Cambodge : Vers une fondation pour les cyclo-pousses à Phnom Penh

S’adressant à plusieurs milliers d’ouvriers et employés d’usine dans la zone de Tuol Sangkè, à Phnom Penh, le Premier ministre Hun Sen a déclaré hier qu’il projetait de créer une fondation pour soutenir l’activité des chauffeurs de cyclo-pousse, dont le nombre est tombé à environ 200 seulement dans les rues de Phnom Penh.

Il ne resterait qu'environ 200 cyclo-pousses à Phnom Penh...
Il ne resterait qu’environ 200 cyclo-pousses à Phnom Penh…

Cette fondation aurait pour objectif de préserver les moyens de subsistance des chauffeurs de cyclo et de développer cette activité pour les touristes dans Phnom Penh. Le Premier ministre a déclaré qu’il ferait un premier don de 25 000 dollars US, et verserait ensuite 2 500 $ à la fondation chaque mois, indiquant que les subventions ne viendraient pas du budget de l’état mais de la fondation elle-même, qui se chargera de trouver des financements privés.

Vrai qu’on voit ces vieux cyclo-pousses de moins en moins dans les rues bruyantes et enfumées de Phnom Penh aux heures de pointe. Ils étaient pourtant quelques milliers pendant la période française et ils ont longtemps fait partie du paysage de cette Indochine durant laquelle on se dit parfois qu’il faisait peut-être bon vivre. S’il a pu survivre grâce a son côté nostalgique, et exotique, qui plait au touriste, il ne sert pratiquement plus du tout de moyen de locomotion au sens strict du terme, ou, alors peut-être, pour quelques déplacements de proximité dans les quartiers où la circulation reste tolérable.

L’utilisation des motodops et tuktuks, et la circulation difficilement gérable ont largement contribué au déclin du cyclo-pousse. Un mémorandum d’entente sur la coopération pour la sauvegarde du cyclo-pousse avait été signé en mai 2013 par l’Association de la préservation du cyclo-pousse et trois associations touristiques sous la bienveillance de Son Excellence Thong Khon, alors ministre du Tourisme. ”…cela contribuera aussi à promouvoir le mouvement des villes propres et de l’environnement…”, avait déclaré le ministre, ajoutant que le ministère du Tourisme avait encouragé le secteur privé à y participer afin, d’une part, de protéger la capitale de l’air pollué et d’autre part, de préserver ce moyen de transport traditionnel au Cambodge qui existe depuis les années 30. S’ils circulent toujours aujourd’hui, il semble que ce soit effectivement en quasi-exclusivité pour des circuits touristiques organisés.

Cyclo-pousse dans les rues de Phnom Penh
Cyclo-pousse dans les rues de Phnom Penh

M. Hun Sen a également annoncé que les conducteurs de cyclo, tout comme les travailleurs de la confection, pourraient recevoir un traitement médical gratuit dans les hôpitaux publics. “…Ils recevront un traitement gratuit car ce sont aussi des travailleurs informels…j’ai personnellement demandé au président de l’Association Cyclo et à Vorn Pov, Independent Democracy of Informal Economic Association, de discuter du cadre juridique entourant la création d’une fondation…nous prenons en compte les idées de tout le monde si elles peuvent contribuer à aider la société…l’argent de la fondation cyclo pourrait aussi couvrir les dépenses pour les conducteurs de cyclo lorsqu’ils sont malades et incapables de travailler…”, a-t-il déclaré.

M. Pov a applaudi l’initiative visant à créer une fondation cyclo qui améliorerait les moyens de subsistance des Cambodgiens. Il a indiqué qu’il y avait plus de 200 conducteurs de cyclo à Phnom Penh qui gagnent de 100 $ à 150 $ en moyenne par mois. “…J’ai rencontré des conducteurs de cyclo qui veulent abandonner leur travail car les gens de Phnom Penh n’utilisent plus vraiment ce service…”, a-t-il déclaré à la presse locale.

Photographies par Christophe Gargiulo

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