Cambodge – Affaire Sokha : Le Ministère des affaires étrangères justifie l’arrestation de l’ancien dirigeant du CNRP

Le ministère des Affaires étrangères a publié en fin de semaine un rapport argumentant et défendant l’arrestation de l’ancien dirigeant du CNRP, Kem Sokha, toujours emprisonné pour trahison. Kem Sokha a été arrêté le 03 septembre 2017 pour avoir prétendument comploté avec des puissances étrangères pour tenter de renverser le gouvernement à travers une révolution de couleur. Il a été accusé de trahison par le tribunal municipal de Phnom Penh et est détenu à la prison de Trapaing Thlong, dans la province de Tbong Khmum.

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L’ancien dirigeant du CNRP, Kem Sokha

Intitulé ”Stabilité et Développement d’abord”, le rapport du ministère des Affaires étrangères indique que le gouvernement a été vivement critiqué au sujet de cette arrestation par certains membres du Congrès américain et du Parlement européen, par des gouvernements occidentaux, des groupes de défense des droits de l’homme et les Nations Unies. Établissant un parallèle entre la montée des Khmers Rouges suite à la destitution du roi Norodom Sihanouk et les intentions présumées de l’ancien dirigeant du CNRP appuyés, selon l’accusation, par les USA, le rapport appuie sur les risques que couraient le pays avec Kem Sokha et l’appui extérieur : “…Si ces donneurs de leçon ont bonne mémoire, ils devraient savoir qu’au cours des six dernières décennies, l’une des pires tragédies du XXe siècle infligée à notre pays et a été le résultat d’ingérences étrangères…Le coup d’état de 1970 a été mené par un gouvernement qui prétendait imposer une démocratie libérale et le respect des droits de l’homme dans une lutte contre le communisme…Ce coup d’Etat avait provoqué le remplacement d’un dirigeant légitime par un groupe d’individus appuyés par des puissances étrangères, déclenchant ainsi une guerre civile et menant au régime génocidaire des Khmers rouges…”, indique le rapport de 16 pages.

“…C’est la leçon amère que les dirigeants cambodgiens doivent garder à l’esprit aujourd’hui…Il est donc impératif que le gouvernement royal protège son peuple contre les gouvernements occidentaux qui se mêlent des affaires intérieures du pays…” Le document  souligne ensuite que Kem Sokha avait été arrêté et accusé de trahison parce qu’il était, sans aucun doute, en collusion avec les Etats-Unis pour tenter de renverser le gouvernement, et que l’enquête avait été rondement menée et concluante. ”…Les autorités cambodgiennes disposaient de preuves solides, claires et convaincantes pour inculper Kem Sokha en accord avec les lois cambodgiennes. Il a été arrêté pour un acte de trahison tel que stipulé, et il est donc punissable en vertu du Code pénal du royaume…”, précise le rapport.

Quant aux mesures prises ensuite à l’encontre du parti de Kem Sokha, la Cour suprême a dissous l’opposition CNRP à la suite de l’arrestation de M. Sokha, tout en interdisant à 118 de ses hauts fonctionnaires de s’engager dans des activités politiques pendant cinq ans, le rapport note : ”…Notre espace démocratique et notre multipartisme sont encore bien vivants avec de nombreux partis politiques florissants prêts à se présenter aux prochaines élections générales prévues pour le 29 juillet…”

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