Politique : Hun Sen avance la théorie du complot US derrière l’assassinat de Kem Ley

Le Premier ministre Hun Sen a créé quelque sensation à Sydney lors du sommet spécial ASEAN- Australie, en affirmant que Chun Chanboth, journaliste et directeur adjoint de Radio Free Asia collaborait avec le gouvernement cambodgien,  et qu’il avait demandé une protection au Premier ministre par crainte d’un assassinat. Hun Sen a également affirmé qu’une “troisième main” serait derrière le meurtre de Kem Ley.

Le Premier ministre Hun Sen lors du Sommet Spécial ASEAN Australie. Photographie AKP
Le Premier ministre Hun Sen lors du Sommet Spécial ASEAN Australie. Photographie AKP

Chun Chanboth a fui le royaume en mai 2016 pour échapper à une comparution devant le tribunal. Mais, selon le premier ministre, il collaborait avec les services de renseignements de l’armée en communiquant avec le lieutenant-général Hun Manet, fils du Premier ministre, via l’application WhatsApp. Le premier ministre a confirmé que M. Chun Chanboth avait rencontré le lieutenant-général Mao Sophan et Hun Manet. ”…Chun Chanboth a alors demandé au lieutenant-général Mao Sophan de le protéger parce qu’il craignait d’être tué par des agents américains – comme l’aurait été Kem Ley…”, affirme le Premier ministre.

Hun Sen a ajouté que, bien que M. Chun Chanboth l’ait insulté à plusieurs reprises sur les ondes de RFA, ce dernier a collaboré avec son gouvernement en recueillant et transmettant des informations.  S’adressant au journaliste de RFA à Sydney, le Premier ministre a déclaré: “…S’il vous plaît avouez que vous avez travaillé avec le lieutenant-général Mao Sophan et Hun Manet. Aucun de mes fonctionnaires n’était au courant. J’ai gardé ce secret…”

Et, en réponse à l’appel de Facebook pour des manifestations anti-Hun Sen à Sydney lancées par Bou Rachana, la veuve de Kem Ley qui vit à présent en Australie, le Premier ministre a déclaré qu’il enquêtait sur la mort de son mari, affirmant qu’une “troisième main” était derrière l’assassinat . “…Bou Rachana a tort de me voir comme son ennemi …”. Le premier ministre, qui a payé les funérailles et le stupa de Kem Ley, a ajouté : “…Pourquoi m’accusez-vous d’avoir tué Kem Ley ? Au contraire, je le respectais en tant qu’analyste politique. Le Premier ministre a également indiqué qu’ils avaient planifié une réunion, précisant que : “…Les agents de la ‘main noire…” le savaient, alors ils ont assassiné Kem Ley avant que nous puissions nous rencontrer…”.

Suite à ces déclarations, l’ambassadeur des Etats-Unis au Cambodge, William A. Heidt, a répondu dimanche matin que les craintes du journaliste de Radio Free Asia, Chun Chanbuth, étaient ridicules et ne valaient pas la peine d’être discutées. “…Des dizaines de milliers de journalistes de tous les pays du monde racontent chaque jour en Amérique leur histoire qui, un jour, soutient le gouvernement américain et qui, l’autre jour, critique le gouvernement américain. Ils font la même chose pour la Chine, et la Russie. En fait, l’Amérique est l’environnement médiatique le plus libre et le plus ouvert au monde, et je vous dis qu’aucun de ces journalistes n’a peur…”, a déclaré l’ambassadeur.

De son coté, le lieutenant-général Mao Sophan, commandant de la brigade 70, a accordé une entrevue  à Lim Chea Vutha, directeur général de Fresh News, au sujet de Chun Chanbuth, demandant de l’aide pour échapper à la CIA. “…Chun Chanbuth m’a envoyé un message via WhatsApp le 15 mars 2017 pour demander mon aide afin de le protéger du projet de l’assassiner. Le 22 mars 2017, à 22 h, je l’ai escorté de l’aéroport international de Phnom Penh à l’hôtel Sunway. Le 23 mars 2017, à 12 h 15, Rotha Visal, ancien membre du personnel de RFA, a organisé une réunion avec Chun Chanbuth. Nous avons eu beaucoup de discussions. J’ai un enregistrement complet de ma conversation avec Chun Chanbuth “, a déclaré le lieutenant-général Mao Sophan.

 

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