Cambodge – Mékong – ADB : Pour une croissance plus verte avec la technologie

Une croissance verte serait susceptible d’améliorer encore le développement au Cambodge, et dans les autres pays de la sous-région du Grand Mékong, mais l’introduction de nouvelles technologies est nécessaire, indique M. Pavit Ramachandran, un spécialiste de l’environnement à la Banque asiatique de développement (BAD).

Phnom Penh. Photographie par Michael Coghlan (cc)
Phnom Penh. Photographie par Michael Coghlan (cc)

Au cours des vingt dernières années, la croissance économique rapide des pays de la sous-région du Grand Mékong a réduit la pauvreté, et apporté la prospérité à un grand nombre de ses 420 millions de citoyens. Une grande partie de la croissance a reposé sur les ressources naturelles, qui génèrent jusqu’à la moitié de la richesse totale dans certains pays. Mais l’approche «exploiter-maintenant-nettoyer-plus tard» a aggravé la dégradation environnementale due à la pollution de l’air, de l’eau et du sol, à la déforestation, à la surexploitation des ressources naturelles et à la production de vastes quantités de déchets.

Les six pays de la sous-région du Grand Mékong – Cambodge, République populaire de Chine [RPC] (spécifiquement, province du Yunnan) et la Région autonome du Zhuang du Guangxi), la République démocratique populaire du Laos, le Myanmar, la Thaïlande et le Vietnam – ont amélioré leur gestion des ressources naturelles et des services écosystémiques. Par exemple, tous n’utilisent plus les combustibles fossiles comme source d’énergie. La République populaire de Chine supprime progressivement les centrales à charbon et produit beaucoup plus d’énergie à partir de sources renouvelables telles que le vent, le soleil et l’eau que n’importe quel autre pays.

”…La technologie détient la clé…la quatrième révolution industrielle est déjà en route. L’intelligence artificielle, le big data, l’apprentissage automatique, la robotique, les nanotechnologies et d’autres avancées passionnantes remodèlent rapidement les économies et les communautés…”, ajoute M. Pavit Ramachandran. Leur émergence induit qu’il est plus important que jamais que les pays du GMS s’assurent que leurs politiques suivent le rythme des développements technologiques, et les encouragent également.

Les technologies émergentes peuvent aider à assurer que la future croissance soit «verte» – une situation gagnant-gagnant pour l’environnement et l’économie. Ces technologies sont devenues plus abordables, et de nombreuses politiques vertes finiront par payer. Elles sont plus propres et aident les pays à utiliser plus efficacement les ressources naturelles : la terre, l’eau et l’énergie. Le résultat sera une infrastructure plus durable, une réduction de la pollution et une meilleure gestion des déchets.

Par exemple, les progrès récents ont réduit l’écart de prix entre les énergies renouvelables et les énergies fossiles, rendant les énergies renouvelables plus compétitives. Les mini-réseaux d’énergie renouvelable localisés, et la capacité accrue des batteries se sont révélés plus efficaces dans la fourniture d’électricité que les grands réseaux de distribution d’énergie nécessitant de gros investissements en capital et des coûts de maintenance plus élevés.

Les communications modernes peuvent maintenant atteindre les régions éloignées à un coût relativement bas, reliant les communautés aux services et aux producteurs avec les clients. Beaucoup de petites et moyennes entreprises dans pays de la sous-région du Grand Mékong qui n’ont pas accès aux financements et aux marchés peuvent désormais négocier sur les marchés régionaux et recevoir des paiements électroniques.

Les technologies nouvelles et émergentes améliorent déjà la gestion de l’environnement. Les drones, la télédétection et les systèmes WebGIS sont utilisés pour assurer la durabilité des activités de pêche et de foresterie. Au Viet Nam, les plans visant à étendre à l’échelle nationale une plate-forme WebGIS pour la surveillance des forêts permettront de mieux protéger des millions d’hectares de zones forestières stratégiques.

Un logiciel de gestion agricole est utilisé dans des pays tels que la République populaire de Chine et le Myanmar pour améliorer la productivité. L’analyse des données d’alerte précoce et de simulation, basée sur les informations provenant des satellites et des drones, permet aux communautés d’être mieux préparées aux catastrophes. Les nouvelles techniques de bio-ingénierie sont des infrastructures de protection du climat et protègent les communautés locales au Viet Nam et ailleurs.

Les drones, la télédétection et les systèmes WebGIS sont utilisés pour assurer la durabilité des activités de pêche et de foresterie.
Les drones, la télédétection et les systèmes WebGIS sont utilisés pour assurer la durabilité des activités de pêche et de foresterie.

Les déchets et la pollution des villes en expansion rapide de la sous-région – peuvent être mitigées par des véhicules électriques, des technologies éco-énergétiques et des systèmes automatisés de gestion du trafic qui aident également les pays à atteindre leurs objectifs de réduction des gaz à effet de serre. Les technologies visant à transformer les déchets solides en sources d’énergie utilisables avancent rapidement et aideront à assainir les centres urbains de la sous-région, à réduire la pollution et à atténuer les changements climatiques. Le défi auquel sont confrontés ces pays est de savoir comment intensifier l’utilisation des technologies émergentes qui répondent à leurs priorités de développement. La participation du secteur privé et le financement seront cruciaux. Mais les gouvernements peuvent ouvrir la voie en s’assurant que leurs politiques et réglementations encouragent l’innovation et accueillent les changements technologiques.

La technologie n’est pas le seul ingrédient de la croissance verte. Des approches plus traditionnelles telles que la conservation de la biodiversité et la gouvernance environnementale doivent également être étendues et améliorées.

Le traditionnel et la technologie peuvent aller de pair si  les pays de la sous-région du Grand Mékong évoluent vers une croissance plus propre et plus verte. Le programme ”GMS Core Environment Programme” jouera un rôle important dans le cadre de sa nouvelle stratégie quinquennale qui a préparé une série de projets environnementaux, et a accordé la priorité à deux projets régionaux d’investissement pour la croissance verte, totalisant 540 millions de dollars. Il crée également un nouveau marché pour l’échange d’idées et d’expertise sur les pratiques et les technologies vertes. En travaillant ensemble, la sous-région et ses partenaires de développement peuvent renforcer leur prospérité avec un coût moindre  pour l’environnement.

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