Table Ronde : Protection des productions créatives au Cambodge

Dans le cadre de la Quinzaine Française, la CCIFC proposait ce lundi, au nouveau Campus Numérique de Institut de Technologie du Cambodge, une nouvelle Table Ronde autour d’une thématique plutôt actuelle : la protection des productions créatives au Cambodge. Animée par le Président de la Commission PME/Start-up, Djamel El Akra, cette Table Ronde réunissait Mr. Ang Pich, Avocat, Président de l’Association de Propriété Intellectuelle au Cambodge (IPAC) ; Jean-Benoit Lasselin, Directeur général de colorblind et Franck Touch, Directeur général de KhmerDev.

Table Ronde sur la protection des productions créatives au Cambodge
Table Ronde sur la protection des productions créatives au Cambodge

En préambule, Djamel El Akra rappelait les dispositions légales existant au Cambodge et permettant de protéger une oeuvre, un brevet, une invention, ainsi que les objectifs de cette Table Ronde, à savoir quels sont les défis auxquels sont confrontés les créatifs ; quelles sont les solutions pour permettre à ces créatifs de valoriser leurs produits au Cambodge ?

Franck Touch, Directeur général de KhmerDev
Franck Touch, Directeur général de KhmerDev

”…Il existe trois niveaux concernant la production de services informatiques, expliquait ensuite Franck Touch, Directeur général de KhmerDev, soit nous développons un logiciel ou une application avec un code source dont nous gardons la propriété, soit nous développons et partageons avec le client la propriété du code, soit nous vendons le code en exclusivité à notre client…ce qui suppose évidemment trois niveaux de prix…”. Dans tout les cas de figure, et devant la longueur et parfois la difficulté d’une procédure pour faire reconnaître la paternité d’un développement informatique, le DG de KhmerDev préconise le besoin de documents contractuels solides lors de la cession-vente d’une oeuvre informatique.

De gauche à droite, Jean-Benoit Lasselin, Directeur général de colorblind, Mr. Ang Pich, Avocat, Président de l’Association de Propriété Intellectuelle au Cambodge (IPAC) et Djamel El Akra, Président de la Commission PME/Start-up
De gauche à droite, Jean-Benoit Lasselin, Directeur général de colorblind, Mr. Ang Pich, Avocat, Président de l’Association de Propriété Intellectuelle au Cambodge (IPAC) et Djamel El Akra, Président de la Commission PME/Start-up

Opinion différente et plus originale de la part du créateur – designer Jean-Benoit Lasselin qui avance ensuite que l’industrie de la mode est un secteur très copié et que, ”…le problème de la protection est un faux problème…”. ”…Le temps juridique est plus lent que que le cycle des saisons de mode et un recours pour plagiat ou infraction à la propriété n’aboutit que longtemps après la mise en route d’une procédure. Cela ne cadre pas avec le rythme des saisons de la mode, donc j’estime que c’est une perte de temps…Et, il appartient au créateur d’être innovant, à la pointe, et de rendre son produit suffisamment attractif pour lui donner une identité solide qui fidélisera les acheteurs…”, déclarait Mr. Lasselin ajoutant que trop d’acteurs de la mode perdaient beaucoup trop de temps dans la recherche de tendances qui se ressemblent trop, et que les créatifs du secteur devraient plus se concentrer sur la recherche créative pure, l’analyse, et la recherche d’originalité, des attitudes qui, selon le designer, réduiraient sensiblement l’énergie gaspillée par les recours des uns et des autres, contre les uns et les autres dans ce secteur.

Mr. Ang Pich rappelait ensuite les différentes modalités existant au Cambodge pour protéger les productions créatives, mais avouait qu’il y avait assez peu de recours devant les tribunaux en raison du caractère relativement nouveau de ce concept, et du manque d’expérience parfois des magistrats devant traiter des litiges liés à la protection des droits.  Mr. Ang Pich citait ensuite quelques cas qui ont surgi dans le milieu de l’audiovisuel local et qui se sont réglés à l’amiable. L’avocat expliquait ensuite qu’il existait, pour des raisons historiques, de nombreuses œuvres artistiques orphelines et que la reconnaissance en faveur des ayant-droits était très compliquée, justement en raison de l’absence de documents. ”…Prenons l’exemple de Sin Sisamouth, un artiste qui a été extrêmement prolifique dans ses interprétations, mais on connait mal les auteurs des chansons qui, en ”théorie juridique”, sont les premiers bénéficiaires de ces œuvres…”, expliquait Mr. Ang Pich.

Pour conclure les interventions de ce panel, Djamel El Akra donnait ensuite la parole à S.E. Dr. OM Romny, Directeur Général de l’Institut de Technologie du Cambodge qui a fait part de la naissance d’un nouveau projet de collaboration de l’ITC avec une entreprise fabricant des automates et dont les brevets sont en Open Source, une méthode qui permet d’éviter les complications et de participer au développement d’une initiative en la partageant avec des universitaires.

L’Open Source détermine les conditions nécessaires pour qu’une licence soit considérée comme libre par l’Open Source Initiative. Elle est publiée sur le site de l’OSI avec une liste de licences approuvées…en savoir plus ici..

Haut de page