Cambodge- Commémoration : La Journée du souvenir officiellement fixée au 20 mai

Le 20 mai a été fixé comme Journée nationale à la mémoire des victimes et des souffrances subies pendant le régime génocidaire des Khmers rouges, du 17 avril 1975 au 6 janvier 1979, indique un sous-décret rendu public hier. Depuis l’effondrement du régime des Khmers rouges, le 20 mai a régulièrement été commémoré à travers le pays comme la Journée de la haine.

Pour cet événement, des centaines de personnes se rassemblent généralement à Choeung Ek, à environ quinze kilomètres en dehors de la capitale Phnom Penh, et connu comme l’infâme champ de la mort du Cambodge des Khmers Rouges qui feront plus de deux millions de victimes entre 1975 et 1979. Des étudiants, des proches des victimes et des parents déposent des fleurs et donnent des offrandes durant cette  “Journée du Souvenir”, parfois appelée ”Journée de la haine”. Les étudiants effectuent ensuite des reconstitutions de scènes de soldats khmers rouges s’emparant de prisonniers.

Reconstitution
Reconstitution
Histoire :
Choeung Ek était le principal lieu d’exécution et charnier de prisonniers du Kampuchéa démocratique, le régime des Khmers rouges, lorsque celui-ci présidait aux destinées du Cambodge, de 1975 à 1979. Il se trouve au sud-ouest de Phnom Penh et s’étend sur deux hectares. Avant sa transformation en camp, Choeung Ek était un cimetière chinois. Quand les Khmers rouges ont pris le pouvoir, ils créèrent le plus grand centre de sécurité du pays qui comprenait la prison de Tuol Sleng, dans le centre de Phnom Penh, pour la torture et l’interrogatoire des prisonniers et le camp d’exécution de Choeung Ek, pour les détenus de Tuol Sleng et des autres centres des environs.
Ossements à Choeung Ek
Le lieu fut découvert au début de 1979, après la chute du régime de Pol Pot, par un paysan du village de Choeung Ek retournant chez lui et découvrant un arbre avec des cheveux et de la matière cérébrale incrustés dans l’écorce. Plus loin, il trouva un trou rempli de corps humains. Les fouilles ont depuis permis d’exhumer 8 985 ossements provenant des quelque 17 000 victimes estimées. C’est aujourd’hui un lieu de recueillement, mais aussi de visite pour les touristes.
Le centre du génocide
Kang Kek Ieu alias Duch était le directeur du centre de sécurité 21 et gérait donc la prison et le camp. Les gardiens amenaient les prisonniers en camion depuis les prisons et les abattaient dès leur arrivée. Les bourreaux avaient ordre de ne pas utiliser de balles et massacraient les victimes à coup de pioches, de marteaux ou de machettes. Sur les 129 fosses communes, environ 80 ont été fouillées. Près d’une de ces fosses se trouve également l’arbre magique : les Khmers rouges y avaient placé un haut-parleur qui diffusait des chansons pour couvrir les cris des victimes, car tout devait se passer à l’insu du reste de la population.
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