné à Tbong Khmum depuis son arrestation le 03 septembre à minuit pour “trahison”. L’arrestation suivait la sortie d’une vidéo de 2013 dans laquelle Sokha aurait discuté d’une aide étrangère pour son parti. Le porte-parole de la cour d’appel, Touch Tharith, a confirmé que Sokha serait présent à la cour mardi.

De son coté, l’ancien leader de l’opposition, Sam Rainsy, a critiqué le système judiciaire cambodgien, affirmant qu’il était sous le contrôle du parti au pouvoir. Cette déclaration fait suite à la convocation de ce dernier pour interrogatoire sur des accusations de trahison. Le tribunal municipal de Phnom Penh a convoqué la semaine dernière M. Rainsy pour qu’il comparaisse devant le tribunal en mai, après avoir été accusé d’avoir accepté de céder quatre provinces du nord-est aux Montagnards du Vietnam s’il avait remporté les élections de 2013. “…Quand il s’agit de politique, le tribunal du Cambodge a déjà été tellement décrié et ridiculisé que toutes ces inculpations deviennent insignifiantes pour moi…”, a déclaré M. Rainsy sur Twiter, ajoutant que “…Cette farce judiciaire ne fait que montrer le Premier ministre essayant de m’éloigner de plus en plus du processus électoral pour ces prochaines élections…”

Sok Eysan, porte-parole du CPP, a déclaré que M. Rainsy a créé ses propres problèmes et que, “…quand une élection approche, il provoque toujours des problèmes…Il serait temps qu’il se comporte de façon responsable…”, a conclu Sok Eysan.

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